La très importante cérémonie organisée par le Crif Toulouse pour commémorer les attentats de Toulouse et Montauban, semble annoncer une nouvelle étape dans les relations entre la France et Israël et dans la lutte contre l’antisémitisme.

Il aura fallu dix ans

Les Présidents ont entendu  M. Sandler raconter de sa voix ferme et d’une dignité sans égale le souvenir de son cousin Jeannot qui, en 1943 fut arrêté dans la cour de son école puis livré aux nazis et de sa famille décimée. Le récit de la dernière fois où il vit se précipiter vers lui ses petits-enfants, tués dans leur école. Cela oblige. L’extrême détermination de M. Sandler tout au long de ces dix ans d’une épreuve, qui ne cessera jamais, a fait bouger les montagnes. Est-il dans cet excès d’amour, seule réponse à l’excès de haine, ce que dit une camarade de classe qui a perdu en un jour un ami, son enfance, son innocence et qui s’est reconstruite notamment grâce à l’excès de bienveillance du directeur de l’école de M. Monsonego, lui-même frappé au cœur par la perte de la petite Myriam. M. Sandler, devant la standing ovation qui lui était destinée, est resté impassible, le cœur depuis dix ans transformé en lac de larmes.  Mais en dix ans, M. Sandler a fait bouger les lignes

L’invitation du Président de l’Etat d’Israël

Inviter le Président de l’Etat d’Israël à cette commémoration n’était ni évident, ni anodin. C’est affirmer sans ambiguïté le lien entre le terrorisme islamiste, Israël, les juifs et le malheur de l’Ecole Ozar HaTorah. C’est confirmer que l’antisionisme c’est de l’antisémitisme, ce fut dit. C’est aussi reconnaître que la France pour continuer à se prévaloir de ses valeurs démocratiques doit dépasser la trop traditionnelle «  stratégie diplomatique » du Quai d’Orsay, en reconnaissant Jérusalem comme capitale éternelle du peuple juif, ce fut dit lors du dîner du Crif. C’est  admettre que les constats faits par les différents intervenants de la table ronde sur les valeurs de la République, la laïcité et l’unité face à l’islamisme exigent une réponse à la hauteur de l’enjeu. Quelques citations «  Une école ne devrait jamais être un bunker »  Fatiha Boudjahlat.  « L‘idéologie victimaire est ce qui mène au fanatisme islamiste. Osons combattre cette idéologie par une contre-idéologie » (Me Richard Malka). « La thèse d’un étudiant fut soutenue à huis clos pour protéger le candidat »(Bernard Rougier). Ce ne sont plus des signaux d’alerte, mais de véritables balises qui informent du danger. Le rappel de la dissolution du Collectif Palestine Vaincra, basé à Toulouse, par le Président Macron fut également un pas de plus pour avancer.

Et maintenant ?

Ceux qui dénoncent un calcul électoral ou de bonnes paroles creuses devraient donner une chance à l’espoir. Non pas un espoir naïf, mais l’espoir rigoureux, dur comme l’acier.  Celui de M. Sandler qui n’a pas changé de cap : seul l’excès d’espoir peut neutraliser l’excès de haine mortifère portée par ceux qui ont subi un lavage de cerveau. Celui d’Israël qui voit se rapprocher la signature d’un accord funeste avec l’Iran. Celui de ceux qui, dans les camps, trouvaient la force de partager un morceau de pain, un sourire, une parole. Celui du peuple juif qui a résisté à tout. Mais dans quelques jours, débutera la scandaleuse semaine de l’apartheid organisée par BDS et des dizaines d’associations, financées et protégées par l’Europe.  Un appel qui ne doit pas pousser à geindre mais à informer, dénoncer et agir contre ceux qui veulent faire croire que l’Etat d’Israël où siège un parti arabe ouvertement hostile à l’Etat juif, serait un état d’apartheid. Sans jamais dire un mot de tous ces Etats arabes où plus un juif ne vit, où la décapitation de Samuel Paty fut acclamée, où l’on distribue des bonbons lorsque des israéliens sont tués dans un attentat, où les crimes dits d’honneur sont monnaie courante. Apartheid le mot-valise qui veut dire haine d’Israël. La haine qui tue, qui a tué Arié, Gabriel et Jonathan Sandler et la petite Myriam Monsonego. Une haine jusqu’à ce jour ignorée par les tribunaux et qui n’a pas sa place dans les rues de France, surtout sous protection policière.

Evelyne Gougenheim

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