Vaye’hi: “Yaakov, les années de sa vie furent de 147 ans”

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“Yaakov vécut en Egypte 17 ans. Les jours de Yaakov, années de sa vie furent de 147 ans” (traduction littérale).
Cette étude est dédiée à la Mémoire du Rav Hai Désiré ELBEZE Z’l, guide spirituel de la communauté juive d’Aix-en-Provence.
Quel message la Torah nous transmet-elle personnellement ?

Lorsqu’un juif se retrouve en terre d’exil, il se retrouve en “Egypte” – Mitsrayim, dont le nom est relié à metser, la limite.
Cela signifie que l’homme peut avoir des aspirations, des projets, des rêves à concrétiser, mais il existe un décalage entre sa propre réalité intérieure et la réalité extérieure.
Bien au contraire, sa réalité externe est marquée par la frustration, l’échec, le blocage, à D. ne plaise. Cela signifie que l’homme se trouve alors dans une phase de limitation, qui l’empêche de se réaliser : il est alors en Egypte.
La Torah nous révèle simplement en quelques mots comment sortir de cette prison : Yaakov vécut en Egypte 17 ans …
Ce verset signifie que l’homme juif, au sein de la terre d’Egypte, doit trouver le bien, tov, de valeur numérique égale à 17.
Autrement dit, découvrir le bien dans chaque situation, y compris quand celle-ci relève de “l’Egypte” oppressante et limitée …
Plus encore, le juif digne du nom de Yaakov, découvre que tout son passage en Egypte dure précisément 17 ans, c’est à dire que toute la période qu’il vit, remplie de difficultés, est en fait toute entière bonne, tov, 17 …
Même si les jours de Yaakov sont souvent marqués par des épreuves (vayehi yémé yaakov dans lequel vayehi dénote une situation de détresse), cependant, les années de sa vie sont de 147 ans…
La Torah fait ici allusion à ce qui permit à Israël de tenir en exil : le 7, le 40 et le 100 …
Le sept fait allusion à la prière, comme l’indique un verset du Psaume 119 : “A sept reprises, je Te loue pour Tes justes arrêts”.
Ceci constitue une allusion aux 7 prières quotidiennes d’un fidèle juif. En effet, la prière du matin et celle de l’après-midi sont suivies de leur répétition par l’officiant (donc 4 prières).
Puis vient la prière du soir, sans répétition, puis les deux prières spéciales de minuit, ‘hatsot : le Tikoun Ra’hel et le Tikoun Léa, en tout 7 prières.
Le 40 fait allusion à la Torah : Moché rabénou alav hachalom est monté sur le Sinaï, pendant 40 jours, pour apprendre la Torah, auprès du Créateur du monde.
Enfin, 100 fait allusion à la foi émouna, sans laquelle tout est déficient, et aux 100 bénédictions quotidiennes.
Prière, Torah, Foi et Bénédictions : c’est là notre force, héritée de nos saints ancêtres, de mémoire bénie, le meilleur rempart contre les tempêtes de l’histoire …

Shmouel DARMON
Vaye’hi: qui sont les chefs des 12 Tribus ?

Selon les représentations des douze tribus, on y voit parfois Yossef parfois pas on y voit Ephraim et Menassé et parfois pas. Alors, qui sont les douze chefs de Tribus ?
Jacob a eu douze fils et une fille.

Avec Léa il a eu 6 enfants : Réouven, Shimon, Lévy et Yéhouda, puis intervint une période de stérilité où Jacob eut deux fils avec sa concubine Zilpah Gad et Asher, puis il eut encore deux fils et une fille avec Léa : Issachar et Zabulon et Dina. Lorsque Rahel s’avéra stérile, elle donna à Jacob comme concubine sa servante Bilhah qui lui enfanta Dan et Naftaly.

Puis Jacob eut de sa femme bien-aimée Rahel Joseph et Benjamin.

Or dans la sidra de Vayéhi Jacob bénit aussi ses deux petits-fils, fils de Joseph, Ephraïm et Menassé. Nous arrivons donc à 14 tribus……….

Mais, dès les prémices de la constitution de la famille de Jacob, le patriarche décida que la tribu de Lévi serait LA TRIBU SACERDOTALE et, en tant que telle cette tribu ne recevrait ni lot de terrains ni de parnassa étant donné que les LEVIIM devraient se concentrer uniquement sur le culte et toutes les tâches et obligations que comporteraient la charge de Cohen ou de Lévy.

Donc en enlevant Lévy nous retombons au nombre de 13 tribus.
Pour arriver à retomber sur le chiffre 12 il faut ôter du décompte une autre tribu : celle de Joseph. Pour quelle raison ? Joseph ayant eu deux fils il apparut dès lors que la tribu de Joseph soit partagée en deux demi-tribus.
Jacob avait reçu par deux fois une bénédiction divine qui semblait se répéter : en effet, au chapitre XXXV verset 11 D promit à Jacob qu’un peuple et une assemblée de peuples sortiront de lui.

Les commentateurs expliquent qu’en réalité chaque tribu formera par elle-même un peuple mais, à l’époque de la promesse, Benjamin n’était pas encore né et il faudrait comprendre que de Benjamin viendrait le peuple, les autres enfants étant déjà nés et en âge adulte quant à l’assemblée de peuples, cela viendrait par la suite et donc des deux fils nés à Joseph de son union avec Osnath (fille issue de l’union du prince de Shekhem et de Dina conçue lors du viol) c’est-à-dire Ephraïm et Menashé. Ephraïm avait, dès l’arrivée de Jacob à Goshen d’aller étudier la Torah avec son grand père alors que Menashé aidait Joseph dans son travail à la cour de Pharaon.

Lors de la bénédiction donnée à ses enfants Jacob eut une espèce de vision et ce qu’il vit l’attrista : car d’Ephraïm et Menashé ne sortiraient pas des descendants vertueux : leurs descendants amenèrent la décadence qui suivit le royaume d’Israël par l’infidélité à la tradition d’Israël et en même temps à la duplicité en effet d’Ephraïm descendit Jéroboam et Achab alors que du côté de Menashé naquit Jéhu et ses fils et compagnons………….

De même, ces deux tribus d’Ephraïm et Menashé ne devaient pas se partager l’honneur de porter la dépouille de leur grand-père car Jacob avait demandé qu’aucun Égyptien ne le porte et les autres petits-fils étaient issus de Cananéennes…………

Les commentateurs nous expliquent un autre prodige sur la mort de Jacob : précédemment, la maladie n’existait pas. Lorsque l’homme devait mourir, il éternuait et il mourait jusqu’à ce que Jacob ait adressé une supplique au Créateur : il Lui demanda de ne pas le faire mourir subitement sans qu’il n’ait le temps de bénir ses enfants.

Au moment d’entrer en “Terre Sainte”, Ephraïm et Menashé ont demandé à Josué un plus grand terrain que celui qui aurait dû être attribué à Joseph à cause de leur grand nombre et Josué leur octroya des terrains en deçà du Jourdain.

Un autre enseignement que nous retirons de cette péricope est ce verset que nous récitons après avoir récité la lecture du Shemâ avant de s’endormir et aussi lors de la tefilathhadérekh (prière du voyage) : “HaMakle’akhhagoëlotimikol râ yevarekhethhanéârimveyikarébahemshemiveshemavotay Avraham veYItshakveyidegoularovbekerev haaretz :
המלאך הגואל אותי מכל רע יברך את-הנערים ויקרא בהם שמי ושם אבותי אברהם ויצחק וידגו לרוב בקרב הארץ.

“Que l’ange qui m’a délivré bénisse les enfants et que mon nom soit nommé en eux et le nom de mes pères Avraham et Isaac et qu’ils se multiplient à l’infini au sein du pays”……
Ce verset, illustre par le mot se multiplier (וידגו de la racine dag = poisson) le fait que la mitsva de croître et se multiplier doit se faire dans la pudeur et dans l’obscurité comme le font les poissons dans la mer sans qu’aucun œil humain ne puisse les surprendre).

Caroline Elishéva REBOUH

 

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