Haftara HouKaT: Jephté négocie avec les Ammonites (vidéo)

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L’essentiel de cette haftara est constitué par le discours que Jephté a tenu au roi des Ammonites, ennemis des enfants d’Israël.

Il avait envoyé une délégation auprès de ce monarque, avec mission de lui demander les raisons de son agressivité envers les enfants d’Israël .

Réponse du roi : « C’est parce qu’Israël a pris mon pays, quand il monta d’Egypte, depuis l’Arnon jusqu’au Yaboq et jusqu’au Jourdain ; et maintenant, rends-moi ces [contrées] en paix ! » (11, 13). 

Autrement dit : « Vous nous avez dépouillés de nos terres, et vous les occupez sans droit ni titre ! Il n’y aura pas de paix entre nous aussi longtemps que vous ne nous les aurez pas rendues ! »

On dirait aujourd’hui, autre temps même querelle : «  La paix contre les territoires !  », proposition dont on a pu mesurer, ces dernières années, la dangereuse ambiguïté.

Jephté ne se laissa pas décourager par cette rebuffade, et il tenta une seconde fois de négocier.

Il rappela aux Ammonites des données historiques indiscutables, celles qui avaient donné à Israël un droit irréfutable à la possession des territoires convoités par ses adversaires : Israël n’avait rien pris, ni à Moab, ni à Ammon, mais c’est Si‘hon, roi des Amorréens, qu’il avait combattu, et ce sont ses terres qu’il s’était approprié.

Les Ammonites n’avaient pas à s’ingérer dans cette querelle, à laquelle ils étaient étrangers.

En clair, si Erets Yisraël est à nous, ce n’est pas parce que nous l’avons conquis, mais parce que Hachem nous l’a donné ! Aussi n’avons-nous pas le droit d’y renoncer.

Jacques KOHN zal

Source: Chiourim

Mentionnons aussi que la Haftara et la Paracha ont également ceci en commun qu’ils soulignent les conséquences dramatiques du dévoiement de la parole : Moché est puni pour avoir frappé le rocher au lieu de lui avoir parlé, et Yifta’h fait un vœu déraisonnable et irresponsable aux conséquences dramatiques.

En cas de victoire, il s’engage à apporter en sacrifice à Hachem, la première chose qui sortira de chez lui, et ce fut sa fille qui sortit l’accueillir en premier…

Yifta’h s’obstina à respecter son vœu, même si nous ne savons pas s’il la sacrifia au sens propre ou au sens figuré en lui imposant une vie de dévotion, sans mariage, en retrait du monde matériel.

Dans cette lecture prophétique, nous nous trouvons à l’époque des Juges[1] où Yftah (en français Jephté le Galaadite)  devint chef et Juge du peuple juif à une époque de crise(Juges chapitre XI versets 1 à 33).

Jephté est le fils de Galaad de la tribu de Menashé et il naquit d’une femme prostituée dont on ne cite pas le nom dans le livre des juges mais au sujet de laquelle on dit qu’elle était aubergiste.

Galaad, le père de Jephté est marié à une autre femme qui a d’autres enfants. Après avoir été chassé de la maison paternelle par ses frères, Yftah succéda au juge Yaïr et devint ainsi le huitième Juge d’Israël.

Se voyant menacés par les Ammonites, les fils de Galaad se rendirent auprès de leur demi-frère pour lui demander d’intercéder ou de les aider à combattre leurs ennemis.

Yftah après avoir reproché à ses frères de l’avoir rejeté, accepte la mission à condition toutefois de rester à leur tête et, il  envoya une délégation auprès du roi des Ammonites qui répondit en accusant Israël d’avoir envahi et pris des territoires appartenant aux Ammonites.[2]

Yftah lui fit répondre que n’ayant reçu de réponse favorable ni des Moabites, ni des Ammonites ni des Edomites pour traverser leurs territoires, Israël dût faire un détour pour parvenir dans ce pays que D. lui a donné. Yftah fit dire au roi des Ammonites que D. fit la guerre à Sihon roi des Amoréens  et au roi de Bashan pour que ce peuple puisse parvenir chez lui.

Yftah pria D. en lui vouant un sacrifice si D lui accordait la victoire et c’est ce qui se produisit.

Les derniers versets tragiques ne font pas partie de cette Haftara mais tout le monde connaît le drame qui se joue lorsqu’ Yftah voit sortir de sa maison sa seule et unique fille qui n’était pas encore mariée et qu’il pensait devoir sacrifier conformément au vœu qu’il avait émis.

L’orgueil de cet homme fut mal placé  étant donné qu’il ne voulut pas, par orgueil  et aussi sans doute par sottise, consulter les Sages qui l’auraient relevé de son vœu car le sacrifice humain n’est pas autorisé.

Ceci enseigne qu’il ne doit pas y avoir de sentiment de honte et que l’on doit toujours consulter des Sages avant de prendre une décision très importante qui peut mettre quelqu’un ou quelque chose en péril.

Caroline Elishéva REBOUH

www.torah-box.com

[1] Le Yiboum ou Lévirat consiste au fait que si un homme décède sans avoir eu le temps de procréer, le frère du défunt a le devoir d’épouser sa belle-sœur uniquement dans le but de donner une descendance posthume au mari décédé.

[2 ) Aujourd’hui on accuse encore Israël d’avoir envahi des territoires alors que cela n’est pas vrai : l’histoire se répète sans cesse !!!

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