Trump révèle t-il des secrets d’Israël aux Russes?©

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Selon Danny Yatom, ancien chef du Mossad : la confidence présumée de Trump à la Russie pourrait constituer une « Grave violation » de tout accord de coopération en vigueur.

Danny Yatom, l’ancien Directeur de l’agence des renseignements extérieurs d’Israël met en garde contre l’impact  de révélations d’informations classifiées, après des reportages affirmant que Trump aurait partagé certains renseignements avec la Russie.

 

Si le reportage du Washington Post de lundi soir, présumant que le Président américain Donald Trump aurait récemment révélé des informations classifiées à la Russie est vrai, cela constituerait une « grave violation » des protocoles de partage des renseignements et cela « pourrait déboucher sur une mise en danger de la source », a déclaré au Jérusalem Post l’ancien Directeur du Mossad Danny Yatom, ce mardi.

Or, selon des responsables américains qui sont familiers du dossier, et se sont confiés au New York Times et à NBC News, mardi soir, ces renseignements ont bien été transmis aux Américains par les services spéciaux d’Israël, qui plus est, ils avaient bien spécifié qu’en aucun cas, cela ne devait être communiqué à un tiers et surtout pas à la Russie, qui trafique jour et nuit avec l’Iran et, à un degré moindre avec Assad. D’autre part, au moment de commettre son impair, selon les responsables américains, Trump n’aurait pas été pleinement conscient du fait que la source provenait, effectivement, d’Israël. C’est une précaution pour attester qu’il n’avait pas les connaissances suffisantes pour trahir la source réelle de l’opération… Ce renseignement était si sensible qu’il était même inconcevable de le partager avec tout autre allié que les Etats-Unis d’Amérique. A fortiori à un intermédiaire russe…

Le reportage du Washington Post affirmait déjà que Trump a partagé des informations classifiées mercredi dernier, avec la Russie, concernant un attentat terroriste planifié de Daesh. L’information avait, dit l’article, été transmis par « un allié proche des Etats-Unis qui a des accès internes directs aux rouages et au cœur de l’Etat Islamique », faisant ainsi quelques allusions au fait que ce serait un allié du Moyen-Orient, mais qu’en tout état de cause, celui-ci n’aurait pas donné son autorisation aux Américains de révéler ses découvertes.

Selon Buzzfeed, interviewant deux responsables israéliens des renseignements (anonymes), cet épisode « a confirmé nos pires craintes ».  Selon un second officier de renseignements, les milieux autorisés sont en train de bouillir et d’exiger des explications pour savoir si, réellement, l’armée israélienne doit continuer à partager le moindre tuyau avec les Américains. Contrairement à bien d’autres pays, en effet, Israël est l’un des rares à continuer d’investir massivement dans le HUMINT, à savoir le renseignement obtenu par des agents de terrain et non des moyens électroniques quasi-exclusifs. 

Mais, ajoutent ces sources, parmi les professionnels israéliens du renseignement, il y a déjà eu des mises en garde incitant à stopper peu ou prou cette coopération sur des sujets ultra-sensibles, alors que l’échelon politique en Israël a insisté pour le poursuivre, en suggérant, éventuellement, d’utiliser les gaffes de Trump comme un levier, contre compensations : Netanyahu, entre autres, verrait ce type d’incidents comme une façon de faire comprendre à son homologue : « Tu nous as mis dans le pétrin, maintenant, il faut que tu fasses ceci ou cela pour qu’on en sorte« .

Pour les correspondants américains de BuzzFeed, cette fuite est moins importante, en soi, que le fait que Trump s’avère prêt à tout pour « normaliser » sa relation avec les Russes, au point de coordonner jusqu’à la protection et la surveillance du territoire (intérieur), et d’en modifier la défense, de concert avec ses homologues russes…

 

Un peu plus loin, le reportage du New York Post déclare que Trump a révélé à la Russie la ville d’où ces renseignements auraient été recueillis et une grande quantité de détails sur ce que les Etats-Unis savaient de cet attentat planifié de Daesh.

Les responsables de l’Administration Trump n’ont pas démenti spécifiquement que le Président ait pu discuter de ces informations quant à une conspiration terroriste de Daesh, qui consistait à faire usage d’une bombe glissée à l’intérieur d’un ordinateur dans un avion de transport, mais ils ont démenti qu’il ait révélé quelque moyen que ce soit ou quelque source que ce soit ayant agi dans le recueil de renseignements.

Yatom a attesté ne pas savoir si ces rapports parlant de fuites d’informations donnée par des alliés sont vrais ou pas, « et je ne sais pas d’où cette info serait partie, je ne sais pas non plus s’il s’agit d’un attentat découvert par Israël », « Mais si qui que ce soit a donné aux Etats-Unis des renseignements ultra-sensibles…  il est totalement prohibé de partager ce genre d’information avec une tierce-partie – et certainement pas avec la Russie, qui a des relations approfondies avec l’Iran et la Syrie ». L’ancien directeur du Mossad a ajouté que, « Si l’information est sensible, cela peut porter préjudice à la sécurité de la source de ces renseignements ou déboucher sur d’autres dommages causés« .

 

Concernant les déclarations de l’Administration Trump faites pour rassurer et démentir ce partage de toute information sur les méthodes de recueil et les sources de ces renseignements, il dit que :  » parfois les dégâts sont provoqués à partir du contenu de ces révélations, même si on n’évoque même pas les méthodes de recueil ou les sources ».

« Le fait que vous disposiez de renseignements sensibles de très haute qualité peut conduire à la mise en évidence et à la révélation de la source. Il y a très peu de gens au sein de Daesh qui peuvent connaître cette information. Dès que c’est connu et publié, Daesh peut mener une enquête interne et retrouver la source », selon Yatom, en ajoutant : « Ou la Russie peut découvrir cette source ». Un tel événement peut aider la Russie à empêcher la source de livrer toute autre information sur de potentielles opérations menées par la Russie et la Syrie.

Cela devrait inquiéter tous les alliés des Etats-Unis, à commencer par Israël, à propos du moindre partage de renseignements avec l’ensemble de l’Administration Trump.

Un autre scénario potentiellement très dommageable concernant ce dévoilement inconsidéré de Trump pourrait permettre à Daesh d’ajuster son approche des projets d’attaque à la bombe installée dans des ordinateurs qui, jusqu’à présent laissait une certaine probabilité d’être découverte et déjouée.

Une composante de ce récit que la Maison Blanche n’a pas démentie, c’est que les membres de son équipe ont immédiatement alerté les agences de renseignements américaines, à l’instant de ces révélations, ce qui semble indiquer que Trump n’a pas tiré au clair avec eux le sens de cette révélation ni convenu avec eux des limites de ce qu’il pouvait ou non révéler.

Yatom affirme que les dirigeants nationaux, comme le Président américain ou le Premier Ministre israélien participent traditionnellement à un briefing avec leurs chefs des renseignements ou leurs agents de liaison militaire autour de ce qui peut et ce qu’on ne doit pas révéler avant une réunion avec un responsable étranger.

« S’il y a un débat, une controverse et que le dirigeant veut dire quelque chose contre quoi le chef des renseignements est opposé à toute discussion à ce sujet, alors il doit y avoir une discussion afin d’entendre les réserves du chef des renseignements – même si le dirigeant décide, au bout du compte, d’en parler », selon Yatom.

Yatom poursuit : « Il semble que cette discussion n’ait pas eu lieu. De ce que j’en ai lu, il est allé bien au-delà des limites admises avec la CIA sur ce qu’il n’était pas supposé déclarer et il est carrément allé au-delà de ce qu’ils l’avaient bien informé de ne surtout pas dire ».

Alors qu’il pense que Trump, probablement, n’a tout simplement pas du tout compris les implications de ce qu’il était en train de révéler, il remarque que le FBI poursuit encore une enquête sur les relations de Trump et de ses associés avec la Russie. .

Tout le monde n’est pas d’accord avec le point de vue de Yatom.

De nombreux anciens responsables, dont l’ancien adjoint au Chef des renseignements de Tsahal et expert auprès de l’INSS, le Général de Brigade (réserviste) Meir Elran, a déclaré que cette histoire n’était pas très « significative » pour Israël, « à moins que l’information n’ait été transmise par Israël et il n’y a pas d’indication que ce soit le cas » [ça l’est devenu par la suite].

De plus, il a ajouté que le partage de renseignements était trop important tant pour les Etats-Unis que pour Israël « même s’il a des bavures » (des pépins techniques), dès que Trump ou d’autres aux Etats-Unis rompent certaines des règles non-écrites du jeu.

Elran affirme pour sa part que les renseignements israéliens « prennent toujours en compte le fait que cela puisse arriver », mais au bout du compte, « les atouts du renseignement sont des atouts nationaux » et il ne leur appartient pas de décider la façon dont l’échelon politique, quel qu’il soit, utilisera cette information.

Pour lui, les gardiens du Temple des services de renseignements « ne sont pas les seuls à disposer d’une autorité ».

« Même si les professionnels des renseignements n’aiment pas ça », l’échelon politique partage les renseignements. « C’est trop moche, dit-il, en ajoutant qu’ils ont besoin d’expliquer à quel point cette information est sensible, mais qu’au bout du compte l’échelon politique conserve le dernier mot ».

NDLR : moins que la mise en danger de ressources humaines, Debkafile, dans un point qui sera précisé ultérieurement, souligne que Trump a révélé aux Russes l’existence d’une technologique secrète permettant de retracer les moindres communications de l’ennemi, de surveiller les opérations militaires les plus clandestines et secrètes. Les Russes ne connaissaient pas l’existence d’un dispositif aussi avancé et vont donc toutfaire pour en déjouer ou minimiser l’efficacité.

Par YONAH JEREMY BOB
16 MAI 2017 14:01
 
jpost.com
Adaptation : Marc Brzustowski

15 COMMENTS

    • Paul, vous comprenez très mal le propos et votre propre acharnement n’est pas moindre en matière de sécurité de la personne-ressource et d’intérêts des Etats (nos propres priorités) : Israël n’a pas à sacrifier un de ses meilleurs éléments sur l’autel des amitiés douteuses entre Poutine et Trump qui, manifestement, n’aurait pas su tenir sa langue. L’idolâtrie suiviste envers un Empereur est ici sans le moindre intérêt. Ce que l’on sait, est que le chef des renseignements militaires est à Washington et tout ce qu’on espère est que Trump n’est pas allé trop loin dans des « révélations » fracassantes qu’il reconnaît lui-même dans ses tweets que je ne qualifierai pas ici : il revendique, en tant que Président le droit de dire ce qu’il veut, dans le but de pousser les Russes à intensifier leur action (sic).. Si vous ne croyez pas ce que l’on vous décrit, dans vos moments d’adulation inconditionnelle, ayez au moins la délicatesse de croire ce que dit votre vedette américaine.
      On a suivi et appuyé l’action de Trump auprès des Kurdes notamment. Il n’est pas question de lui passer ses caprices sur le dos d’agents israéliens risquant leur peau. Il n’y a pas, de notre part cet « acharnement » dont vous voudriez nous accuser, qui relèverait globalement, de la médisance. Ce n’est pas la Pravda, un point c’est tout. Nos sources sont issues de la presse israélienne, dont 1ère chaîne israélienne et nous retranscrivons le souci d’un peuple si ce n’est pas le vôtre.

      Le point de vue actuel des Israéliens sur sa succession de prestations houleuses, ses promesses non tenues, commence à fléchir et il y a de bonnes raisons à cela. La suite de sa visite, où plusieurs impairs sont commis, contre le Kotel, « territoire palestinien » et ce genre de salades, nous en dira plus sur sa capacité à comprendre le Moyen-Orient et Israël. Comment peut-on distribuer des « Bravo » à un commentaire favorable à un Président, alors que la vie d’un homme est en jeu?, expliquez.

  1. Si c’est Washington Post la source, et ils PRESUME que Trump a fait quelque chose, on peut être sûr qu’il l’a pas fait.

  2. Que dire de la dictature médiatique que la France à subi durant la campagne présidentiel?
    un bon journaliste est un journaliste mort qu’ils osent dirent.

  3. Acharnement mediatique contre Trump, tentative de le déstabiliser, et ça tourne en boucle sur toutes les chaines de tele, radios, journaux. Espérons qu’il tienne bon car ce sont encore et toujours de la diffamation

    • Ce qui nous préoccupe ici, ce n’est pas l’avenir politique de Trump, mais identifier si oui ou non et quand une telle bavure a pu se faire. L’idéal étant de savoir s’il existe un protocole d’exfiltration pour le messager. Cessons de nous préoccuper d’abord des fesses des milliardaires flambeurs qui se vantent d’avoir des renseignements auprès de leurs petits potes du Kremlin, et préoccupons-nous d’abord des « lampistes » qui risquent leur vie.
      L’éthique de Tsahal est de ne jamais abandonner un homme sur le terrain. Imaginez le bourbier dans lequel cette grande gueule met Israël.

  4. Je garde confiance en TRUMP, ce n’est pas un dictateur dans une dictature, il brise la diplomatie qui relève de la poufiasserie, on ne peut pas lui reprocher de lancer les projets dans les bonnes directions et de tenter de remettre à plat toute la pourriture que ces politicards « non bleu » mais vérolés on battit contre ISRAEL et contre les libertés de leur propres peuples pour les destituer de leur identité pour mieux les asservirs.

  5. La déclaration sur la situation du mur est bidon!!
    La fuite des renseignements est bidon!
    Pourquoi?
    Tout simplement parceque ,jamais ,jamais ,la source de l’information est donnée aux responsables politiques pour qu’ils n’aient pas à devoir un jour le risque de la divulguer,même en étant questionné par une commission. Lui qui est sous serment.
    Bidon bidon.
    La clique d’Obama ,infiltrée,n’a pas été encore nettoyé patience!!!

  6. On aurait pu se douter que Trump n’allait pas faire dans la finesse et allait « trumper » énormément … ou gaffer, car c’est un « bleu » en politique.

  7. Je pense que la  » goche  » en Israel ,et aux usa ,veulent destabiliser Trump et bibi .Un nouveau terme employe aujourd hui ,est fake news ,toujours diffusees par les medias majoritairement de  » goche « 

    • On a le droit de vivre avec des œillères idéologiques, effectivement, mais ce n’est pas très efficace, quand il y a un os dans le pâté. Quand le représentant de Trump dit que le Mur occidental appelé Kotel n’appartient pas aux Juifs, vous ne dites rien.

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