Erdogan : c’est le Mossad d’Israël qui a eu la main (et le dernier mot) dans le vote du Kurdistan irakien

 

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan a prétendu samedi que les services de renseignement du Mossad israélien auraient joué un rôle majeur dans le scrutin pour l’Indépendance du Kurdistan – ce que, selon lui, tendait à prouver le déploiement fréquent et visible de drapeaux israéliens au cours des célébrations d’un « Oui » majoritaire, de manière écrasante, à l’issue de ce vote. Au moins, pourrait-on souligner avec ironie, l’agence juive de renseignements ne ferait ses « coups » selon la technique turque éculée du « False Flag » (sous pavillon de complaisance), comme dans le cas des trafics d’essence avec Daesh!

Erdogan tend à confondre et à faire passer un élan de fraternité entre deux peuples, presque naïf de sincérité, pour une énorme machination souterraine, en vue d’une manipulation de foule. D’un autre côté et s’adressant à la frange ultra-nationaliste turque, le Kurdistan est décrit comme passé d’une tutelle irakienne, au nom des Etats de la région (Iran, Turquie-Syrie) à l’alliance avec une puissance étrangère et redoutée, à qui l’ont prête des pouvoirs occultes -pour ne pas dire « diaboliques »- et particulièrement efficients. Mais, la cause kurde étant transfrontalière, c’est encore une autre façon de déclarer sa hantise, de sentir le possible aiguillon d’Israël dans la déstabilisation de son propre pouvoir, notamment sur les régions sud-Est du territoire de la Turquie, ou encore dans l’espace nord-Est syrien en voie de fédéralisation pro-Kurde…

Ankara s’est férocement opposé au référendum et a menacé la région de sanction et Israël de suspension de fragiles accords de réconciliation, qui ont récemment abouti.

Lors d’un discours télévisé, Erdogan a déclaré que la Turquie est profondément attristée de voir à quel point les Kurdes irakiens ont acclamé les résultats du référendum en agitant des drapeaux israéliens.

Iraqis Kurds carry the Kurdish and the Israeli flags in the streets of the northern city of Kirkuk on September 25, 2017 following a referendum on the independence.
Iraq’s Kurds defied widespread opposition to vote in a historic independence referendum, sparking fresh tensions with Baghdad, threats from Turkey and fears of unrest. The vote in the autonomous Kurdish region of northern Iraq and some disputed areas is non-binding and will not lead automatically to independence, but is seen by the Kurds as a major step towards a long-cherished dream of statehood
/ AFP PHOTO / AHMAD AL-RUBAYE
Le Président Turc Erdogan impuissant, face au déploiement massif de drapeaux Israéliens lors des célébrations de victoire Kurde (Photos: Reuters, MCT)

« Cela ne démontre qu’une chose, que l’administration (du nord de l’Irak) doit sa victoire au Mossad, qu’ils marchent ensemble, main dans la main », a fustigé Erdogan à Erzurum, dans l’Est de la Turquie.

L’Iran et le gouvernement central d’Irak à Bagdad ont aussi sonné l’alarme en s’opposant farouchement à ce référendum et ils ont refusé de reconnaître sa validité.

Israël est le seul pays  à soutenir ouvertement l’Indépendance d’un Etat kurde, alors que le Premier Ministre d’Israël, Binyamin Netanyahu, a appuyé personnellement « les efforts légitimes du peuple kurde pour atteindre un Etat souverain ».

Très mal à l’aise face à ce défi, Erdogan a, dans un premier temps, tenté de tourner en dérision ce soutien d’Israël. D’un autre côté, en prêtant un pouvoir de manipulation magistrale à ses services secrets, il lui offre l’hommage du vice à la vertu.

« Êtes-vous seulement conscients de ce que vous faites? », s’est écrié Erdogan, sur un ton ultra-paternaliste, à l’intention des dirigeants kurdes traités comme des enfants qui auraient mal agi. « Il n’y a qu’Israël qui vous soutienne! » (« Vous suivez votre mauvais démon, votre « mauvais penchant »)…

En réalité, l’élan puissant d’une révolution régionale manifeste ses premiers soubresauts d’après l’écrasement de Daesh, dernier recours des pouvoirs expansionnistes régionaux pour garder leurs peuples sous une férule oppressante…

5 Commentaires

  1. Erdogan a exigé d’Israël des excuses et des millions de dollars pour la mort des 7 terroristes turcs armés à bord des flottilles en route pour Gaza.

    Netanyahu devrait exiger de la Turquie des excuses et des centaines de millions de dollars pour la mort, en 1942, de quelque 800 Juifs fuyant le nazisme à bord du navire « le Struma ». (Un seul rescapé). Ce navire était renvoyé de tous les ports européens auxquels il demandait l’asile. L’un de ces ports se trouvait en Turquie. Interdiction d’accoster. Les familles à bord du navire étaient en très mauvais état de santé, l’eau et la nourriture manquaient depuis plusieurs jours. Le navire mouillait dans les eaux turques. Quelques habitants, émus, offraient qui une orange, qui une petite bouteille d’eau. Des rabbins missionnés par un organisme juif américain ont fini par obtenir l’autorisation de monter à bord, munis de vivres et d’eau. Ensuite, le navire a été obligé de reprendre le large, avec ordre de se diriger vers la Mer Noire. Or les autorités turques savaient pertinemment que sous-marins soviétiques et allemands y croisaient. Le sort du Struma sciemment dirigé vers ce lieu par les Turcs était scellé. Le Struma y a sombré. 1 seul survivant.

  2. si le dictateur Erdogan l’affirme c’est que c’est vrai , oui, Israël a envoyé des drones pleins de petits robots qui sont descendus du ciel pour aller voter l’indépendance du Kurdistan !
    Mais que font les psychiatres en Turquie ? ils ont tous été emprisonnés par Erdogan qui a la phobie des suppositoires mais il finira tôt ou tard par se les mettre dans le cul quand il sera interné à l’asile pour les fous ……

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