USA-Israël: lune de miel fragile ou durable? Par Daniel Pipes

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Le président Trump a pris deux décisions sans précédent et des plus favorables à Israël, à savoir la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne et l’arrêt du financement de l’Office de secours et de travaux des Nations unies (UNRWA), une organisation vouée foncièrement à l’élimination de l’État juif.

Ces décisions attendues depuis longtemps mettent fin à un blocage vieux de près de 70 ans et offrent de nouvelles opportunités pour la résolution du conflit israélo-palestinien. Bravo à Donald Trump qui a décidé de braver les flèches et autres quolibets de la pensée conventionnelle pour prendre des mesures courageuses et s’y tenir.

Ceci dit, il y a un problème. Les deux mesures ont été prises pour ce qui s’avère être de mauvaises raisons. Cette préoccupation, qui ne relève pas de l’abstraction, implique que ce qui est célébré aujourd’hui comme une fête pourrait demain virer au fiasco.

Premier problème pour Israël : Trump a dit qu’il reconnaissait Jérusalem comme capitale d’Israël afin de régler la question de Jérusalem, une question sur laquelle il convient d’écouter son raisonnement : « Le sujet le plus difficile sur lequel devaient discuter les négociateurs israéliens et palestiniens était Jérusalem. On a sorti Jérusalem des négociations, on n’a donc plus eu à en discuter. Ils n’ont jamais passé le cap de Jérusalem. »

On dirait que Trump pense que la reconnaissance a suffi à résoudre le dossier épineux de Jérusalem, comme s’il s’agissait d’une transaction immobilière passée à New York et assortie d’un accord connexe sur les réglementations de zonage et la représentation syndicale.

Mais la réalité est bien différente. Loin d’être « sorti des négociations », Jérusalem est devenu, par l’action de Trump, un point d’attention et de controverse sans précédent.

Ainsi les membres de l’Organisation de la Coopération islamique ont dans leur immense majorité condamné sa décision tout comme les membres du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale des Nations unies. En outre la reconnaissance de Jérusalem a provoqué la multiplication par trois des actes de violence palestiniens dirigés contre des Israéliens. Par son action, Trump a donc fait de Jérusalem un enjeu autrement plus disputé qu’auparavant.

Comment Trump va-t-il réagir quand il réalisera que Jérusalem demeure en fin de compte un sujet très sensible et que son coup d’éclat a l’effet contraire à celui qu’il escomptait ?

À mon avis, cela pourrait engendrer chez lui une frustration et une colère qui pourraient le rendre amer par rapport à la reconnaissance de Jérusalem et à Israël. Cela pourrait même inciter cette personne au caractère spontané et imprévisible à revenir sur sa décision.

Deuxième problème : Trump tente d’exiger d’Israël un prix non spécifié pour la reconnaissance, déclarant qu’Israël « payera pour ça » et « aurait dû payer davantage. » Pour le moment, ce paiement reste en suspens étant donné que l’Autorité palestinienne boycotte la médiation américaine et insulte Trump personnellement.

Mais les États-Unis laissent la porte constamment ouverte aux Palestiniens et quand ces derniers auront compris la situation, la Maison Blanche les accueillera avec de magnifiques cadeaux (cette dynamique consistant à exiger des compensations de la part d’Israël explique pourquoi je préfère d’une manière générale un climat de faible tension entre Washington et Jérusalem).

Troisième problème : si Trump a privé l’UNRWA de 65 millions de dollars sur une tranche programmée de 125 millions de dollars, ce n’est pas dans le but de punir une organisation exécrable pour son action menée depuis 1949 auprès des Palestiniens, à savoir l’incitation à la haine contre Israël et à la violence contre les juifs, les affaires de corruption et l’augmentation (plutôt que la diminution) de la population de réfugiés.

Non, s’il a retenu tout cet argent c’est pour faire pression sur l’Autorité palestinienne et l’inciter à reprendre les négociations avec Israël. Comme Trump lui-même l’a tweeté : « si les Palestiniens ne veulent plus parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser à l’avenir des sommes importantes ? »

Ainsi une fois que le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, aura surmonté son indécrottable frustration à propos de Jérusalem et aura accepté de « parler paix », c’est une pléthore d’avantages qui l’attend : la possible annulation de la reconnaissance de Jérusalem, plusieurs récompenses fabuleuses et la reprise intégrale voire l’augmentation des financements américains.

À ce moment-là, le pape, la chancelière, le prince héritier et le New York Times féliciteront un Trump éclatant et Israël se verra privé de toute faveur.

Abbas a d’ores et déjà mis un bémol à ses envolées qui ne servent de toute façon qu’à son public pour montrer à un corps politique palestinien radicalisé qu’il est tout aussi dur, malfaisant et trompeur que ses rivaux du Hamas.

Bien entendu, il sait bien que les États-Unis d’Amérique sont la seule et unique puissance qui puisse faire pression sur Israël et forcer celui-ci à faire des concessions. Ainsi après un délai raisonnable, Abbas va immanquablement formuler des excuses du bout des lèvres, couvrir Trump d’éloges, relancer la horde des agents palestiniens, « parler paix » avec Israël et louvoyer pour obtenir les bonnes grâces de l’administration américaine.

Quand cela se produira, la lune de miel que traversent actuellement les États-Unis et Israël va certainement sombrer pour faire place aux chamailleries habituelles où d’une part, Washington exigera des Israéliens qu’ils « saisissent les opportunités en faveur de la paix » et « fassent des concessions douloureuses », et d’autre part les Israéliens résisteront à ces pressions.

Par le passé, je me suis trompé plus d’une fois à propos de Trump. Espérons que je fasse erreur une fois encore.

Daniel Pipes

Source: fr.danielpipes.org

3 COMMENTS

  1. Attendons le fameux plan de paix …. qui continue à parler de 2 ETATS ce qui n’est pas possible !! Au pire il y a une région autonome de “palestiniens arabes” (Jordaniens) en secteur A , B , une sorte de résidents permanents, mais jamais un ETAT dans l’ETAT d’ISRAEL qui serait complètement illégal !!
    Et tant que les dirigeants d’ISRAEL n’ont pas intégré cet état de fait , qu’ils ne prendront pas au sérieux la Charte de l’ONU chap. 12 art. 80 , ils risquent fort de se faire berner !!!

  2. Cette analyse se fonde sur le fait que les palestiniens changeront d attitude et se comporteront de façon pragmatique .
    Je n y crois pas un seul instant .Les palestiniens sont ,de mon point de vue,incapables de dépasser leurs rancœurs concernant Trump et ils préféreront attendre un changement de présidence aux États Unis .
    L avenir nous le dira

  3. Communiqué: FREE ISRAEL
    There is no peace on the count of Israeli Judaea and Samaria lands; they belong forever to Israel Jewish Nation as the very Jerusalem itself.
    This is a farce, a peace with an invented, created, funded, trained, and armed people coming from Arab Nations by Western with the unique goal to replace and to destroy Israel Jewish Nation.
    There is nothing to negotiate today neither tomorrow.
    OBAMA vs. TRUMP is “bonnet blanc and blanc bonnet”, the style is different and the approach is better in order to embroil the minds, but the aim remains the same to weak Jewish Israel Nation for destruction facilities.
    He pretends to be your best friend to be closer in order to make you fall.
    Take your embassy and your ambassador as well and go home.
    Trump or whatever is not a friend of Israel, he will never be.
    Israel rule: Esau hatred Jacob.
    Anyone that says that Israel has to yield and to cede Jewish lands is obviously an enemy of Jewish Nation.
    At contrary, the Western has to return to the Jewish Nation Israel all the stolen Jewish territories from Suez Channel until Ephrata in conformity with the Holy Bible.
    The ultimo goal of the world is to put each Jewish alive or dead over the planet into a German crematory oven.
    Israeli leaders are not empowered to cede any land of Israel.
    All agreements performed against Eretz Israel by Israeli leaders are NULL.
    Israel belongs to the God of Israel.
    Most of the world leaders are corrupted, decadent, and debauched, and belong to degenerated blood line.
    Juden, do not be afraid of anyone!
    Roman rule: Cathargo delenda est.
    Free Israel from Western and Arab occupation and colonization funded by Romain
    Israel King David Spokesman.

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