Pourim: la fête des temps messianiques (musiques)

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Fresque de la synagogue de Dura-Europos, milieu du IIIe siècle, Musée de Damas. On y voit les différents protagonistes en costumes : Assuérus, Esther, Mardochée et Haman. E. R. Goodenough, Jewish Symbols in the Greco-Roman Period, New York, Pantheon Books, 1953-1968 / Public Domain
 Pourim 2019
De la soirée du mercredi 20 mars
À la soirée du jeudi 21 mars
A propos du verset suivant (Est 2, 14): « Elle arrivait le soir et repartait le matin venu, à la deuxième ‘maison des femmes’, remise aux mains de Chaachgaz, l’eunuque du roi, le gardien des concubines. Elle ne retournait pas encore chez le roi, à moi qu’il ne le souhaite, auquel cas elle serait appelée par son nom ».

Voici une explication originale sur ce verset. En guise d’introduction, l’absence du Nom de D. dans la Méguila dénote paradoxalement une présence absolument intense du divin, dans les moindres replis de l’Histoire.

Cette remarque va de pair avec cet enseignement de Rabbi Akiva qui affirme que si tous les Écrits sont saints, le Cantique des cantiques, quant à lui, relève de la catégorie de Saint des saints (alors même que ce texte magnifique ne contient pas, lui aussi, une seule mention du Nom divin).

A propos du Cantique des cantiques, il est dit qu’il contient toute l’histoire d’Israël … Quant à la Méguila … Pourim est la seule fête qui restera aux temps du Machiah … Soulevons un bien léger voile sur le verset précité …

Le terme de jeune fille – na’ara – désigne l’âme. Les jeunes filles qui sont présentées au roi représentent les âmes qui défilent devant le Roi suprême, le Saint béni soit-Il.

Quand le moment est venu pour l’âme de quitter ce monde et de s’unir à sa source qui est le Créateur, elle est alors présentée devant le roi.

Cependant, il n’est pas possible de se présenter devant le Roi des rois dans l’état dans lequel nous avons quitté ce monde … Car il faut que l’âme subisse un nettoyage, afin qu’elle paraisse belle, et parée de tous ses atours. Pour cela, elle doit effectuer différentes onctions avec des aromates. Le verset Est 2,12 nous informe : six mois dans de l’huile de myrrhe et six mois dans divers aromates.

Si une âme a accepté de prendre sur elle le joug de la Torah et des mitsvot, en s’efforçant de se comporter correctement envers D. et envers les hommes, ces bains parfumés constituent des délices pour l’âme qui est particulièrement sensible au parfum (le samedi soir, nous respirons des parfums pour redonner de la force à l’âme qui se voit privée de son supplément spirituel reçu lors du Chabbat).

A l’opposé, quelqu’un qui n’a pas fait téchouva peut subir un processus de purification de son âme, à deux niveaux : par le feu et par l’eau …

Quand une personne échauffe et excite son mauvais penchant, elle allume dans l’autre monde un feu dans lequel elle sera brûlée …

Par contre, si elle ne manifeste aucun engouement pour les mitsvot, si elle sert le Créateur sans aucune joie, alors elle risque de se trouver confrontée au monde de la glace … Les deux fois « six mois » sont une allusion à cela.

Béchemen hamor, dans l’huile de myrrhe a les mêmes lettres que l’expression : « boch – miménorah », la honte issue de la ménorah …

Cela signifie que l’homme a négligé la sagesse représentée par la ménorah, en préférant se vautrer dans des plaisirs éphémères et stériles. Au lieu d’allumer la ménorah sacrée en sanctifiant les 7 ouvertures de sa tête (deux yeux, deux oreilles, deux narines, la bouche) en s’en servant pour se rapprocher de D., il les a utilisés à mauvais escient. Il allume donc un autre feu, celui de la honte, dans l’autre monde …

Le monde de la glace qui vient sanctionner le manque d’empressement et de joie dans la réalisation des mitsvot est mis en relation avec l’expression babésamim, dans des aromates.

Ce mot est lu : béboch – mayim, soit l’épreuve de la honte (boch lié à bouchah, la honte) par l’eau, (mayim, allusion à la glace et à la neige).

Le seul moyen d’éviter cette honte, bouchah est d’inverser les lettres de ce mot pour former chouvah, reviens ! Autrement dit, maintenant, pendant qu’il est encore temps, fais en sorte de te repentir !

Voilà que le moment est venu pour l’âme de quitter ce monde rempli d’illusions : baerev hi baa : le soir elle vient. Il s’agit du crépuscule de la vie … Mais au matin, hi chava : elle revient.

L’âme suit le cycle des réincarnations. Elle quitte ce monde au soir de sa première vie, pour revenir au matin de sa seconde vie.

Une nouvelle chance lui est offerte de se repentir. La saisira-t-elle ? Et ce processus suit un cycle qui rappelle une roue. Dans le livre de la formation, attribué à notre patriarche Avraham avinou, il est dit que le Créateur du monde a utilisé les 22 lettres hébraïques pour créer le monde, en les fixant sur une roue qui tourne dans un sens et dans l’autre, de façon à produire toute une série de combinaisons, en tout 231.

Ainsi, chaque lettre est permutée avec sa voisine : de nouvelles combinaisons sont engendrées, avec de nouvelles situations, l’âme s’appelle tantôt un tel, tantôt un tel, dans une autre vie …

Le verset indique : hi chava el beit hanachim chéni : elle revient vers la deuxième maison des femmes. Hi chava – elle revient : il s’agit de l’âme qui se réincarne.

El beit hanachim chéni : il s’agit d’une deuxième maison, un second corps, dans lequel l’âme réincarnée perd le souvenir de sa vie passée. En effet, le terme de nachim, femmes, est relié à nachouy, oublié. Ce qui va permettre à l’âme de transmigrer dans un nouveau corps, c’est « el beit », c’est-à-dire l’aleph beit, l’alphabet, la roue de la vie.

Sur un autre plan, la deuxième maison des femmes représente la nouvelle demeure de l’âme après son départ de ce monde, après que l’âme soit revenue –chava – à sa source. Là-bas, dans son nouvel environnement, elle est libérée des soucis de ce monde, en oubliant son vécu – hanachim.

Elle est remise entre les mains de Chaachgaz. Son nom fait allusion aux délices qui attendent l’âme méritante après la disparition physique. Chaa : il s’agit des 370 lumières divines de proximité avec le Créateur.

Chgaz : a la même valeur numérique que 310, comme chay, le cadeau, allusion aux 310 mondes hérités par chaque Tsadik, comme le sous-entend le verset : « pour faire hériter à ceux qui m’aiment de Chay (310) et je remplirai leurs trésors ».

Pourquoi les Tsadikim ont-ils droit à Chachgaz, la proximité au divin ? Parce qu’ils ont su être des « sérissé hamélekh », des « eunuques du roi », c’est-à-dire des personnes qui ont su briser leurs envies, se restreindre pour l’amour du Créateur, comme on le voit avec les grands Tsadikim comme Baba Salé zatsal qui faisaient attention à ne pas profiter de ce monde.

Ils ont veillé à tout attacher au Créateur quand ils étaient dans ce monde. Ainsi, la matérialité fut reconnectée à sa source : tel est le sens de l’expression chomer hapilagchim, le gardien des concubines, qui désigne les Tsadikim.

En effet, ils sont appelés chomer, gardiens et ils veillent à ne pas créer une faille, une séparation (pilag lié à peleg diviser) dans la matérialité (gchim lié à gachmiout, la matérialité).

La suite du verset dit : lo tavo od el hamelkh. Elle ne viendra pas encore vers le roi. Cela signifie que l’âme est libérée du cycle des réincarnations : elle n’aura pas à revenir une nouvelle fois vers le roi, c’est-à-dire qu’elle ne connaîtra plus le processus de la mort physique qui la conduit au Roi : lo tavo, elle ne viendra pas a la même valeur numérique que met (440), mort.

Suite du verset :ki im hafets ba hamelekh, sauf si le roi le désire. Parfois, un Tsadik qui a complété son âme et qui n’a donc plus besoin de revenir dans ce monde, peut être désigné par le Roi, le Saint béni soit-Il pour retourner ici- bas, afin d’aider et d’illuminer Israël : c’est le cas de certains Tsadikim d’exception qui sont de véritables guides spirituels pour l’ensemble du peuple.

Si c’est le cas, l’âme est désignée, appelée par son nom : vénikréa béchem. Le nom porte toute la mission d’une personne. Ici, le Maître du monde donne un nom à l’âme d’un Tsadik, c’est-à-dire qu’Il lui confère une mission particulière, inscrite dans les lettres de son nom.

Le Tsadik est alors envoyé ici-bas avec un nom déterminé, sa mission, qui est celle d’apporter, de réconforter, de renforcer, et d’aider le peuple à se rapprocher du Créateur, de sorte que la honte de l’éloignement se mue en repentir, amen véamen.

Que le Créateur du monde nous aide au quotidien à davantage prendre conscience de Sa Présence.

Qu’Il nous fasse avancer sur Son chemin de paix, chemin d’amour et de foi, en nous accrochant, plus que jamais, à Ses deux cadeaux : la Torah et la Prière, amen.  Pourim saméa’h ! Réjouissons-nous autour de la Torah et des mitsvot, et rappelons-nous que chaque instant est précieux : remplissons-le de Torah et de mitsvot, construisons, tous ensemble, notre édifice d’éternité !

Commentaire sur un verset de la Méguilat Esther, dédié à la mémoire de nos chers parents, de mémoires bénies.

Samuel DARMON

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