Le Liban se félicite de l’arrestation de membres de réseaux d’espionnage au profit d’Israël

Dix-sept réseaux d’espionnage au profit d’Israël auraient été démantelés dernièrement au Liban, a annoncé lundi le ministre de l’Intérieur, Bassam Maoulaoui, confirmant des informations de presse ayant circulé depuis la matinée. A l’issue du Conseil des ministres, qui s’est réuni dans la journée au Grand Sérail, le ministre de l’Information p.i. Abbas Halabi a rapporté que, pendant la réunion, le ministre Maoulaoui a informé le cabinet du démantèlement de 17 réseaux d’espionnage, sans préciser où ils étaient actifs, se contentant d’indiquer que leurs opérations « jouaient un rôle au niveau local et régional ».

Dans la matinée, le site d’informations en ligne al-Modon avait déjà annoncé le démantèlement de plusieurs réseaux « indépendants les uns des autres » et actifs dans tout le pays et l’arrestation de dix personnes impliquées. Selon le site, qui rapporte des informations émanant de sources au sein des Forces de sécurité intérieure (FSI), l’enquête ayant permis de dévoiler le travail de ces réseaux a été lancée après l’explosion survenue en décembre dans le camp palestinien de Bourj el-Chemali, près de Tyr, dans des circonstances mystérieuses. Après avoir surveillé un suspect dans le cadre de cette enquête, les FSI ont remonté la piste de différents réseaux indépendants, répartis sur tout le territoire, et arrêté plusieurs personnes, de différentes confessions, notamment à Tyr et Saïda, qui étaient chargées de récolter des informations, toujours selon al-Modon. La plupart d’entre eux ne savaient toutefois pas qu’ils travaillaient pour le compte d’Israël.  L’enquête des FSI, qui se poursuit, a également permis d’identifier un suspect parmi les membres du Hezbollah.

Hezbollah, Hamas et ONG

Des informations obtenues par le quotidien al-Akhbar, proche du Hezbollah, viennent confirmer qu’une quinzaine de réseaux, « actifs dans toutes les régions libanaises et jusqu’en Syrie » ont été démantelés, dans « la plus grosse opération sécuritaire du genre depuis 2009 », lancée il y a quatre semaines. Selon le journal, vingt suspects, Libanais, Syriens et Palestiniens, ont été arrêtés par les forces de sécurité, un par le Hezbollah et un par les forces de sécurité syriennes. Ces réseaux ciblaient le parti chiite ainsi que des groupes « de la résistance palestinienne » au Liban dont le Hamas, selon le quotidien. Les services de renseignement eux-mêmes auraient également été victimes d’opérations de surveillance, tout comme « un certain nombre d’organisations non-gouvernementales et d’associations ». La communication entre les agents des différents groupes identifiés s’effectuait principalement via les réseaux sociaux et Internet, ainsi que via des lignes téléphoniques libanaises, rapporte encore le Akhbar. Certains des suspects appréhendés auraient justifié leur implication dans ces réseaux par l’appât du gain, alors que le Liban s’enfonce dans la crise, tandis que d’autres étaient convaincues de fournir des informations à des entreprises internationales ou à des ONG, selon le média. Certaines personnes arrêtées ont été libérées, d’après la même source.

« Exploit » des forces de sécurité

Le démantèlement de ces cellules d’espionnage a été salué par le chef du Parlement, Nabih Berry, soulignant l' »exploit » réalisé par les forces de sécurité. Lors du Conseil des ministres, le Premier ministre Nagib Mikati a également félicité les services de renseignement des FSI pour cette opération. « Le démantèlement de ces réseaux prouve une nouvelle fois l’importance de la sécurité préventive et de la coopération entre toutes les institutions sécuritaires concernées par la protection du Liban », a-t-il ajouté.

En 2006, une guerre destructrice a opposé l’Etat hébreu au Hezbollah, la plus puissante formation armée au Liban. Le conflit de 33 jours avait causé la mort de 1.200 personnes au Liban, pour la plupart des civils, et 160 Israéliens, en grande majorité des soldats. Depuis, les deux camps restent en état de guerre mais évitent tout embrasement. Récemment, en août 2021, les tensions sont montées d’un cran avec des échanges de tirs d’artillerie et de roquettes à la frontière libano-israélienne. Entre avril 2009 et 2014, les autorités libanaises ont emprisonné plus de 100 personnes accusées d’espionnage pour le compte d’Israël, dont une majorité d’employés de l’armée ou des services de télécommunication.

AFP

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.