Mikets: Pharaon se tenait au dessus du fleuve

 Un commentaire d’après Rav Guerchon sur le verset :« Ce fut après deux ans, le pharaon fit un rêve et voici qu’il était debout sur le fleuve… »(41,1)

Par A. B  Ouriel Post mis en ligne le 17.12.2020

Le Nil, fleuve nourricier de l’Egypte, était considéré comme une divinité.

Rambam (Maïmonide) précise que le mot « Yéor » rappelle que le Nil était composé de nombreux canaux creusés par les hommes qui rendaient la terre cultivable.

C’est pourquoi Pharaon s’est écrié: « Le Nil c’est moi qui l’ai fait » (Ezékiel, 20, 3).

Contrairement au rêve de Jacob où « D. se tenait au dessus de lui », dans son rêve Pharaon se tenait au dessus du fleuve…Il se prend lui-même pour un D.

Pour démythifier ce culte de l’homme idole, l’intervention de Joseph en Egypte a été décisive car il est celui qui a su rappeler l’homme dans sa véritable dimension soumise à la Volonté Divine.

De nos jours les pharaons contemporains continuent à rêver de grandeur, grisés par les progrès stupéfiants des réalisations humaines dans tous les domaines de la science et de la technique. Ils érigent l’homme en idole toute-puissante et éternelle.

Cependant, il y a une ombre au tableau : la vie humaine est combien si fragile et combien fugitive ! Qu’à cela ne tienne ! Comme on a embaumé pharaon pour le rendre « immortel » de nos jours on immortalise l’homme en l’affublant tout simplement d’un « H » majuscule et le tour est joué !

Cependant rien n’a été tenté pour résoudre la véritable problématique de l’homme : celle de donner un sens à l’existence.

Comme Pharaon fit appel à Yossef pour trouver la solution ? On devra, aujourd’hui encore, faire appel aux fils d’Israël pour qui la Présence Divine n’est pas qu’une formule vide de sens mais une réalité de tous les jours.

A. B

 

LA HAPHTARA : MIKETS

Entre la Sidra Mikèts et la Haphtara (I Rois, 3,15 et 4,1) ce sont les rêves qui prédominent.
Dans la première, ce sont les deux rêves de Pharaon qui avertissent du danger qui menace l’économie égyptienne et qui prépare l’intervention et le rôle de Joseph inspiré par D. pour remédier au problème contingent qui se pose et rappeler à Pharaon, la présence de D. Souverain au dessus de lui.

La Haphtara, elle, met le rêve de Salomon, en parallèle avec ceux de Pharaon. La préoccupation de Salomon est d’un ordre tout autre. Il voudrait avoir «  un cœur intelligent, capable de rendre la justice à son peuple, sachant distinguer entre le Bien et le Mal » (I Rois, 3, 9).

L’Eternel répondant à son désir, non seulement lui accorde ce qu’il demande mais encore « un tel esprit de sagesse et d’intelligence, que son pareil n’a pas existé avant lui, ni ne se verra jamais » et lui octroie la richesse et la gloire qu’il n’a pas demandées.

Ces qualités il va les prouver tout de suite après dans «  le fameux jugement de Salomon », universellement connu, mettant aux prises deux femmes se réclamant du même enfant qui est resté le symbole de l’intelligence, de l’intuition et du pouvoir de juger en toute équité et amour, du plus sage des Rois.

A.B

La parachath Mikets est lue le plus souvent pendant la semaine de ‘Hanouka, fête avec laquelle elle comporte des affinités étroites.

Nous y apprenons l’émergence, dans les rêves de Pharaon, de sept belles vaches, suivies de sept autres chétives, puis de sept beaux épis suivis de sept épis « pauvres et brûlés par le vent ».

Le nombre sept, qui est celui des couleurs fondamentales, de l’échelle musicale diatonique, et aussi des jours de la semaine, symbolise le matérialisme de ce monde-ci.

En revanche, la fête de ‘Hanouka est placée sous le signe du nombre huit, symbole du miracle de la fiole d’huile, et aussi de ce qui se situe au-delà de l’ordre naturel.

L’idolâtrie égyptienne consistait à adorer cet ordre naturel, symbolisé par le Nil et le nombre sept. Lorsque Pharaon, plus tard, demandera à Moïse : « Qui est Hachem ? […] Je ne connais pas Hachem ! » (Chemoth 5, 2), il reconnaîtra par là implicitement qu’il existe un dieu dans le monde, mais un dieu de la nature. Signalons que la valeur numérique des lettres qui composent le mot  אלהים  (Eloqim), soit 86, est la même que celle du mot הטבע (ha-téva’, c’est-à-dire « la nature »).

Autrement dit, lorsque nous faisons de la nature une force surnaturelle, nous élevons artificiellement le monde de sept en un monde de huit (D’après Or samaya‘h).

Jacques KOHN Zal

chiourim.com

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