L’ukrainisation du récit palestinien se développe.

Hier à Londres, un joueur de squash égyptien Ali Farg, profite de la scène du championnat de squash Optasia à Londres, pour souligner que « l’oppression qui sévit en Ukraine est terrible et suite à cette situation catastrophique,  il est soudain autorisé à mélanger le sport et la politique. Il est temps de parler de l’oppression dont souffrent les Palestiniens depuis 74 ans » a-t-il déclaré, sous les applaudissements du public londonien.

Ceux qui alimentent le récit palestinien n’en demandaient pas tant

Bien sûr c’est d’Israël même que viennent les comparaisons et les accusations les plus violentes tendant à établir entre un parallèle entre la Russie et Israël. Le journaliste Gideon Lévy, qui a posé devant une sorte de stèle figurant Israël mais où tous les noms de villes étaient en arabe, uniquement en arabe, n’a pas hésité à suggérer au monde de « swifter » Israël, à faire bloc contre Israël pour prendre des sanctions et ainsi mettre un terme en quelques minutes à « l’occupation des territoires palestiniens ». Le député Ofer Cassif, qui revendique être « antisioniste », a déclaré que « ceux qui oppressent les palestiniens ne peuvent compatir au sort de l’Ukraine ».  Ceux qui  alimentent  le récit palestinien n’en demandaient pas tant. D’ailleurs lors d’une récente manifestation, ceux qui veulent « la Palestine de la mer au Jourdain» n’ont eu recours, pour illustrer leur propos, qu’à des citations d’israéliens, dont bien sûr celles de Gideon Lévy.

Pourtant les situations ne sont en rien comparables, entre l’ours russe et la puce israélienne, il y a plus qu’une différence de taille.

Un autre journaliste, Itaï Rom,  a pris la peine de s’indigner de ces propos servis sur un plateau à tous ceux qui œuvrent pour le « démantèlement de l’entité sioniste », puisque le mot Israël leur écorche la bouche.  Et Itaï Rom d’argumenter : « Pas besoin d’être professeur de sciences politiques pour comprendre que le conflit au Moyen-Orient est bien plus complexe, que le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Yihya Sinwar ne sont pas exactement Zelensky et que, compte tenu des exigences des Palestiniens, même un gouvernement dirigé par Mossi Raz du Meretz aurait du mal à mettre fin à ce qui est désigné sous le terme d’occupation.

Israël « se sent » toujours menacé

Lorsque «Gideon  Levy écrit : « Israël se sent toujours menacé, tout comme la Russie », Itaï Rom reprend : «  il convient de mentionner qu’Israël non seulement « se sent menacé », mais qu’il est vraiment menacé, alors que la Russie, vraiment, ne l’est pas. Cela ne compte-t-il pas pour rien que la Russie puisse se retirer d’Ukraine à cette minute sans se soucier d’être la cible de violences, alors que des violences meurtrières s’ensuivraient inévitablement s’il y avait une sortie israélienne unilatérale des territoires ? »                  Levy poursuit : « La diabolisation est la même aussi : les Ukrainiens sont des nazis , les Palestiniens sont des terroristes qui veulent détruire Israël. La distance entre ces deux déclarations et la réalité est la même ». Et Itaï Rom de répondre : « Vraiment? Toute généralisation ne rend pas service à la vérité, mais l’allégation selon laquelle une partie importante des Palestiniens soutiennent le terrorisme et la destruction d’Israël ne pourrait-elle pas être juste « un peu » moins fausse que l’allégation selon laquelle l’Ukraine est gouvernée par les héritiers d’Hitler et de Goering ?

Itaï Rom cite enfin Roger Alpher, un autre journaliste, qui n’hésite pas à écrire « être horrifié par Poutine, c’est être horrifié par Israël »en écho à la déclaration de Gideon Lévy selon lequel « le monde consterné par Poutine n’est « pas moins horrifié par l’occupation israélienne » – mais les faits prouvent le contraire. Une minute et demie après avoir occupé l’Ukraine, Poutine a été frappé par des sanctions d’une ampleur que, même après 55 ans d’occupation, les Palestiniens ne pouvaient rêver de voir imposées à Israël ». On remarquera la différence de datation entre les « 74 ans d’occupation » annoncés par le joueur de squash et les 55 ans dont parle Itaï Rom, mais si la réalité historique avait un quelconque poids, nous n’en serions pas là.

Une nouvelle étape dans la propagande anti-Israël

Ne pas se préparer à répondre à cette propagande ignominieuse, c’est s’exposer à voir déferler une nouvelle vague de haine anti Israël et ses conséquences sur la hausse constante de l’antisémitisme ici. En effet, le lien établi par l’IHRA entre propagande antisioniste et antisémitisme permet en grande partie d’expliquer  la hausse de l’antisémitisme qui atteint des sommets. Pas un jour sans qu’ici ou là une manifestation des officines de BDS ne vienne jeter son venin sur Israël. On se rappelle le massacre d’Hébron en 1929 où 67 juifs furent tués : il n’y avait pas d’Israël, pas de palestiniens, mais des arabes de Palestine et des juifs. Le rejet d’Israël (53%) et les idées islamistes (48%) sont perçus par les Français dans leur ensemble comme étant les deux principales causes de l’antisémitisme ( Rapport AJC/ Fondapol sur l’antisémitisme – 2022) De même, les périodes de fortes tensions au Proche-Orient correspondent aux périodes de hausse de l’antisémitisme tant dans les menaces que les actes. A quelques jours des commémorations de l’attaque islamiste de Toulouse, nous n’oublierons pas que celui qui a tué Arié, 6 ans, et Gabriel, 3 ans, et leur papa Jonathan Sandler, ainsi que la petite Myriam Monsonego , 7 ans,  voulait «venger les enfants palestiniens »

84 millions de réfugiés en 2021 qui n’ont pas la chance d’être palestiniens

Enfin, les réfugiés ukrainiens ne bénéficieront pas du statut de réfugiés héréditaire, comme les palestiniens, avec des milliards versés par l’UNRWA, pas plus que  les 84 millions de réfugiés recensés cette année dans le monde. Car il n’y a jamais eu autant de déplacés dans le monde qu’en 2021. De janvier à novembre, plus de 84 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, selon les données du Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), publiées par l’ONU dans son bilan annuel, un chiffre qui a plus que doublé en dix ans. Tous n’ont pas la chance de se dire « victimes d’Israël », ce qui permet aux palestiniens de demander le démantèlement d’Israël pour leur droit au retour. Réfugiés palestiniens est devenu un métier qui se transmet de génération en génération.

JForum – EG – Haaretz – Egypt today

5 Commentaires

  1. On comprend mieux la soudaine affection des paluchtiniens pour l’Ukraine:
    (DOC) L’Aktion Reinhardt en Galicie orientale à la lecture des rapports des commissions d’enquête soviétiques | Willy COUTIN – Academia.edu

  2. Moi je propose à ces israéliens qui sont anti Sioniste et pro palestinien de déchirer leurs papiers et d’aller voir puis vivre en pays arabes hostiles genre Syrie Liban ou Iran , je suis sûr que il n’y a aucun volontaire car il ne pourront pas ouvrir leur sale gueule pour dire des conneries ..

    • Excellente idée, et cela pourrait nous faire des statistiques comme celle d’il y a plusieurs années où des arabes israéliens préféraient à 72% rester vivre en Israël…

  3. Peut-être qu’avec des lunettes, un sonotone et pourquoi pas un cerveau, certains pourraient entrevoir quelques nuances…?
    On commence vraiment à toucher le fond du n’importe quoi, et le plus alarmant est de trouver quelques « mal comprenant » qui y croient..!

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