Les malheurs des prisonniers palestiniens

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Les malheurs des prisonniers palestiniens

 

Par Michèle Mazel

 

Des milliers de terroristes sont incarcérés dans les prisons israéliennes, la plupart condamnés   à de lourdes peines pour des attentats ayant fait de nombreuses victimes ou le meurtre d’hommes, de femmes ou d’enfants.

Considérés comme des héros par l’Autorité palestinienne, ils bénéficient de toute sa sollicitude : face à de gros problèmes budgétaires, ne vient-elle pas d’amputer de moitié le salaire de ses fonctionnaires pour maintenir celui des détenus à son niveau actuel, le double du salaire moyen ?

Ce qui leur permet non seulement d’aider leurs familles mais de profiter de tout ce que la cantine offre ; ils reçoivent régulièrement la visite de leur avocat et, bien entendu, celle des membres de leur famille.

Ils viennent pourtant d’annoncer leur intention d’entamer une grève de la faim d’une sévérité inouïe, refusant même de boire de l’eau. Il est vrai que leur situation est devenue intolérable du fait des « scandaleuses » mesures prises par la direction des prisons. Jusqu’ici, les autorités pénitentiaires leur interdisaient d’avoir des téléphones « intelligents. » Une interdiction somme toute pas trop difficile à détourner.

A sa juste place : Basel Ghattas, ex-député

On l’a vu, il n’y a pas si longtemps lorsqu’un respectable député d’une liste arabe a été pris sur le fait alors qu’il remettait treize téléphones de contrebande à un prisonnier condamné à une lourde peine. Heureusement les détenus pouvaient toujours compter sur les appareils que leur glissaient femmes ou filles ou qui leur parvenaient en pièces détachées dans des colis d’apparence anodine. Ces appareils leur servaient ensuite à poursuivre leurs activités terroristes de l’intérieur de leurs prisons.

D’où la décision que vient de prendre le ministre de l’intérieur : installer des brouilleurs rendant toute transmission ou réception impossible. Intolérable, n’est-ce pas ? Il sera intéressant de voir comment les médias occidentaux rapporteront cette grève et notamment s’ils en évoqueront les causes.

Naguère ils avaient passé sous silence le décès, le 31 mars dernier, d’un palestinien de Jénine de quarante ans. Arrêté par les forces de sécurité palestiniennes, il est mort quelques heures après son incarcération à la prison de Jéricho. Selon l’Agence de Nouvelles palestinienne Ma’an en date du 1er mars, le procureur général de l’Autorité palestinienne, faisant preuve d’une remarquable connaissance du dossier, a immédiatement déclaré que l’homme « souffrait de diabète, d’hypertension et d’autres problèmes médicaux. » Il a donc formellement démenti les accusations de la famille selon laquelle le détenu aurait été battu et torturé pendant son interrogatoire, tout en précisant qu’il y aurait une enquête si les résultats de l’autopsie le justifiaient. Personne ne se fait d’illusions sur les conclusions de cette éventuelle enquête. Il se murmure plus ou moins ouvertement que ce « fait divers » n’a rien d’exceptionnel.  Ce sont des choses qui arrivent, dit-on, dans les prisons de ladite Autorité. La chaine Al Jazeera y avait consacré de longs développements en septembre 2017, citant notamment un certain Anas Barghouti, présenté comme avocat spécialisé dans les violations des droits de l’homme : « Les personnes arrêtés par l’Autorité palestiniennes sont souvent soumises à la torture ; c’est surtout le cas à la prison de Jéricho, la différence étant que cette prison est réservée aux prisonniers politiques. »

Détentions arbitraires, sévices sexuels, tortures entrainant parfois la mort – les autorités de Ramallah ne ménagent pas leurs efforts pour décourager toute opposition et visent particulièrement les journalistes. L’Autorité palestinienne a bien nommé un   haut fonctionnaire   préposé à la condition des prisonniers palestiniens ; seulement son mandat ne porte que sur les prisonniers palestiniens qui se trouvent dans les geôles israéliennes.

Par ©Michèle Mazel

 

 

 

3 COMMENTS

  1. @ ” Les malheurs des prisonniers palestiniens ” .

    La Comtesse de Ségur ( toujours en avance sur son époque ) avait écrit un livre sur ce sujet à travers une enfant qui s’appelait Sophie .

  2. On se doute de ce que serait un “etat palestinien” pour cette population sous régime totalitaire. Celui-là ne vaudrait guère mieux que l’ actuel califat mafieux gazaouite…
    Finalement, les arabomusulmans les plus libres et respectés de la planete sont ceux bénéficiant de la citoyenneté Israélienne… Jamais ils n’iraient s’installer sous l’ombre totalitaire, arbitraire…
    [Comme si on demandait aux anciens de l’ancienne Allemagne de l’est s’ils voulaient retourner sous le regime communosovietique !]
    Beaucoup parmi eux le proclament, mais quels merdias occidentaux le publient? Ceux-là préfèrent attiser la haine antisiomite. Ça paye.

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