Remise de la Croix de Guerre à Emile Atlan, Paul Sebaoun, Charles Bouchara

Les juifs dans la résistance en Algérie (vidéo)

Jforum juin 2019

Si les juifs participent de façon précoce et massive à la résistance en métropole, la résistance juive en Algérie n’est pas en reste.

Les mesures antisémites commencent dès août 1940. Les Juifs au nombre de cent vingt mille, sont d’après la propagande « tenus pour responsables de la défaite de la France, la mère patrie ».

En octobre 1940, c’est l’abrogation du décret Crémieux : de citoyens français, les Juifs algériens deviennent des indigènes sujets français.

Cette abrogation est accueillie dans une immense joie par les Européens d’Algérie. De nombreuses émeutes anti-juives éclatent, la masse musulmane est indifférente.

La législation antisémite de Vichy s’applique complètement à l’Algérie. En particulier le 14 février 1942 est créée une « Union Générale des Israélites d’Algérie » (UGIA) pour assurer la représentation des Juifs auprès des pouvoirs publics.

Les juifs d’Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie) font partie du plan d’extermination décidée à la conférence de Wannsee.

Des jeunes juifs qui reviennent du front européen ne sont pas prêts à se résigner à l’antisémitisme croissant, aux lois discriminatoires et à la perte des droits civiques.

Beaucoup d’entre eux cherchent le moyen de s’évader et de rejoindre les Forces de la France Combattante en Angleterre pour continuer la lutte contre l’Allemagne nazie, mais il est impossible de quitter l’Algérie. Les juifs d’Algérie ont compris qu’ils doivent s’organiser systématiquement et se préparer à l’autodéfense.

Le berceau de la résistance est parti d’une salle de culture physique au centre d’Alger, servant de camouflage aux premières réunions, la salle Geo-Gras.

Un autre lieu de rencontre important, pour les membres du groupe clandestin juif, est la maison de mode des deux frères Guy et Elie Calvet (Cohen). Les résistants essaient aussi de créer un contact avec la  France Libre à Londres.

La Résistance juive, connue sous le nom de la salle « Géo Gros », est devenue un groupe bien consolidé comptant près de deux cent cinquante membres.

Action de José Aboulker dans l'opération TORCH

Le docteur Raphaël Aboulker, fils d’une vieille famille juive, donne tout son appui à cette organisation clandestine. Durant l’été 1942 un groupe de choc est constitué sous le commandement du capitaine Pilafort arrivé.

A Oran aussi, grâce à un groupe d’universitaires, la résistance juive s’organise. A la tête de cette formation clandestine se trouvent les frères Roger et Pierre Carcassonne.

L’arrivée à Oran d’Henri d’Astier de la Vigerie renforce ce groupe. L’unification des mouvements algérois et oranais s’impose. La résistance unie est dirigée par José Aboulker, le colonel Jousse et le « Comité des cinq ».

Elle compte plusieurs composantes : gaullistes, républicains, démocrates, des personnalités d’extrême droite (Jean Rigault) et des monarchistes. L’effectif est entrainé et discipliné.

Ce groupe juif se révèle comme un facteur décisif le jour du débarquement allié, en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942. Grâce à leur contrôle de certains endroits stratégiques d’Alger, les résistants juifs ont évité l’échec du débarquement (selon l’avis de plusieurs officiers de l’armée française).


Dans une note du 27 mars 1943, le chef nazi de la section des affaires juives à Paris déclare pour justifier sa politique de concentration et de déportation des Juifs français :
«  Éviter toute possibilité que les Juifs de la province puissent jouer un rôle infâme similaire à celui lors du débarquement des troupes américaines et britanniques en Afrique du Nord. »

Adaptation par Jforum

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