Une journée à la mémoire des victimes de la Shoah

Yom HaShoah

 

Chaque année, en Israël et partout dans le monde, un hommage est rendu lors de Yom HaShoah aux 6 millions de Juifs morts durant la Seconde Guerre mondiale, victimes des nazis et de leurs collaborateurs.

En France, 76 000 Juifs – dont 11 400 enfants – ont été déportés vers les camps de la mort. Seuls 2 600 d’entre eux survécurent.

Yom HaShoah 2020

En 2020, Yom HaShoah se tiendra les lundi 20 et mardi 21 avril.

En raison de la crise sanitaire liée au Covid-19, la plupart des cérémonies et manifestations prévues en France sont annulées. D’autres seront accessibles en ligne.

Ainsi, si la lecture des noms des déportés juifs de France qui se tient chaque année au Mémorial de la Shoah parisien est annulée, une cérémonie virtuelle est programmée. Elle reposera sur la rediffusion des cérémonies des années passées (principalement 2017 et 2018).

Vous trouverez sur ce site le programme des manifestations organisées.

 

Yom Hashoah 5780
IsraPresse  4 h 

Yom Hashoah 5780
Les Fils et Filles des déportés juifs de France et Aloumim vous invitent à suivre sur YouTube live, Facebook Live et sur Studio Qualita la #cérémonie à la mémoire des juifs déportés de France en direct de Roglit ce mardi à 10h (heure israélienne).

L’image contient peut-être : plein air
https://www.youtube.com/c/QualitaStudio/live

 

Yom Hashoah: les survivants de la Shoah et l’Etat d’Israël

www.yadvashem.org

Voici ce qu’écrivait au cours de ses dernières années Abba Kovner, rescapé de la Shoah, poète, partisan, et l’un des leaders clandestin du ghetto de Vilna, à propos des survivants qui reconstruisaient leur vie :

“Ces gens… auraient pu rester avec résignation là où ils étaient, et essayer de rebâtir leur vie ruinée. Je n’aurais pas été surpris si ces mêmes survivants étaient devenus des bandes de voleurs, de cambrioleurs ou de meurtriers ; si tel avait été le cas, ils auraient sans doute été les plus humains et les plus justes de leur espèce.

Les commentaires de Kovner reflètent son émerveillement face aux énergies de création et de réhabilitation des survivants. Le fait que ces derniers aient été capables de construire et de créer, après toutes les souffrances et les traumatismes endurés pendant la Shoah, n’a rien d’évident.

Après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des rescapés choisissent de se concentrer sur la reconstruction de leur vie. Beaucoup décident de le faire en Eretz Israël, qu’ils considèrent comme leur “foyer” naturel.

Les annales des rescapés de la Shoah qui ont fait leur alyah en Israël sont apparemment sans précédent à l’échelle des migrations humaines. On n’a que très rarement pu observer un groupe d’immigrants fraîchement arrivés si bien s’intégrer dans une nouvelle société pour devenir un partenaire actif de sa construction faciale et identitaire.

Du jour où ils ont rallié la Terre d’Israël, les survivants ont assumé deux missions parallèles : définir et préserver, la mémoire de la Shoah d’une part, et une action sociale constructive de l’autre.

A partir des années 1950, ils commencent à façonner les principes fondamentaux du souvenir de la Shoah. Ils deviennent les premiers chercheurs dans ce domaine, fondateurs des musées et autres institutions commémoratives, auteurs de livres de mémoire collective.

Leurs activités diverses et étendues témoignent de leur profond dévouement quant à cette mission historique qui les motive autant. Mission dont ils ont pleinement saisi l’importance.

Pour avoir personnellement vécu la Shoah, ils sont aussi conscients de leur responsabilité : par crainte que ce qui ne se dit pas immédiatement puisse rester perdu à jamais, par devoir envers les victimes et pour les générations futures, les rescapés initient un effort de documentation et de témoignage.

En outre, ils jouent un rôle actif dans l’édification de mesures législatives qui visent à garantir le statut de la mémoire de la Shoah en Israël, pour les générations à venir. En 1953, la Knesset promulgue la Loi sur la commémoration des martyrs et des héros (qui conduit à la création de Yad Vashem), suivie en 1959 par l’adoption de la Loi sur le jour du Souvenir des martyrs et des héros.

Parallèlement, les survivants contribuent de manière substantielle au développement de la société israélienne, alors en gestation. Beaucoup arrivent jeunes et pleins d’enthousiasme, et intègrent les forces de combat qui luttent pour l’Indépendance : Haganah, Palmach, Etzel ou Léhi, et rejoindront, après la création de l’Etat, les rangs des Forces de défense israéliennes.

Pendant la guerre d’Indépendance, les rescapés de la Shoah constituent environ la moitié des soldats israéliens. Nombre d’entre eux tomberont au champ d’honneur – victimes à peine familiarisées avec cette terre pour laquelle elles combattent et parfois derniers représentants de vastes familles juives quasiment annihilées pendant la Shoah.

Pourtant, leur rôle décisif dans les combats constitue pour eux des “représailles constructives”. Par leur implication, les nouveaux arrivants développent un sentiment d’appartenance et de partenariat avec leur nouveau pays.

Les survivants de la Shoah sont devenus partie intégrante de la société israélienne, de par leur héritage évident dans de nombreux domaines, comme la réhabilitation et le peuplement des terres, l’industrie, la science, l’économie, le droit, le monde universitaire et la culture.

De leurs rangs ont émergé des peintres et des graphistes, des poètes et des auteurs, des athlètes et des artistes de scène, des scientifiques et des intellectuels. Ils ont su lutter pour se reconstruire, en vivant une vie productive et créative.

Voici ce qu’écrivait Leïb Rochman, rescapé, sur le rôle joué par l’Etat d’Israël pour les survivants de la Shoah :

“Au cours des premières années post-Shoah, nous avons vécu des vies de désespoir. Mais désormais, la tasse de notre désespoir contient des gouttes de confort… Je vis ici depuis près de 25 ans, et je peux attester de ma propre réhabilitation. C’est là que sont nés mes enfants… J’ai maintenant une petite-fille. Je pensais ne plus jamais revoir ma mère, ma sœur ou mon frère. Aujourd’hui, je ne cesse de les voir – sous les traits de mes enfants et de ma petite-fille, dans mon domicile de Jérusalem, où c’est comme s’ils avaient pu renaître, sous mes yeux. Rien d’étonnant à ce que tout ce qui se passe ici soit si cher, à nos cœurs et à nos âmes. Peut-être que seuls ceux qui ont connu une vive douleur par le passé peuvent mesurer ce que nous avons accompli ici, ce que nous avons eu le privilège de réaliser.”

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Une rescapée de la Shoah célèbre son 97e anniversaire en pleine crise de coronavirus

“Nous devons toujours vivre avec des pensées positives”, a-t-elle déclaré.

TEL AVIV – Ester Wienrib a fêté cette semaine son 97e anniversaire avec un appel vidéo et une coupe de gâteau à distance avec ses arrière-petits-enfants – une célébration prudente alors que sa famille essaie d’éviter de l’exposer au coronavirus.
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Ester Wienrib, une survivante israélienne de l’Holocauste célèbre son 97e anniversaire avec son gardien et ses amis dans sa résidence avec services à Tel Aviv (crédit photo: REUTERS TV)

Les personnes âgées sont particulièrement vulnérables aux maladies respiratoires et Israël, qui compte près de 300 cas confirmés, a exhorté ses citoyens à garder leurs distances avec leurs proches plus âgés.

La peur de contracter le coronavirus a créé une nouvelle réalité pour Ester Wienrib, une survivante de l’Holocauste venue de Pologne en Israël il y a plus de 70 ans.

J’ai traversé des moments difficiles. Nous traverserons cela aussi”, a expliqué Wienrib, une grand-mère de cinq enfants et une arrière-grand-mère de dix ans. Elle est principalement confinée dans son centre de vie assistée à Tel Aviv depuis que le virus a éclaté. .

Ester Wienrib a souri lorsque ses arrière-petits-enfants lui ont chanté un joyeux anniversaire par le biais d’un appel vidéo depuis leur domicile à Hulda, un kibboutz à environ 35 kilomètres (21,75 miles) dans le centre d’Israël.

Elle a ensuite coupé un gâteau d’anniversaire avec une bougie “98” dessus – montrant une année supplémentaire pour la bonne fortune.

“Je suis en bonne santé et j’ai l’esprit vif. Je joue aux cartes. J’ai des amis”, a-t-elle déclaré. “Nous devons toujours vivre dans des pensées positives.”

 

Georges Bensoussan: “La Shoah constitue une rupture dans l’histoire humaine”

  La diabolisation du Juif a abouti à cette ontologie du mal qui décrète qu’un peuple est «en trop sur la terre», explique l’historien.

Voilà trois quarts de siècle presque jour pour jour, le 27 janvier 1945, l’Armée rouge libérait Auschwitz. L’historien Georges Bensoussan explique en quoi le génocide des Juifs diffère de tous les précédents et analyse sa place désormais centrale dans la mémoire collective de l’Occident.

LE FIGARO. – Nous commémorons le 75e anniversaire de la «libération» des camps de concentration et d’extermination. Quelle place cet événement occupe-t-il dans l’histoire de l’Occident?

Georges BENSOUSSAN. – On peut contester le mot «libération» dans la mesure où aucune action n’a été entreprise par les Alliés pour mettre fin aux tueries systématiques à Auschwitz dont ils étaient pourtant informés au moment de la tragédie des Juifs hongrois entre mai et juillet 1944.

Pas un seul avion allié n’a été dévolu à cette opération réclamée par plusieurs institutions juives de l’époque. Auschwitz n’a donc pas été «libéré». Il a été évacué par les Allemands quelques heures avant l’arrivée de l’Armée rouge.

La question essentielle, aujourd’hui, est ailleurs. Si le génocide des Juifs ne fut qu’un épisode supplémentaire dans la «triste et violente histoire des hommes» dont parlait Michelet, il n’y aurait pas lieu de faire du 27 janvier une date emblématique. Mais ce génocide a ouvert une nouvelle page dans l’histoire humaine.

Ce n’est plus le génocide comme moyen, vieille habitude, c’est le génocide comme fin en soi. Il ne s’agit pas de faire disparaître le peuple juif pour des raisons économiques, religieuses, politiques ou territoriales, mais parce qu’il représente le principe du mal sur la terre. Dans l’économie psychique de l’Occident, la diabolisation du Juif a abouti à cette ontologie du mal qui décrète qu’un peuple est «en trop sur la terre». Les modalités techniques du massacre en sont la signature. En quoi?

Ici, la victime a été amenée à l’assassin…

Quand généralement l’assassin va à la victime, ici, depuis les quatre coins de l’Europe, la victime a été amenée à l’assassin jusque dans des lieux de mise à mort conçus spécialement à cet effet. Ce ne sont pas des ennemis qui ont été assassinés, mais de la prétendue vermine qu’on a éliminée. L’ennemi garde figure humaine jusque dans la mort qu’on lui inflige.

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Adaptation par Jforum

 

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