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Souccot et Chemini Atseret: des fêtes aux 7 dimensions?

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Rain falling on ground

Chemini Atseret 2019-5780

De la soirée du dimanche 20 octobre

À la soirée du mardi 22 octobre

Tous les instants de la vie d’un Juif sont scandés par le chiffre 7: La fête de Pessah dure sept jours, et elle est suivie, six mois plus tard, par celle de Souccot , célébrée également pendant sept jours.

Le mariage est célébré sous les auspices des Chéva’ berakhoth («sept bénédictions»), et les festivités qui suivent sa célébration durent encore sept jours.

Il en est de même de la période de deuil pour un être cher ( chiva ), elle aussi d’une durée de sept jours.

Les périodes d’impureté conjugale sont également rythmées par le nombre «sept».

C’est enfin durant sept jours qu’a été préparée l’inauguration du Tabernacle ( Wayiqra 8, 33).

Ce nombre «sept» correspond, selon la mystique juive, à l’ordre naturel, alors que «huit» représente ce qui se situe hors de l’ordre naturel.

La Création a duré sept jours, et elle a constitué la naissance, par les mains de Hachem , des choses de la nature dans lesquelles nous vivons.

Ainsi que l’explique le Maharal , il est dans l’ordre naturel des choses qu’un enfant naisse incirconcis. Aussi la mila doit-elle être pratiquée le huitième jour après la naissance, car elle a pour but de rompre cet ordre naturel et d’élever le nouveau-né jusque dans la sphère de la sainteté ( Nèr mitswa , chapitre23).

L’histoire de l’humanité est placée, elle aussi, sous le signe du nombre «sept». Elle est appelée à durer pendant une «semaine» de sept millénaires.

Pendant les six premiers de ces millénaires, les hommes développeront, par leur labeur, l’oeuvre divine de la création, et le septième sera «entièrement Chabbath , et repos pour l’éternité» (voir Roch hachana 31a et Ramban ad Berèchith 2,3).

Si l’on considère à présent la fête de Chavouoth , on peut constater qu’elle clôt la période du Omer , composée de sept fois sept jours, période dont elle constitue en quelque sorte le cinquantième jour.

Ce cinquantième jour, point de départ d’une huitième semaine, s’il marque le don de la Tora au mont Sinaï, constitue également comme une clôture de la fête de Pessah . Voilà pourquoi cette fête de Chavouoth porte souvent le nom de Atséreth («fermeture» voir par exemple Menahoth 65a).

Elle a en effet pour but de nous permettre d’intérioriser en nous-mêmes la démarche qui nous a libérés des «quarante-neuf portes d’impureté» dans lesquelles nous avons été plongés pendant notre esclavage en Egypte.

On peut par conséquent effectuer un rapprochement entre les deux «couples» que sont Pessah et Chavouoth , d’une part, et Soukoth et Chemini Atséreth , de l’autre. Les deux membres de chacun de ces couples sont en effet éloignés l’un de l’autre par un «sept».

Mais pourquoi Pessah et Chavouoth sont-ils séparés par sept semaines, alors que Chemini Atséreth fait immédiatement suite à Soukoth ?

C’est une faveur que nous a accordée Hachem , explique le Midrach (Midrach rabba Chir ha-chirim 7,2): Il est écrit dans Chir ha-chirim : «Que tes pas sont beaux dans tes chaussures ( ba-nealim ), fille de prince [lorsque tu montes en pèlerinage vers Jérusalem]».

Le Midrach , jouant sur le mot nealim qui peut signifier tout autant «fermetures» que «chaussures», nous apprend:

Rabbi Hananya fils de rabbi Ibi a enseigné:

Il existe deux «fermetures», celle de Pessah et celle de Soukoth . Voici ce qu’a voulu dire à Israël le Saint béni soit-Il: Vous fermez devant Moi à Soukoth , et Je ferme devant vous à Pessah . En fermant devant Moi à Soukoth , vous Me faites ouvrir le ciel, souffler le vent, s’élever les nuages, faire tomber la pluie et faire briller le soleil. Ainsi les cultures pousseront et produiront leurs fruits, et chacun aura de quoi pourvoir à ses besoins.

Quand Je ferme le ciel [devant vous] à Pessah, vous pouvez aller récolter les produits de vos champs et jouir des bénédictions que Je vous y octroie.

Rabbi Yehochoua ben Léwi a enseigné: Le huitième jour de Soukoth aurait dû se situer cinquante jours après cette fête, tout comme Chavouoth a lieu cinquante jours après Pessah . Mais étant donné que la fête de Soukoth se situe à l’automne, cela n’aurait pas permis de voyager confortablement.

Cela ressemble à un roi qui avait plusieurs filles, toutes mariées. Les unes habitaient tout près de chez lui, les autres très loin.

Un jour, ces princesses sont toutes venues rendre visite à leur père. Celui-ci leur a dit: Celles d’entre vous qui habitent non loin de mon palais peuvent venir en toutes saisons, ce qui n’est pas le cas de celles qui doivent voyager sur de longues distances. Puisque vous êtes toutes venues, nous allons célébrer ensemble une grande fête.

Il en est ainsi pour Chavouoth , qui tombe à la veille de l’été. Hachem dit alors: «C’est la bonne saison pour voyager. Revenez dans sept semaines!»

Mais quand vient Chemini Atséreth , on approche de l’automne, les chemins sont poudreux et malaisés. Voilà pourquoi il a lieu tout de suite après Soukoth , afin d’épargner aux pèlerins des efforts superflus.

Jacques KOHN (1929-2012)

Chemini Atséret et Sim’hat Torah – en bref

Chemini Atséret

Nos Sages ont enseigné une belle parabole concernant la fête de Chemini Atséret :

Un roi organisait un jour dans son palais une grande fête à laquelle il invita des princes et des princesses. Après avoir passé ensemble quelques jours dans l’allégresse, les invités se préparèrent à s’en aller. Mais le roi leur dit : « Je vous en prie, restez encore un jour de plus, j’ai peine à vous quitter ! »

La même chose nous arrive. Nous avons passé des jours heureux dans la Maison de D.ieu, à la synagogue, au cours des fêtes de Tichri : Roch Hachana, Yom Kippour, Soukkot. Avant de quitter cette période de proximité exceptionnelle avec D.ieu pour retourner à la routine de l’année, D.ieu nous donne, un yom tov, une fête supplémentaire pour se retrouver ensemble encore une fois : Chemini Atséret.

Il y a des communautés où les Hakafoth ont lieu le soir de Chemini Atséret comme on le fait le soir de Sim’hat Torah. Telle est la coutume ‘Habad-Loubavitch.

À Chemini Atséret, nous prenons toujours nos repas dans la Souccah, mais sans dire la bénédiction Leichev Bassoukkah.

La partie de la Torah lue pendant l’office du matin de Chemini Atséret est le chapitre « Asser téasser » qui traite des dîmes. Soukkot est la fête de la moisson (‘Hag Haassif), l’époque où la récolte était ramassée dans les champs. C’était le moment de retrancher un « dixième » de la récolte pour le donner, selon le commandement de la Torah, aux Lévites et aux pauvres.

Pendant l’office de Moussaf, nous récitons une prière spéciale pour la pluie (Tefilat haGuechèm). À partir de ce jour, nous demandons la pluie dans notre prière quotidienne, jusqu’à la fête de Pessa’h.

Sim’hat Torah

Finalement vient le jour le plus joyeux de tous : Sim’hat Torah. C’est en fait le second jour de la fête de Chemini Atséret et on continue à l’appeler ainsi dans la prière. En Israël, où Chemini Atséret ne dure qu’un jour, Sim’hat Torah est célébré ce même jour.

Après les prières du soir et après le Kiddouche dans la synagogue, les rouleaux de la Torah sont portés en procession solennelle dans l’enceinte de la synagogue et les fidèles prononcent la prière « Atah Haréta ». Cette procession, les Hakafot, fait sept fois le tour de la Bimah. C’est alors que chacun, avec force chants et danses, exprime sa joie infinie d’être dépositaire de la Torah.

Les enfants, garçons et filles, participent à l’allégresse générale, accompagnant la procession avec dans les mains des petits drapeaux de Sim’hat Torah. Il y a des drapeaux très travaillés, avec des arches miniatures, qui s’ouvrent et se ferment ou avec des images de Moïse, Aaron et David qui expriment leur joie en face de la Torah. Dans certaines synagogues, c’est l’occasion d’une pluie de bonbons.

Cette procession a lieu à nouveau pendant l’office du matin, avec non moindres réjouissances. Ensuite, on sort de l’arche trois rouleaux de Torah pour la lecture publique. Sur le premier rouleau de Torah, on lit la dernière paracha de la Torah « Vezot Haberakha », et on appelle chaque membre de l’assemblée à « monter » à la Torah, y compris les garçons qui ne sont pas encore Bar Mitsva, qui « montent » accompagnés d’une personnalité de la communauté.

Pour la lecture de la partie finale, on appelle un personnage important de la communauté qui est appelé ‘Hatan Torah, « le fiancé de la Torah ». On invite une autre personnalité pour la lecture du commencement de la Torah, Béréchit (la Genèse), qui est faite sur le deuxième rouleau. Cet homme est appelé ‘Hatan Béréchit, « le fiancé de Béréchit ». Finalement, on appelle un autre homme pour le Maftir qui est lu sur le troisième rouleau. La Haftara est le premier chapitre du livre de Josué, successeur de Moïse.

Et c’est ainsi que la lecture de la Torah s’est perpétuée, chapitre par chapitre, pendant toute l’année, au cours de tous les siècles de notre histoire, dans un cycle ininterrompu. En ce jour de Sim’hat Torah, on achève en effet le cycle annuel de la lecture de la Torah et tout de suite après, on recommence à la lire depuis le début. Ceci nous montre qu’il n’y a pas de fin à la Torah, qu’elle doit être lue et étudiée constamment, car la Torah, comme D.ieu qui nous l’a donnée, est éternelle. En agissant ainsi, notre peuple d’Israël forme le troisième maillon dans l’union éternelle entre D.ieu, la Torah et Israël.

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