Toledot: trois patriarches, trois dimensions © vidéo

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Veele toledoth Itshak. Arrêtons-nous un instant sur le mot toledoth qui signifie aussi bien engendrement qu’il signifie histoire étant donné que chaque être  humain possède une histoire, mises bout à bout,  les existences de nos Patriarches forment les premiers chapitre de notre histoire.

Cependant, comme toujours, ce mot n’est pas ici pour rien et la façon dont ce terme est vocalisé non plus. En effet, le mot toledoth vient de la racine youd-lamed-dalethou yaled/leyaled  = enfanter  dans la forme de toledoth  il peut s’écrire avec un vav au début et/ou un vav à la fin et/ou sans vav du tout.

Le vav qui sert de pivot ou de pierre angulaire apporte un sens supplémentaire : il figure dans le Tétragramme, et d’une manière un peu plus « cachée » il existe au sein de nombreuses lettres hébraïques calligraphiées comme dans la lettre aleph où il figure avec deux youd ou dans la lettre mem (kaf et vav)et d’autres encore et, les Sages voient dans le vav de toledoth une signification particulière : ainsi, lorsque des parents procréent, ils transmettent certaines particularités physiques, physiologiques ou morales à leurs enfants.

Dans le cas de nos Patriarches, ils transmettent à leur progéniture toutes les « qualités » qui sont ou ont été les leurs au long de leurs vies. Le premier vav de toledoth fait allusion au potentiel spirituel du peuple monothéiste alors que le second vav revêt une importance différente : la continuité dans l’action et la foi  soit le présent et le futur.  Dans cette portion de Torah qui nous occupe cette semaine, תולדת יצחק  s’inscrit avec un vav au début mais pas à la fin car si le potentiel existait à la naissance, il ne pouvait être mis en œuvre qu’avec Jacob. Comment peut-on déduire ceci ?

Par le fait que quelques versets avant où il est écrit : ואלה תלדתישמעא-ל le mot toledot est inscrit sans vav au début et sans vav à la fin ce qui signifie que le potentiel de Torah n’a pas existé pour Ishmaël  et qu’il n’a pas donc pu être mis en œuvre.

Dans le cas d’Isaac, le potentiel a existé mais n’a pu être mis en œuvre que par Jacob car Esaü bien qu’il ait été un homme d’action (le nom d’Esaü ou עשיו vient du verbe עשה) cette volonté d’agir ne fut mise en œuvre que dans la matérialité et non pas dans la spiritualité comme le faisait Jacob   C’est donc la raison pour laquelle  תולדת יצחק  s’inscrit sans vav à la fin !

Une autre question se pose : pourquoi lorsque la Torah écrit : ואלה תולדת יצחק בן אברהם… la suite du  verset  reprend :אברהם הוליד את יצחק…    ceci est dans l’intention très claire de parler d’Isaac.   Dans l’histoire du patriarche, s’inscrivent plusieurs descendants : il y eut Ishmaël, puis Isaac puis tous les fils qu’ Abraham eut avec Ketoura……. Par conséquent la Torah insiste bien sur le fait qu’il s’agisse d’Isaac fils d’Abraham et non pas d’un autre des fils d’Abraham né en dehors de l’Alliance de Torah !

Les deux fils d’Abraham Ishmaël et Isaac sont promis à une nombreuse descendance, malheureusement ils ne chemineront pas sur le même chemin, l’un choisissant la violence et l’autre une vie de rigueur et d’harmonie.

Lors de l’accouchement jumelaire de Rivka  tout s’éclaire : les jumeaux  dizygotes qui luttèrent dans le ventre maternel sont deux peuples aussi différents dans leur essence que dans leur aspect.  Jacob naît circoncis ( תם) l’autre non ; l’un aime l’étude de la Torah l’autre préfère chasser et bien d’autres caractéristiques séparent les deux frères.A la naissance, Jacob saisit le talon de son frère car, disent nos Sages, Jacob qui est sorti en second a été conçu en premier il était donc l’aîné mais Esaü a voulu sortir le premier  en conséquence, le droit d’aînesse revenait de droit à Jacob !

Caroline Elishéva REBOUH

 

HAFTARAT  TOLEDOTH     LE PROPHETE MALACHIE

La Bible, rappelons-le,  est divisée en  parties : le Pentateuque, les Prophètes et les Hagiographes.

Le livre de Malachie est le dernier  des livres des prophètes donc le dernier livre de la deuxième partie de la Bible.

On ne connaît pas très bien ce personnage et le nom de Malachie signifiant « envoyé » en tirant des parallèles entre ce qui est consigné dans ce livre très court[1] qui traite de la décadence dans les mœurs, le relâchement des prêtres, on pense généralement qu’il s’agirait en fait de Ezra qui aurait écrit sous le nom de Malachie.

Il aurait vécu par conséquent vers -446 lorsqu’une première vague d’exilés revinrent en Judée en provenance de Babylone et entreprirent de reconstruire le deuxième Temple à Jérusalem.  Ce qui choque Malachie est de voir le désordre moral qui règne parmi la population y compris parmi les Cohanim et les Léviim.

Il exhorte donc le peuple à redevenir rigoureux dans sa façon de vivre et à reprendre la ferveur et la rigueur en tous actes  cultuels ou communautaires.

Malachie écrit en morigénant la population : tous les Juifs doivent se reprendre car il ne sert à rien de vouloir rétablir le culte au Temple si le rituel n’est pas fait de manière convenable et, en ce cas, HaShem s’exprimerait ainsi : Mon Nom est grand parmi les Nations : il existe d’autres peuples qui M’invoquent et font des sacrifices ou balancent de l’encens même s’ils sont tous des païens. Mais, VOUS, MES ENFANTS, si vous ne démontrez pas d’avantage de rigueur et d’attachement à la Torah et aux mitsvoth, alors, dit D : JEn’ai pas besoin de cet encens ni de ces sacrifices !

Cette prophétie nous rappelle l’instant du מעמד סיני  où toutes les âmes juives étaient présentes et où toutes ont accepté la Torah. Oui, toutes les âmes, même celles qui n’étaient pas en vie au même instant,  et, toutes les âmes jusqu’à la fin des temps, ainsi que nous l’enseignent nos maîtres : au moment de la sortie d’Egypte nous devons considérer que nous aussi, nous  sommes sortis d’Egypte et nous avons été libérés de l’esclavage. Ici, Malachie répète que toute l’Histoire a été dévoilée au Sinaï et qu’il nous appartient à tous d’appliquer ce que nous avons appris dès lors.

Ceci est important car il y a ici une volonté de prouver que le judaïsme n’est pas extatique mais dynamique et qu’il évolue avec le temps. A chaque instant s’ouvre un potentiel pour chacun d’entre nous de changer.  Malachie publie le fait qu’à la fin des temps le prophète Elie reviendra pour mettre en place le processus de l’avènement du Mashiah. Malachie est le dernier prophète et tout au moins le dernier à laisser un message écrit au peuple Juif. Elie et d’autres prophètes n’ont pas laissé de livre de prophéties.

Caroline Elishéva REBOUH

[1]Etant donné qu’il ne contient que 3 chapitres ou 4 composé de quelques versets uniquement. Malachie est le dernier des « douze « petits » prophètes » . On désigne par « petits » prophètes ceux dont les écrits sont limités en longueur

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