BaMiDBaR: Le recensement du Peuple.. (vidéo)

Caroline Elishéva REBOUH le 19.05.2020 40e jour du Ômer

Le quatrième volume du Pentateuque s’ouvre cette semaine. Ces deux parashoth Bamidbar et Nasso sont lues en général aux alentours de la fête de Chavouoth.

Ce volume qui en français s’intitule “Les Nombres” car il commence par le dénombrement du Peuple, porte un autre titre en dehors de Bamidbar (dans le désert) l’autre nom étant : Houmash HaPikoudim.

Rashi dit à ce propos que Pikoudim se doit au fait qu’il y a deux dénombrements l’un dans la première sidra et l’autre dans “Pinhas”.

Cette opération se produit pour Rosh Hodesh Iyar alors que le peuple est déjà sur place et que la Shekhina est aussi déjà sur place la question qui se pose est de savoir pour quelle raison tout se fait un mois après l’arrivée en ce lieu….

Il est un principe selon lequel n’est considéré comme “toshav” (résident) que toute personne ayant résidé dans ce même lieu 30 jours durant. Ainsi, une personne ne sera astreinte à la pose d’une mezouza que 30 jours après s’être installé en un lieu.

Le Maharal de Prague tout comme le Îkar Sifté Hakhamim avancent ce raisonnement mais aussi le fait qu’il fallait absolument savoir si le nombre d’hommes de plus de 20 ans avait dépassé les 60 ribo ou 600,000 hommes car, si leur nombre avait été inférieur ne serait-ce que d’une personne, le don de la Torah n’aurait pu avoir lieu !!!

Se pose à nouveau une autre question : comment se fait-il que le nombre des hommes de 20 ans et plus n’ait pas changé en l’espace de six mois car, en fait des gens sont morts dans l’intervalle ne serait-ce que Nadav et Avihou, et tous les gens qui ont eu leur anniversaire de 20 ans dans cette période de 6 mois….?????

Alors, il faut prendre en ligne de compte que le nombre est toujours “rond” et ne comporte pas d’unités, ensuite il faut prendre en considération un “détail” d’importance c’est que dans l’un des décomptes ne sont pas pris en compte les Léviim soit une différence de 22,000 hommes (d’après le Ohr HaHayim HaKadosh!!! Le nombre n’est donc pas resté statique : il a évolué !!

Le peuple entrevit les armées célestes des Mal’akhé HaShareth (Anges du Service Divin) et il s’enivra de la splendeur qu’elles offraient, chacun de ces anges avec son étendard et les Enfants de Jacob réclamèrent aussi des étendards.

Mais, ils ne savaient point que le fait d’avoir un étendard personnel impliquait pour tout un chacun de fixer des limites et de fixer un rôle à chacun, chacun selon son essence et selon les moyens qui lui sont imposés à sa naissance.

Lorsque le temps viendra de rendre les comptes qui seront demandés, tout sera pris en considération car, il est un principe chaque créature humaine est considérée comme un monde ou comme une entité et chacun se doit d’accomplir ce que l’on attend de lui c’est la raison pour laquelle il est dit à propos de quelqu’un qui sauve un être humain c’est comme s’il avait sauvé un monde entier.

Pour en revenir aux deux dénombrements qui eurent lieu à peu de temps d’écart…. En fait, les deux opérations ne se sont pas faites exactement de la même façon, la première (mahatsit haShekel) étant faite par le don d’une pièce d’un demi shekel tandis que la deuxième se déroula de manière différente, où chaque mâle devait apporter la preuve de sa naissance au sein de telle famille elle-même rattachée à telle tribu.

Le premier dénombrement devait procurer l’argent nécessaire pour l’achat de bêtes qui devaient être offertes comme sacrifice du tsibbour dès le début de l’inauguration du mishkan, le demi-shekel représentant une sorte de “rachat”.

Rashi et le Shlah HaKadosh partagent tous deux le même point de vue utilisant des paraboles différentes mais dans un même esprit c’est-à-dire que de même qu’un berger compte ses agneaux à tout moment pour s’assurer de n’en pas avoir perdu un seul, ou bien encore comme un roi compte ses richesses à chaque instant ou comme un père compte ses enfants par amour, les dénombrements sont des preuves de l’amour qu’HaShem nous attribue…

D’après Abravanel, le premier recensement se fit avec le mahatsit hashekel car c’est avec ce métal fondu que furent coulés les montants du Tabernacle qui existaient donc après au moment du deuxième dénombrement.

Mais, pour Rashi, cet argument ne peut être pris en considération étant donné que la raison du mahatsith hashekel était de faire participer le peuple dans son entier à l’effort de la nation tout entière à l’offrande des sacrifices quotidiens au Temple.

Nahmanide souligne que le décompte de Bamidbar n’inclut pas les membres de la tribu de Lévy de plus, insiste-t-il ce recensement ne concerne que les mâles de 20 ans et plus (“bons pour le service”) alors que le dénombrement de ki tissa concernait les hommes à partir de l’âge de 13 ans car c’est à partir de l’âge de 13 ans qu’un garçon est redevable d’un sacrifice.

Selon le texte, le dénombrement devait se faire par famille d’après les tribus (d’après les maisons paternelles).

Nahmanide attire l’attention sur un fait surprenant : lorsque les membres de la tribu de Lévy furent comptés, il résulta qu’en comparaison des autres tribus, les léviim étaient bien moins nombreux.

Le Sage de Gérone attribue à ce fait une signification plus ou moins ésotérique : les hommes de la tribu de Lévy, en Egypte n’étaient pas affectés à de durs travaux comme ceux des autres tribus.

Les Égyptiens persécutaient les hommes de toutes les onze autres tribus de travaux durs et distribuaient des punitions et des coups pour “aider” à leur extermination cependant qu’HaKadosh Baroukh Hou les bénissait pour qu’ils puissent se reproduire à l’infini malgré tout c’est ainsi que le nombre des onze tribus était disproportionné par rapport aux descendants de Lévy !

Nahmanide remarque que, malgré la conduite des Bené Israël, la Torah énonce que les descendants de Jacob sont descendus au nombre de 70 âmes mais qu’en sortant ils étaient comme le “sable de la mer” !

Nahmanide souligne encore que, selon lui, lorsque la Torah nous donne le nombre d’hommes susceptibles d’être des combattants c’est pour montrer la force des Bené Israël car, il ne faut pas toujours espérer des miracles.

Cependant, à cette époque où Moïse avait constamment la possibilité de converser avec HaShem, il était clair qu’HaKadosh Baroukh Hou ne laisserait jamais Son peuple perdre devant l’adversaire : témoins tous les prodiges qu’opéra le Tout Puissant en faisant sortir Ses enfants d’Egypte et comment IL les aida à vaincre Amalek et tous les peuples qui voulurent asservir Israël…

Dans le houmash de Bamidbar il est question de cinq dénombrements différents, qui ont tous lieu au cours du deuxième mois de la deuxième année et, dont les caractéristiques suivent :
Dénombrement des tribus,
Dénombrement des étendards,
Dénombrement des membres de la tribu de Lévy, depuis l’âge d’un mois,
Dénombrement des premiers-nés,
Dénombrement des Lévy âgés de 30 ans à 50 ans…

Ainsi, dès le début du houmash bamidbar et jusqu’à la fin de ce tome, les recensements sont effectués en diverses occasions depuis la deuxième année de la sortie d’Egypte et jusqu’à la 40ème année, à la veille de l’entrée du peuple en Terre d’Israël.

En résumé, les nombres retransmis au début du Houmash et à la fin sont les mêmes. Les nombres (quantités) sont pratiquement les mêmes.

Cependant, on peut remarquer que certains nombres se terminent par des chiffres ronds (centaines) d’autres par des dizaines : 30 ou 50 par exemple et d’autres se terminent par des unités.

Tout ceci se passe comme si en ne donnant des chiffres se terminant par des centaines, la Torah ne désirait pas donner trop de détails et qu’elle arrondit les chiffres, un peu comme s’il n’y avait pas trop d’importance à attacher.

Ou bien, est-il possible que les choses se soient passées ainsi : des centaines ou des dizaines en chiffres ronds ? Et donc, en précisant le nombre d’unités (pour ce qui est des “premiers-nés”) ce chiffre aurait plus d’importance que tous les autres ?

Le “ROSH” écrit que c’est l’usage de la Torah d’arrondir les chiffres, en s’appuyant entre autres dans le fait qu’il est écrit par exemple dans la guemara (traité de makot) qu’entre pessah et shavouoth nous “devons compter 50 jours” alors qu’en réalité nous n’en décomptons que 49 !

Encore un autre exemple il est écrit que Jacob et sa famille était au nombre de 70 alors qu’en réalité ils n’étaient que 69…

Les Sages se sont trouvés confrontés à des questions émises par des personnes appartenant à des milieux différents et donc d’obédiences différentes qui auraient eu la propension de penser que si les chiffres étaient ainsi en centaines entières c’est qu’il devait être question de miracles.

La réponse des Talmidé Hakhamim est qu’il ne saurait y avoir de miracles de la sorte sans qu’il n’existe une raison majeure.

L’importance des chiffres se trouve dans la répartition entre les familles paternelles en ce qui concerne le partage des terres selon ces familles et même pour Tselofhad qui n’eut pas de fils mais des filles qui demandèrent à se partager l’héritage paternel.

La complexité est très grande si l’on vient à prendre en considération que les filles de Tselofhad n’ont pas été prises en compte puisque n’ont été dénombrés que les mâles et un autre point vient s’ajouter à notre perplexité si l’on vient à ajouter que, lorsque Datan et Aviram et toutes leurs familles ont été englouties……..

Sans doute là réside la raison pour laquelle les filles de Tselofhad sont rappelées avant le total effectué alors qu’en ce qui concerne Datan et Aviram sont rappelés après le dénombrement comme pour bien faire comprendre qu’ils n’ont pas de place ni de territoire à l’entrée en Terre d’Israël.

A plusieurs reprises le Rosh fait remarquer que dans la Torah est cité le nombre 40 alors qu’en pratique il ne s’agit que de 39, il s’agit en quelque sorte d’arrondir à l’unité, dizaine ou centaine supérieures alors que l’on sait pertinemment que si, par exemple la peine de flagellation est de 40 coups on n’en donne jamais que 39 par humanité car il est de notoriété qu’au 40ème coup l’homme perd sa dignité.

En conclusion les chiffres publiés ne sauraient compter comme données statistiques mais indicatifs.

Caroline Elishéva REBOUH

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