Chants: Ana Bekoah et Shir Hakavod (vidéos)

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ANA BEKOAH ET SHIR HAKAVOD

Ces chants sont entonnés, curieusement, avec les mêmes airs selon les communautés ou selon les pays, pas comme “Lekha Dodi” qui se chante de manière différente ou avec des mélodies différentes.

Dans mon enfance, je me souviens que l’officiant chantait de sa voix grave “Ana Bekoah” tout de suite après Mizmor le David précédant Lekha Dodi de Kabalat Shabbat puis, un jour, il cessa de le faire parce que, prétexta-t-il, ce texte était empli de secrets cabalistiques et qu’il valait mieux éviter de le prononcer si on ne connaissait pas son importance.

Je remarquais pourtant que l’on se servait des 7 vers de cette magnifique poésie dans le mahzor de kippour pour compter le nombre de selihot ou dans le mahzor de souccoth pour le nombre de hakafoth (chez certains hassidim) ainsi que pendant la cérémonie du Tashlikh et dans d’autres communautés on lit Ana bekoah au moment où l’officiant procède à la sonnerie du shoffar dans certaines autres synagogues on lit ce poème au moment où l’on fait les “habatot”.

Dans certaines communautés on lit aussi Ana bekoah après la parashat hakorbanot de l’office du matin, et chez d’autres après le compte du Ômer. Certaines autres personnes lisent ce poème avant de s’endormir et après la lecture du Shemâ Israël au coucher.

L’auteur présumé de ce magnifique poème serait le Tana Rabbi Nehonya ben Hakana. Ana bekoah se compose de sept vers chacun d’eux correspondant à un jour de la semaine, et chaque vers est composé de 6 mots. Sept multiplié par 6 font 42 qui correspond à l’un des nombreux noms par lesquels on peut s’adresser à D. Les lettres de ce nom sacré sont placées comme initiales des 42 mots de ce poème. C’est la raison pour laquelle, on dit, à la fin de ce chant la phrase : “Baroukh shem kevod malkhouto léôlam vaêd” ce qui signifie : “Que soit loué le nom de Son royaume glorieux à tout jamais”. ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד.
De même, ces sept vers correspondent aux sept séphiroth de l’arbre séphirotique qui concernent l’homme –être humain- et voici – dans l’ordre – desquelles il s’agit :

NOM DE LA SEPHIRA TRADUCTION JOURS DE LA SEMAINE
חסד GRACE DIMANCHE
גבורה FORCE LUNDI
תפארת BEAUTE MARDI
נצח VICTOIRE MERCREDI
הוד MAGNIFICENCE JEUDI
יסוד FONDEMENT VENDREDI
מלכות ROYAUTE SAMEDI

Le texte est le suivant en phonétique :
Ana bekoah guedoulat yeminekha tatir tseroura אנא בכוח גדולת ימינך תתיר צרורה (אב”ג ית”ץ)
Kabel rinat’ âmékha sagvénou ta’harénou nora קבל רינת עמך שגבנו, טהרנו, נורא ( קר”ע שט”ן)
Na Guibor doreshé yéhoudékha kebabat’ shomerem נא גיבור דורשי יחודך כבבת שומרם (נג”ד יכ”ש)
Barekhem, ta’harem, rahamé tsidkatékha tamid gamelem ברכם, טהרם, רחמי צדקתך תמיד גמלם ( בט”ר צת”ג)
Hassin’ kadosh berov touvékha na’hel âdatékha חסין קדוש ברוב טובך נהל עדתך ( חק”ב טנ”ע)
Yahid guéé léâmékha pné zokhré kédoushatékha יחיד גאה לעמך פנה זוכרי קדושתך (יג”ל פז”ק)
Shavâténou kabel oushmâ tsaâkaténou yodéâ taâloumot’. שועתנו קבל ושמע צעקתנו יודע תעלומות (שק”ו צי”ת)
Baroukh shem kevod malkhouto léôlam vaêd. ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד.
Traduction : Nous Te supplions avec la force de Ta droite, de nous délivrer de nos pêchés
Reçois les supplications que Ton peuple T’adresse par ces chants, élève-nous et purifie-nous Toi qui es Redoutable.
De grâce, Ô D Tout Puissant garde ceux qui recherchent Ton Unité.
Bénis-les, Purifie-les, et que Ta juste bonté les comble toujours
Tu es inébranlable, Toi Saint (béni soit Il) avec Ton immense bonté, gouverne Ton peuple
Tu es Unique et glorifié adresse Toi à Ton peuple qui toujours se souvient de Ta sainteté
Reçois nos supplications et écoute nos cris Toi qui connais les mystères de la création.
De nombreux chanteurs israéliens ont mis ce chant en vogue mais, parfois, les paroles ont été modifiées.

SHIR HAKAVOD

En général, ce chant se trouve dans les sidourim de rite ashkenaze et il se chante à deux “voix” l’officiant et les fidèles à la fin des offices de shabbat ou des fêtes en ouvrant les portes de l’Heikhal. Le Shlah HaKadosh, le Rav Horwitz, conseille de chanter ce poème avec majesté et dans la joie.

L’autre appellation de cet hymne est “Aneîm zemirot’ “. Le nom de l’auteur du XIème ou du XIIème siècle est resté anonyme.

Ce long poème que de nombreux chanteurs –sefaradim ou ashkénazim – ont enregistré se trouve sur You Tube. Il est entièrement dédié à la Gloire de D.
Les vers sont construits en acrostiche des 22 lettres de l’alphabet sans être séparés en strophes et les rimes sont internes à chaque vers et non pas comme en général à chaque fin de vers.

Caroline Elisheva Rebouh

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