Il n’y a pas assez de ventilateurs ? Et si on faisait appel à l’armée ?

 

 

Michèle Mazel

L’explosion de ce qui n’était pas encore une pandémie a pris l’occident par surprise. Non seulement les services de santé, en crise depuis des années, étaient peu préparés ; la plupart des pays avaient généreusement envoyé à la Chine des millions de masques et autres équipements de première nécessité pour traiter le virus, encore sans nom à l’époque. Il a fallu s’en procurer en catastrophe. Pas question de solidarité internationale : dans la course aux ventilateurs et aux masques, tous les coups sont permis, les uns et les autres surenchérissant sans état d’âme pour rafler jusque sur le tarmac des cargaisons destinés aux voisins .

En Israël, le Mossad, plus connu pour d’autres exploits, a fait appel à tous ses contacts pour aller piocher ici et là, y compris dans des capitales où les Israéliens ne sont généralement pas les bienvenus.  Tout cela restait encore insuffisant compte tenu des prédictions quasi apocalyptiques du ministère de la santé. C’est alors qu’un acteur inattendu entra en scène. «    Et si on profitait du calme relatif aux frontières pour voir ce qu’on peut faire ?   Après tout nous avons réalisé des projets bien plus complexes » se sont dit des soldats appartenant à la mythique unité 8200, unité ultra-secrète souvent considérée comme la meilleure agence de renseignement technique au monde.

 

Une initiative immédiatement adoptée. Partant du principe que « qui peut le plus peut le moins » et faisant également appel aux anciens de l’unité, ils sont d’abord appliqués au plus urgent, c’est-à-dire aux ventilateurs. A partir d’éléments disponibles sur place et de trésors d’ingénuité, ils arrivèrent en moins de quatre semaines à réaliser un appareil conforme aux normes du ministère de la santé et ne coutant que 4500 dollars – contre 70 000 pour les appareils sur le marché.  Après de rigoureux essais cliniques les premiers ventilateurs de Tsahal ont été remis à l’hôpital Sheba de Tel Hashomer. Pour pallier le manque de masques,  une autre équipe   mettait au point un modèle réutilisable en tissu lui aussi conforme aux normes.   350 000 exemplaires en ont déjà été distribués.  D’autres projets sont en cours pour répondre à des besoins spécifiques. Il est bien évident que Tsahal n’est pas le seul à la manœuvre.

Le secteur industriel travaille bien sûr à la fabrication de tous les éléments nécessaires à combattre le fléau. Reste que l’implication de l’armée, qui, encouragée par le ministre de la défense, a décidé de son propre chef de participer à l’effort national est sans doute unique au monde. On sait par ailleurs que soldats et soldates sont mobilisés pour aller porter des colis de ravitaillement aux familles confinées dans des zones sous couvre-feu ; un couvre-feu que d’autres soldats sont chargés de faire respecter. Je terminerai sur une histoire que vient de me raconter une vieille amie pensionnaire dans une maison de retraite. Les visites y sont interdites pour protéger les résidents, lesquels eux-mêmes n’ont pas le droit de sortir. Deux jeunes soldates sont postées en permanence devant l’entrée pour veiller au respect des règles.  A court de cigarettes, la vieille dames a demandé à sortir pour en acheter au magasin situé de l’autre côté de la rue à quelques mètres à peine. Les soldates sont restées inflexibles. « Et si c’était votre grand-mère, ne la laisseriez pas passer » demanda mon amie. Les soldates se regardèrent et l’une d’elle se chargea de traverser la rue pour aller acheter les cigarettes.

Par ©Michèle Mazel

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