Seul Israël a osé frapper le nucléaire nord-coréen©

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Le dernier acte militaire contre le dispositif nucléaire nord-coréen a été mené par Israël, en 2007, contre le réacteur coréo-syrien d’Al Khibar

Les puissances bavardes risque de clore le dossier des essais nord-coréens en se conformant au modèle d’accord iranien 

 

Même si la bombe à hydrogène de 50 kilotonnes (on a d’abord annoncé 150 kilotonnes) et sa capacité avouée à faire correspondre cette ogive à un missile balistique intercontinental, comme l’a démontré Kim-Jong-Un le dimanche 3 septembre, n’a jusqu’à présent, entraîné aucune conséquence décisive, de la part des puissances mondiales, excepté des paroles en l’air, condamnant et menaçant la Corée du Nord des sanctions les plus fortes…

Le Président Donald Trump a désigné la Corée du Nord comme étant un Etat-voyou dont les paroles et les actions sont « hostile et dangereuses pour les Etats-Unis » et il a convoqué une réunion avec son équipe de la Sécurité Nationale. Pourtant, des sanctions plus fortes sont envisagées, dont le fait d’arrêter tous échanges commerciaux avec quelque pays que ce soit qui fasse des affaires avec la Corée du Nord.

Shinzo Abe, du Japon, déjà passablement secoué par le missile nord-coréen qui a survolé par-dessus son pays, a affirmé que le dernier test nucléaire, le plus puissant jusqu’à présent, « est totalement inacceptable et nous devons déposer un forte protestation »…

La Corée du Sud a dit que le sixième essai nucléaire de son voisin du nord devrait se voir opposer la réplique « la plus forte possible », dont des sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONU, afin d’isoler complètement le pays.

Le Président chinois Xi Jinping et le Président russe Vladimir Poutine se sont mis d’accord, dimanche, pour « traiter de façon appropriée » le dernier test nucléaire de la Corée du Nord. L’agence de presse d’Etat, Xinhua déclare : « Les deux dirigeants se sont mis d’accord pour adhérer à l’objectif de dénucléarisation de la péninsule coréenne et de conserver une étroite communication et une parfaite coordination afin de traiter cette situation nouvelle ». Mais, jusqu’à présent, il n’y a pas le moindre signe que ces puissances se rassemblent pour mener ensemble la moindre action tangible, efficace et concertée.

Depuis le premier essai nucléaire souterrain du régime Kim,le 9 octobre 2006, presque toutes les sanctions imaginables et dissuasives ont été tentées de maîtriser le galop de cette nation voyouse vers l’arme nucléaire, excepté l’offensive militaire de grande envergure.

Aucune n’a fonctionné, essentiellement parce qu’elles étaient imposées au coup par coup et jamais pleinement suivies d’effets. Mais, plus que tout, c’était parce que les grandes puissances ne se sont jamais alignées les unes sur les autres comme une seule et unique force ni mis toutes leurs ressources en même temps en vue d’une action concertée. Les sanctions n’ont jamais été complètes et de cette façon, jamais aucune soliution n’est apparue.

La seule fois qu’une action militaire a été menée contre une installation nucléaire nord-coréenne s’est déroulée le 6 septembre 2007 (il y aura dix ans dans deux jours), quand Les forces aériennes israéliennes et leurs forces spéciales déguisées en soldats syriens ont fait exploser le réacteur au plutonium encore en construction sous l’égide de la Corée du Nord, à Al Khibar, dans la province syrienne de l’Est, où pullule actuellement Daesh (qui aurait pu disposer de l’arme atomique, sans l’intervention d’Israël) à Deir ez Zor, lors de l’Opération Orchard (jardin fruitier, verger). Ce site était destiné à être le principal fournisseur de plutonium de l’Iran et s’il avait été achevé, aurait accéléré l’avancée de Téhéran vers la bombe à hydrogène (la même qu’a soumise à l’essai Kim Jung Un hier matin).

L’exemple israélien a longtemps été laissé de côté,principalement parce qu’il a été dépassé par la politique pro-iranienne d’Obama. Les gouvernements successifs menés par Binyamin Netanyahu ont aussi mis de côté ce précédent, à cause de la résistance acharnée parmi les hommes politiques israéliens et certains de ses généraux, voire ses services secrets, contre l’idée d’une attaque sur le programme nucléaire iranien avant qu’il ne soit parvenu à maturité.

Le dernier essai de la Corée du Nord est estimé par les experts à trois fois la bombe d’Hiroshima, 5 fois celle tombée sur Nagasaki. Le traité de Vienne d’interdiction totale des essais nucléaire a déclaré qu’il y a des preuves que le programme nucléaire de PyongYang « avance rapidement ».

La seule arme véritable des puissances mondiales contre cette avancée à marche forcée c’est l’unité. Mais, parce qu’elle demeure illusoire – et qu’une attaque militaire est considérée comme une mauvaise option – leurs gouvernements vont apparemment continuer à ne se  réconcilier qu’avec l’idée de vivre avec un régime Kim doté de l’arme nucléaire. Contre l’Iran, les six puissances mondiales (les Etats-Unis, la Russie,la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne), se sont associés et ont été en mesure e négocier l’accord nucléaire de 2015 avec l’Iran, qui a laissé intact ses programmes d’armements et de missiles, bien que relativement accessible pour une supervision efficace.

Si un alignement similaire se mettait en place pour se confronter à Kim Jung Un, par un ultimatum collectif de sept jours pour démanteler ces programmes ou assister à leur destruction, il pourrait décider de s’asseoir et de parler… A la façon dont les choses se passent actuellement, il reste libre de tirer des missiles balistiques au-dessus du Japon et de faire exploser une bombe à hydrogène comme de simples pétards pour les enfants, alors que le monde le supplie à genoux de venir et de discuter de la possibilité de geler ses programmes agressifs sur le modèle iranien.

Le dirigeant nord-coréen voudra obtenir plus que l’accord qu’a conclu Téhéran, pour un moratoire de 10 ans contre une promesse de 150 milliards de $ et tant d’autres bénéfices. Kim, dont l’arsenal est bien plus avancé, ira certainement bien plus loin.

Son moyen de faire levier et réaliser une extorsion considérable est inattaquable. Il peut, soit marchander une montagne d’argent liquide, soit continuer de menacer ses voisins du Pacifique et les Etats-Unis, et s’armer de missiles balistiques avancés et d’une bombe nucléaire. Il serait alors fidèle à l’héritage de son père Kim-Jong-Il, qui déclarait en 1995 qu’un programme nucléaire était la seule garantie de la survie de sa dynastie.

Les tentatives d’affamer son pays et de forcer le régime à se soumettre n’ont pas été à la hauteur de l’enjeu. Même la Corée du Sud n’ose pas arrêter d’envoyer de l’aide pour soulager la famine endémique de ses compatriotes du nord. Jusqu’à présent, aussi bien l’Iran que la Corée du Nord, depuis longtemps de mèche pour avancer conjointement sur leurs programmes nucléaires, dominent de haute-lutte  leurs adversaires.

DEBKAfile Analyse Exclusive 3 Septembre 2017, 7:59 PM (IDT)
Adaptation : Marc Brzustowski.

8 COMMENTS

  1. Vous plaisantez ? personne de normal peut raisonner ce fou ! et Israël non plus !
    Israël a agit en Syrie, mais pas en Corée du Nord.
    Et puis on a assez à faire chez nous pour nous occuper des autres, on finira par nous accuser de je ne sais quoi.

  2. Et l’Iran dans tout ça …. il n’est pas jaloux de voir la Corée les dépasser ou bien sont-ils complices ! ils partageront la réussite !

  3. Un vrai échiquier. Á quand l’attaque surprise et par qui? De toutes les façons ça va éclater quelque part. Si vous croyez á des règlements pacifiques, vous rêvez. Il n’y a que les intérêts de chacun qui comptent, chacun avance son pion, il n’y a plus d’alliance.

  4. Je crains que l’Iran soit, une fois de plus, derrière ces tirs de missiles nord-coréens. En effet, Trump et l’Amérique, en se préoccupant de la Corée du Nord, se désintéressent automatiquement du Moyen-Orient, ce qui profite à l’Iran qui, pendant ce temps-là, avance ses pions, c’est-à-dire son armée sur la frontière est d’Israël, à 13 km, depuis le Nord (Liban) jusqu’au Sud en passant par la Syrie.

  5. Vous oubliez un point essentiel: la Corée du Nord n’est pas l’Iran. Le seul objectif de Kim Jong Un est la survie de son régime. Dans ce cadre, l’abandon du nucléaire ne figure pas dans les options possibles car la dissuasion est sa meilleure garantie.
    La situation est devenue inextricable (merci à Obama et à des prédécesseurs) et seul un changement radical d’attitude de la Chine permettrait d’aller dans le bon sens.

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