The flame burns at the tomb of the unknown soldier under the Arc de Triomphe in Paris on November 11, 2019 before the start of the commemorations marking the 101st anniversary of the 11 November 1918 armistice, ending World War I. (Photo by LUDOVIC MARIN / POOL / AFP)

La tombe du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe à Paris (illustration)Crédit : LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

11 Novembre: Les « poilus » juifs dans la Grande Guerre

Adaptation par Jforum mis à jour le 11.11.2020

Le 11 novembre 1918 à 11 heures 1918, les armes qui avaient plongé le monde dans l’horreur de la Grande Guerre pendant plus de 52 mois furent finalement déposées.

L’humanité pouvait respirer à nouveau. L’armistice marquait la fin de la guerre la plus destructrice jusqu’à ce moment là.

Le bilan des pertes humaines fut terrifiant: plus de neuf millions de soldats périrent sur le champ de bataille à cause d’opérations très meurtrières et l’utilisations d’armes modernes très destructrices.

Beaucoup d’autres ont été blessés et marqués à vie. Des millions de civils ont également péri.

Quel rôle ont tenu les poilus juifs dans la Grande Guerre?

Blessé plusieurs fois à Verdun, le soldat Jean-Louis (lire ci-dessous) est au milieu de ce groupe (le seul tête nue). « Nous manquons de photos de ces Poilus », regrettent les Amis de Rezé, qui font appel aux descendants de ces familles de soldats pour leur confier photos et documents.

Blessé plusieurs fois à Verdun, le soldat Jean-Louis (lire ci-dessous) est au milieu de ce groupe (le seul tête nue). « Nous manquons de photos de ces Poilus », regrettent les Amis de Rezé, qui font appel aux descendants de ces familles de soldats pour leur confier photos et documents. | DR

 

Quelques repères historiques

En 1914, la France compte 185 000 juifs (soit 0.5% de la population totale de 39 millions d’habitants).

Se sentant totalement intégrés à la République, et soucieux de récupérer les provinces perdues en 1870 (40 000 juifs vivaient en Alsace et en Moselle à ce moment là), les juifs vont massivement participer à l’effort de guerre.

Partisans de l’Union sacrée, 16 000 juifs français partiront sur le front (auxquels il faut ajouter 14 000 juifs venus d’Algérie sur un total de 65 000, et 8 000 juifs étrangers vivant en France sur un total de 30 000).
Au total, ce sont environ 38 000 juifs qui s’engageront dans l’armée française, dont 12 000 engagés volontaires.

Les actes héroïques ne manquent pas. Les juifs paient « l’impôt du sang ».

6 800 juifs de France mourront sur le front, soit 17% du nombre de juifs mobilisés (une proportion similaire à la moyenne nationale), dont 5 000 juifs français. 6 rabbins français seront tués, soit 13% du corps rabbinique.

Quelques juifs célèbres durant la Grande Guerre
 
Le Capitaine Alfred Dreyfus, porté volontaire à plus de 45 ans,  son fils, et les 3 fils de son frère ainé, Jacques Dreyfus : 2 d’entre eux seront tués, et le trioisième, l’un des aviateurs les plus décorés de la grande guerre, mourra à Auschwitz.

Marc Bloch, fusillé pour faits de résistance en 1944. René Cassin, gravement blessé sur le front.

Et bien sûr, Jacob Kaplan, le futur Grand Rabbin de France, symbole à lui-seul de cet engagement des juifs Français, et dont le Grand Rabbin de France Haim Korsia a consacré une très belle et très complète biographie en 2006.

Jacob Kaplan à 19 ans en 1914 et il est élève du Séminaire. Il fut combattant alors qu’il s’engageait sur la voie du rabbinat. Mobilisé le 20 décembre 1914, il déclara « Je ne veux pas être aumônier, mais combattre avec mes camarades ». Il fera toute la guerre dans le 411ème régiment d’infanterie.

Ses états de service durant les quatre ans de guerre seront remarquables. Il connaîtra les tranchées, les combats, les hivers froids, les bombardements, la bataille de Verdun pendant 16 mois.

Il sera blessé par un éclat d’obus dans les tranchées de Champagne en 1916 et retournera au combat juste après.

Cela lui vaudra d’être décoré de la Croix de guerre et de figurer dans le « Livre des défenseurs de Verdun ». Il retournera au Séminaire juste après la guerre en 1919.

Et parmi ces rabbins engagés sur le front, comment ne pas évoquer la mort au champ de bataille du rabbin Abraham Bloch le 29 août 1914 en tendant un crucifix à un soldat chrétien agonisant, devenant l’image mythique du patriotisme juif dans la France républicaine.

En mai 1916, le Président de la République, Raymond Poincaré, participera à l’office célébré dans la Grande synagogue de la Victoire à Paris, à la mémoire des combattants juifs morts au champ d’honneur.

Il faut aussi souligner que les combattants juifs seront soutenus à l’arrière par un travail sans relâche de la communauté, en particulier les deux seules institutions juives de l’époque, le Consistoire Israélite et l’Alliance Israélite Universelle.

En août 1914, le Consistoire organise l’aumônerie militaire. En 1915, il publie la « Tefila du soldat » qui sera distribuée sur le front.

Les juifs pendant la grande guerre

Les sermons rabbiniques associent l’idéal religieux et l’idéal républicain, l’histoire du peuple juif et l’histoire de la nation.

Et notons également que jamais, dans l’histoire du judaïsme français, la femme n’aura été autant mise en valeur, avec un rôle clé d’organisation et de motivation.

Mais le grand paradoxe de cet engagement sans précédent pour la nation, c’est qu’il n’effacera pas, loin s’en faut, l’antisémitisme présent de longue date.

En France, malgré la réhabilitation d’Alfred Dreyfus en 1906, l’antisémitisme n’a pas disparu au sein de l’armée, ni dans la société. Il se renforce même à nouveau à partir de 1917.

En Allemagne, l’antisémitisme ne cessera d’augmenter tout au long de la guerre, sur fond de détérioration de la situation économique et d’une victoire qui ne vient pas. On cherche le coupable. Et une fois, de plus on le trouve dans le juif.

Adaptation par Jforum

croixpourunrabin1914

Une stèle honore ce geste extrême de fraternité, à 6 kilomètres de Saint-Dié dans les Vosges: «Ici, le 29 août 1914, le grand rabbin Abraham Bloch, aumônier aux armées françaises, a été tué, après avoir porté la croix du Christ, à un soldat catholique mourant. Inauguré le 2 septembre 1934 par M. G. Rivollet, ministre des pensions.»

Une base de données enrichie recense les Poilus de Châteauroux morts pour la France

Par France Bleu Berry Châteauroux

Tombes de poilus sur l'ancien champs de bataille de la Première Guerre Mondiale à Douaumont (Meuse), le 15 juin 2020.

Tombes de poilus sur l’ancien champs de bataille de la Première Guerre Mondiale à Douaumont (Meuse), le 15 juin 2020. © Radio France – Thierry Colin

Châteauroux Métropole met en ligne pour ce 11 novembre 2020, un site internet répertoriant les Poilus de la ville morts pour la France. Cette base de données a été enrichie de nombreuses informations grâce à cinq années de travail.

C’est un peu comme un portrait qui se dessine en quelques clics. Au-delà du nom et de la date de naissance des soldats castelroussins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale, la nouvelle base de données mise en ligne pour ce 11 novembre sur le site de Châteauroux Métropole, recense des informations variées sur le métier du soldat, sa famille, comment et où est-il mort. « L’intérêt du projet, c’est de créer une base d’informations qui permette d’avoir beaucoup d’informations sur ces soldats, de les sortir de l’anonymat et de comprendre qui ils étaient, d’où ils venaient », précise Jean-Louis Cires, responsable des archives de Châteauroux.

Cinq ans de travail

La base de données « Les poilus de Châteauroux morts pour la France » répertorie 1 186 soldats et « plus de 100 000 données », indique Jean-Louis Cires. Pour mener ce minutieux travail de fourmi, il a fallu recouper de nombreux renseignements, « aller chercher différents documents historiques comme le journal des unités de marche », relate l’historienne Sylvie Beuzard, coordonnatrice du projet. « On peut ainsi avoir des renseignements très précis », assure-t-elle.

Des découvertes touchantes ou surprenantes

Au cours de leur long travail, les petites mains du projet ont fait quelques découvertes, comme l’histoire du premier soldat mort pour la France du département de l’Indre. « Il est mort le lendemain de la déclaration de guerre, relate Christian Pineau, le président de l’association généalogique du Bas Berry. Il surveillait l’entrée d’un endroit et il a été écrasé par un chariot ».

Cette histoire est à retrouver au sein de la base d’information désormais accessible en ligne. On peut aussi y parcourir une lettre poignante relatant les circonstances du décès d’un soldat, le genre d’archives qui restent parfois dans les familles sans pouvoir être consultées du plus grand nombre. La base de donnée « Les poilus de Châteauroux morts pour la France » pourra d’ailleurs encore être enrichie. Les archives de Châteauroux appellent les Indrais à leur faire parvenir des photos ou autres documents qui pourront être ajoutées à la fiche des soldats en question.

https://www.francebleu.fr/infos/culture-loisirs/une-base-de-donnee-enrichie-recense-les-poilus-de-chateauroux-morts-pour-la-france-1604936399

7 Commentaires

  1. Ma grand mère a perdu son fiancé durant cette guerre.
    C’est triste de le dire, mais je ne serais peut être pas là sans ce drame qu’elle a vécu..
    Mais certainement sous une autre identité…

  2. In memoriam: Je voudrais rappeler la mémoire d’un cousin de mon Père: Alfred NAOUN. né à Bougie le 12 Mai 1899, fils de Judas NAOUN et de Sultana COHEN. Il fut un véritable héros de la Grande Guerre. En effet, son Livret militaire nous décrit un jeune homme engagé volontaire pour la durée de la guerre le 20 mars 1917 dans un régiment de Marche des Zouaves (comme de nombreux juifs d’Algérie). Il avait moins de 18 ans. Nommé caporal le 9 Juin 1918, il fut cité à l’ordre du régiment à deux reprises pour actes de bravoure. Il fut tué à l’ennemi le 8 Juillet 1918, quelques mois avant la fin de la guerre, au combat de La Haubette (près de Reims). « Mort pour la France », il est titulaire de la Croix de guerre 3 étoiles.
    Dans le recensement des Juifs en 1940 mon Père cita son nom pour répondre à la question « avez vous des parents qui ont servi la France »

  3. Mon pere Allouche Hannoun est revenu de la guerre 14/18 blesse quand il est parti a la guerre ma mère était en ceinte et a son retour il retrouve son premier enfant Raymond
    Nous habitions une petite ville en Algérie Bordj Bou Arrerridj puis une longue histoire avec 7 enfants
    toujours dans la pratique du JUDAISME .photos et décorations

  4. en reponse a Ilan,
    ce soldat a bien existe, l’histoire est vraie.
    Ce soldat etait mon grand pere ,heros de guerre , Issac Tibika, venu d’Algerie et combattant dans l’unite des zouaves.
    Au court d’une attaque dans les tranchees, a Verdun,
    alors qu’il allait enfourcher de sa baionette un soldat allemand, celui ci se mit a reciter le Shema Israel.
    .Ils tomberent dans les bras l’un de l’autre.

  5. Quelqu’un m’a raconté l’histoire vraie d’un soldat français juif qui, après avoir mortellement blessé un soldat allemand avec sa baïonette, a entendu ce dernier énoncer « shema Israel… ».
    Ca donne des frissons.

  6. Pétain le  » héros  » de 14/18 pensait il déja qu’il allait distribuer 22ans aprés des  » étoiles jaunes  » aux combattants Juifs en guise de récompense pour les envoyer à la mort ?

    Monsieur Macron qui sont les véritables héros ?

  7. Mon grand-père maternel, Henri Minès, Juif de Russie, né à Bialystok en 1884, arrivé en France avec ses parents en 1888, s’était engagé en 1914. Blessé à la baïonnette dans les tranchées de Lorraine, il fut décoré de la médaille de la guerre. Son frère Albert, lui aussi engagé, eut moins de chance puisqu’il fut tué en Lorraine en 1917

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