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Sarah Halimi ou le déni Français©

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Richard Abitbol, Meyer Habib, André Added, Gilles-William Goldnadel et Sammy Ghozlan
L’affaire Sarah Halimi – « affaire », mot réducteur pour évoquer les tortures infligées à cette Française juive battue et tuée car juive il y a 3 mois -, est révélatrice ou plutôt démonstrative des tabous de notre société, que les affaires SELAM et Ilan HALIMI, entre autres, auraient dû lever. Le premier d’entre eux : l’antisémitisme musulman.

Se tenait, ce mardi 4 juillet, une conférence de presse sur cette affaire – organisée par le Comité de Soutien « Vérité et Justice pour Sarah Halimi* -, autour de Maître Gilles-William GOLDNADEL, un des avocats de la famille de Sarah HALIMI, Sammy GHOZLAN, Président du Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme (BNVCA) et du député Meyer HABIB.

La conférence, animée par Richard ABITBOL et André ADDED, respectivement Président et Président de région de la Confédération des Juifs de France et des Amis d’Israël (CJFAI), avait pour objectif de faire un nouveau point sur la procédure, après le point presse organisé le 22 mai 2017 par les avocats Maîtres Jean Alexandre BUCHINGER et David-Olivier KAMINSKI (lire notre article : Assassinat antisémite de Sarah Halimi : on paie encore Copernic©).

Pour rappel, Sarah ATTAL HALIMI a été torturée, puis défenestrée, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, par son voisin islamiste Kobili TRAORE car juive.

Bien que quelques journaux nationaux se soient enfin intéressés à cet assassinat, et malgré notamment une tribune d’intellectuels il y a quelques semaines, continue de peser sur ce crime antisémite une chape de plomb.

Un nouvel éclairage était nécessaire, 3 mois après cet assassinat et la divergence d’approche des avocats sur un des pans du dossier : la responsabilité de la police (lire : S.Halimi : pourquoi je n’ai pas voulu poursuivre les policiers)

Après que Richard ABITBOL ait rappelé que l’assassinat de Sarah HALIMI n’était en aucun cas un crime communautaire mais constituait un problème de la démocratie française, il a précisé que le Comité de Soutien – qui regroupe aux alentours de 7000 personnes -, voulait que soit un fait un point sur les 2 principaux problèmes soulevés dans cette affaire :

  • pourquoi la circonstance aggravante d’antisémitisme n’a pas été retenue,
  • et celui de la non-intervention de la police.

L’assassinat de Sarah HALIMI est symptomatique d’un mal français  – même si les Juifs sont les principales victimes, ce ne sont pas les seules – qu’est l’apathie inhérente à la gêne qui s’empare de la société intellectuelle, médiatique, politique française dès l’instant que l’assassin est islamiste.

Pour Maître Gilles-William GOLDNADEL, cet assassinat, en effet, n’a rien d’un crime communautaire, mais est un crime français (cf. vidéo ci-après)

« Il est même symptomatique d’un mal français  – même si les Juifs sont les principales victimes, ce ne sont pas les seules – qu’est l’apathie médiatique inhérente à la gêne qui s’empare de la société intellectuelle, médiatique, politique française dès l’instant que l’assassin est islamiste.

Ce dernier aurait-il été blond et aurait-il eu les yeux bleus, la France tout entière serait descendue dans la rue.

Le drame de cette affaire repose sur 3 volets :

  • celui de la psychiatrisation abusive et instantanée de l’assassin
  • l’habitude de dénier l’antisémitisme, même si, à ce stade de la procédure judiciaire, il est trop tôt pour lui pour faire ce grief à la justice française de ne pas avoir d’ores et déjà retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme, la justice n’ayant pas dit son dernier mot
  • et enfin l’inaction de la police

Dans ce préjugé de psychiatrisation, il y a, au moins inconsciemment, le désir d’éviter la discussion pénale.

La psychiatrisation :

Séance tenante, la police, suivie de la justice, a décidé d’interner l’assassin de Sarah HALIMI, plutôt que de le faire passer par la case prison (il est à ce jour toujours dans un centre psychiatrique fermé).

Or, cet accusé, bien qu’au lourd passé judiciaire, n’avait aucun antécédent psychiatrique.

Certes, il est évidemment exalté, mais guère plus fou que celui qui se ceint d’une ceinture explosive.

Mais dans ce préjugé de psychiatrisation, il y a, au moins inconsciemment, le désir d’éviter la discussion pénale.

En tout état de cause, un expert a été nommé, le Dr Daniel ZAGURY, et nous ne voulons pas préjuger de sa décision**, que nous pourrons contester, le cas échéant.

La circonstance aggravante d’antisémitisme :

J’ai fait une demande d’acte au juge d’instruction sur ce point.

Car il me semble que l’islamiste qui massacre aux cris d’Allah Akbar une personne identifiable comme une religieuse juive relève du « kit » de l’islamiste, et que ceci représente un indice quasi irréfragable que son acte est antisémite.


Il me semble que l’islamiste qui massacre aux cris d’Allah Akbar une personne identifiable comme une religieuse juive relève du « kit » de l’islamiste, et que ceci représente un indice quasi irréfragable que son acte est antisémite.
Je ne veux pas préjuger de la décision du juge, et ne souhaite pas lui faire de procès d’intention : des témoignages de la famille sur les insultes antisémites proférées par Kobili TRAORE et sa sœur à l’encontre de Sarah HALIMI n’étaient pas présents au dossier au début de la procédure.
Mais l’étant désormais, je ne comprendrais pas que sur leur base la circonstance aggravante d’antisémitisme ne soit pas retenue.

De plus, il y a, désormais, au dossier tant le témoignage de la fille de Sarah HALIMI indiquant que celle ci s’était plainte que la sœur de Kobili TRAORE l’avait insultée avec des vocables antisémites, que celui du frère de Sarah que Kobili TRAORE lui-même l’avait traitée de « sale juive ».

Encore une fois, je ne veux pas préjuger de la décision du juge, et ne souhaite pas lui faire de procès d’intention : ces témoignages n’étaient pas présents au dossier au début de la procédure.

Mais l’étant désormais, je ne comprendrais pas que sur leur base la circonstance aggravante d’antisémitisme ne soit pas retenue.

Vidéo de Franny Fisher

L’inaction de la police :

A ce sujet, je n’ai pas forcément l’esprit aiguisé, conscient des difficultés des forces de police. Je suis d’autant moins enclin à rechercher leur responsabilité que je suis amené parfois à représenter des policiers ou des syndicats de policiers.

A fortiori dans notre période épouvantable où les policiers paient un lourd tribut au terrorisme islamique. Car si les juifs sont en tant que tels bien placés dans ce palmarès, les policiers aussi le sont, car visés en qualité es policiers.

Mais je suis dans un tel état d’incompréhension de ce qui ou plutôt ne s’est pas passé, que je n’ai pas pu faire autrement que de déposer plainte pour non-assistance à personne en danger, visant l’ensemble des forces de police et d’assistance intervenues ce soir-là – à charge pour le juge de déterminer précisément les responsables et les degrés de responsabilité.

Il n’y a rien qui peut expliquer, dans le dossier et hors du dossier, que la police si rapide à se déplacer – car il y avait une telle fureur dans cet immeuble -, pourquoi elle aura mis une heure pour finalement ramasser le corps de la malheureuse.

C’était un crime flagrant, la malheureuse a pleuré et gémit pendant au moins plus d’une demi heure – un témoin depuis un balcon en face a filmé la scène -.

Où que je tourne les yeux, je ne comprends pas le défaut d’assistance de la police.

Je ne peux donc que poser officiellement la question de la responsabilité. Je veux qu’on m’explique.

Me GOLDNADEL a ensuite été interrogé sur l’approche différente de ses confrères, Mes BUCHINGER et KAMINSKI, sur la manière de rechercher la responsabilité des policiers.

En effet, Me BUCHINGER a précisé dans un récent communiqué préférer procéder par « une demande d’actes au juge d’instruction » « afin de faire entendre chacun des policiers et des témoins, avec 14 questions à poser aux uns et aux autres quitte à, pour le juge d’instruction, déposer plainte ensuite » (CF. S.Halimi : pourquoi je n’ai pas voulu poursuivre les policiers et son intervention sur RADIO J le 6 juillet 2017)

« Je répugne à polémiquer, mais les 2 noms de mes confrères que vous avez cités je ne les associe pas l’un avec l’autre. En ce qui concerne l’un, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a là une sorte d’obséquiosité par rapport aux autorités en place et lorsqu’on maquille sa faiblesse et son obséquiosité par des arguties juridiques, je trouve que ce n’est pas terrible.« 

Sammy GHOZLAN a déclaré être très inquiet et très surpris de voir que dans cette affaire on soit obligé d’organiser des conférences de presse pour informer l’opinion.

Il y avait des témoins, des voisins, la police.

Celle-ci est arrivée 3 minutes après qu’elle a été appelée par la famille malienne voisine, puisque Kobili TRAORE avait transité par le logement de cette dernière pour accéder à celui de Sarah HALIMI.

Donc, de manière succincte :

4 h 22 : appel de la famille malienne

4 h 25 : la BAC arrive sur les lieux; elle réceptionne les clefs envoyées par la famille et en même temps elle déclare entendre des cris qu’elle assimile à des prières arabes.

4 h 30 : arrivée du 2ème équipage

4 h 48 : arrivée du 3ème équipage (au final, ils étaient 28 membres des forces de l’ordre)***

On attend de l’enquête qu’elle dise qu’il s’agit bien d’un acte antisémite et un acte terroriste.

Et on attend de savoir ce qui s’est passé.

On nous dit que c’est peut-être le syndrome de l’affaire Théo, de l’affaire Shaoyo Liu.

Mais que pouvaient-ils craindre cette nuit du 4 avril, puisqu’ils étaient en état de légitime défense ?

Me BUCHINGER avait rédigé une plainte contre la police à la demande de ses clientes, mais entre-temps elles se sont désisté. Et la question est de savoir pourquoi.

Sammy GHOZLAN précise ensuite que lui-même avait écrit et que la réponse de l’IGAS en date du 16 juin

concluait :

« Il n’y a rien à reprocher aux services de police qui ont fait leur travail. Donc il n’y aura pas d’enquête.

Même constat, mêmes vœux pour Meyer Habib.

Je ne suis pas du tout un complotiste, mais j’ai tout de suite vu au travers des faits ce qu’il en était du caractère antisémite de l’assassinat de Sarah HALIMI.

Qui déplore le silence assourdissant des médias et le 2 poids 2 mesures des politiques, « quand je vois le tsunami médiatique avec l’affaire Théo, lorsque François Hollande s’est précipité au chevet de Théo »

« Je ne comprends pas pourquoi les médias ne s’emparent pas de cette affaire. Car en effet tout passe par la presse. »

« Il y a des questions invraisemblables qui se posent… Est-ce à cause de l’affaire Théo ? 

On ne peut pas se taire. »

« Je poserai une question au gouvernement, au ministre de l’intérieur, sur le fonctionnement de la police. »

 

CONFERENCE DE PRESSE « VERITE ET JUSTICE POUR SARAH HALIMI »

Je participais ce matin, aux côtés de Maître Gilles-William Goldnadel, avocat de la famille de Sarah Halimi et Sammy Ghozlan, Président du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), à une conférence de presse destinée à rendre publics les derniers développements de l’affaire.

Pour mémoire, Sarah Halimi, médecin et directrice de crèche a été torturée, battue et défenestrée à mort parce que juive par son voisin musulman dans la nuit du 3 au 4 avril 2017 rue Vaucouleurs dans le quartier de Belleville en plein Paris.

Deux jours après les faits, le frère de la victime, M. William Attal m’a appelé et s’est confié à moi, ce fut un témoignage poignant.

J’ai immédiatement acquis la conviction qu’il s’agissait d’un meurtre antisémite contrairement au discours dominant après le drame.

Je me suis donc engagé aux côtés de la famille pour briser cette insupportable omerta, faire éclater la vérité et obtenir justice.

Il faut réveiller les consciences, c’est un impératif moral.

Fin avril à ma demande, Maître Gilles-William Goldnadel, ténor du barreau et pénaliste de renom, a été désigné pour représenter la partie civile, conjointement avec Maître Buchinger, et rejoint par Maître David-Olivier Kaminski.

Cette première onde de choc a créé une mobilisation d’un collectif d’intellectuels : le 1er juin dernier, 17 intellectuels dont Alain Finkielkraut, Michel Onfray ou Elisabeth Badinter ont cosigné une tribune réclamant que lumière soit faite.

La semaine dernière, à la soirée des fondateurs du Centre européen du judaïsme, le Ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, a reconnu officiellement le caractère antisémite du meurtre.

Au fur et à mesure des révélations, il s’est avéré que la police, alerté par les voisins et présente sur les lieux, a tergiversé pendant pas moins de 1h10, pendant lesquels Sarah Halimi z’’l était torturée sous les cris d’Allah Akbar avant d’être défenestrée vivante.

La famille a donc décidé de porter plainte contre la police, pour «non-assistance à personne en danger».

Sarah Halimi est-elle morte de l’inaction des pouvoirs publics ? Eux, qui portent les couleurs de notre République doivent protéger chacun, plus que jamais, des armes de ces islamistes radicaux qui gangrènent notre pays.

L’assassin, 27 ans, d’origine malienne, était connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, et la traitait de « sale juive » Sarah, qui le craignait depuis longtemps.

L’assassin est interné en hôpital psychiatrique alors qu’il n’a jamais eu le moindre antécédent. Cette «psychiatrisation» de ce barbare islamiste était sans doute commode en période électorale, mais toutes les responsabilités devront être mises au jour et engagées.

Pour conclure, je citerai Simone Veil qui nous a quittés vendredi dernier «le silence c’est le poids effrayant du vide que l’oubli n’a pas le droit de combler et que la mémoire des vivants habitera toujours».

Comme l’a souligné Me GOLDNADEL, cette affaire est symptomatique du tabou encore très vivace, même après les drames et assassinats du DJ SELAM, d’Ilan HALIMI, après Toulouse, l’Hypercacher, lié à la non acceptation de l’antisémitisme musulman.

On en veut pour encore pour preuve le refus, pendant plusieurs semaines, de la chaîne ARTE de diffuser le fameux documentaire sur les nouveaux visages de l’antisémitisme, film qu’elle ne s’est résigné à diffuser qu’une fois acculée par la décision de la chaîne allemande ARD de le faire elle-même.


Nous avons mené en 2014 une enquête sur l’antisémitisme en France. Et montré qu’il y avait 3 foyers principaux de cet antisémitisme : celui de l’extrême droite, de l’extrême gauche et enfin celui d’une partie de la population musulmane.
Il me semble objectivement que le présent drame de l’assassinat de Sarah HALIMI méritait une attention médiatique sans commune mesure que celle qu’elle a eue.
J’ai moi même rencontré beaucoup de difficultés à mesurer cet antisémitisme musulman, car on est alors violemment contesté. Et pourtant il s’agit d’un phénomène montant en France, en Europe et même aux Etats-Unis.

A cet égard, le  témoignage du professeur de sciences politiques Dominique REYNIE, présent à la conférence de presse, est éloquent.

« Nous avons mené en 2014 une enquête sur l’antisémitisme en France. Et montré qu’il y avait 3 foyers principaux de cet antisémitisme : celui de l’extrême droite, de l’extrême gauche et enfin celui d’une partie de la population musulmane.

Il me semble objectivement que le présent drame de l’assassinat de Sarah HALIMI méritait une attention médiatique sans commune mesure que celle qu’elle a eue.

J’ai moi même rencontré beaucoup de difficultés à mesurer cet antisémitisme musulman, car on est alors violemment contesté. Et pourtant il s’agit d’un phénomène montant en France, en Europe et même aux Etats-Unis.

J’ai du reste signé la pétition après la Tribune dont nous avons parlé (L’appel de 17 intellectuels: «Que la vérité soit dite sur le meurtre de Sarah Halimi»)


Après avoir rappelé que ces actes antisémites avaient commencé dans des communes de gauche et d’extrême-gauche où ou on avait incité à la haine d’Israël, où les intérêts de ces hommes politiques les avaient amené à soutenir des revendications palestiniennes dont ils n’avaient rien à faire au demeurant, Sammy Ghozlan évoque les recommandations du Cabinet du Premier Ministre de l’époque et d’un ami responsable du CRIF pour l’inciter à ne pas parler d’antisémitisme après la découverte du corps d’Ilan HALIMI…

Sur cette difficulté symptomatique, ce malaise de la presse et des autorités, est encore plus effrayant le témoignage de Sammy Ghozlan.

Lorsqu’ après avoir rappelé que ces actes antisémites avaient commencé dans des communes de gauche et d’extrême-gauche où ou on avait incité à la haine d’Israël, où les intérêts de ces hommes politiques les avaient amené à soutenir les revendications palestiniennes dont ils n’avaient rien à faire au demeurant,  il évoque les recommandations du Cabinet du Premier Ministre de l’époque et d’un ami responsable du CRIF pour l’inciter à ne pas parler d’antisémitisme après la découverte du corps d’Ilan HALIMI…

Alors oui, le recherche de la vérité dans cette affaire, sa couverture médiatique, sa couverture sur les réseaux sociaux souffrent de ce tabou de l’antisémitisme musulman.

Comme d’autres questions importantes relatives au malaise policier qui ne fait que s’amplifier ces dernières années.

On ne sait toujours pas, dans le cadre de l’assassinat de Sarah HALIMI, ce qui a provoqué l’inaction de la police, son retard innsensé pout intervenir.

Ordres ? Paralysie ? Syndrôme Traoré, Théo, Bataclan ?

Nous voulons évidemment savoir ce qui s’est passé au juste cette nuit du 3 au 4 avril.

Pour Sarah, évidemment, à laquelle nous sommes très nombreux à nous être identifiés.

Mais aussi en tant que citoyens français interloqués d’imaginer qu’en cette période de terrorisme nos forces de police, sollicitées au-delà de leurs effectifs, pressurisées, peuvent connaître une lacune aussi insensée que celle qui a, sans doute, causé la mort de Sarah Halimi.

Il faudra bien qu’un jour notre gouvernement se préoccupe sérieusement de ce malaise policier.

Nous ne sommes pas en train de dédouaner ces policiers intervenus ce jour-là.

Non, au contraire.

Mais nous voulons savoir comment cela a été rendu possible.

Le respect de Me GOLDNADEL pour les forces de police, nous le faisons nôtre.

Elles sont l’un des piliers de notre République.

Chaque jour, les Français ne peuvent que voir combien elles sont solllicitées.

Patrouilles, services de sécurité autour des nombreuses manifestations – dont beaucoup, ceci étant dit, devraient être interdites -, sécurité des lieux publics et bâtiments confessionnels, interventions…

Nous tenons à elles.

Sans leur dévouement, nous sommes perdus.

Reste à savoir combien de temps nous pouvons, dans les conditions actuelles, comment elles peuvent surtout, tenir.

Car rien, à ce jour, ne nous garantit que ce qui s’est passé cette nuit ne se reproduira pas.

Depuis trois mois, nous ne faisons que rappeler cette évidence : l’assassinat de Sarah HALIMI n’est pas un drame communautaire. Si Sarah a été assassinée car juive, c’est une Française qui a été tuée parce que juive. Le fait qu’elle soit juive ne doit en aucun cas cependant permettre à nos concitoyens de fermer les yeux – inconsciemment ou non.

Ce drame est d’autant moins communautaire qu’il rappelle la menace terroriste sur notre sol, qu’elle s’exprime par des individus diligentés expressément par des groupes terroristes ou par des adeptes à l’idéologie islamiste.

Ce drame est encore moins communautaire car il met en évidence ce qui est encore plus terrible, si l’on peut dire : la fragilité de ce pilier qui nous protège, de nos forces d’intervention.

Oui, pour toutes ces raisons, ce drame est français.

Et je ne sais, à parler franchement, lequel de ces tabous, de ces peurs, gêne le plus mes concitoyens parmi ceux pourtant sensibilisés aux menaces islamistes, qui les pousse, dans cette affaire précise, à détourner les yeux.

Je n’ose, et pourtant. Le mot est lâché : Sarah était juive.

Combien pensent en leur for intérieur, inconsciemment je l’espère, que « ma foi ce crime c’est peut-être aussi à cause de ce fichu conflit israélo-palestinien. Je dis pas qu’elle l’a mérité, mais bon. Laissons les se débrouiller entre eux. Ça ne me concerne pas. Je leur ai rien fait moi. Pourquoi s’en prendraient-ils à moi ? »

Ou peut-être, pour reprendre les propos de Georges Bensoussan, on ne veut pas voir ce que signifie cet antisémitisme musulman. On a peur d’admettre que ce dernier représente la fracture de notre société, l’échec de l’intégration.

Non, décidément, la mort de Sarah cristallise beaucoup de choses. Et de culpabilités.

Aussi la nôtre, celle de chacun d’entre nous.

Je racontais à une amie qu’ayant suivi ce drame depuis le début, j’ai partagé par écrit, ou autour de moi, pendant plusieurs jours les faits sans jamais vraiment prendre le temps de les assimiler.

Il y a sans doute de l’indécence de ma part à vouloir me mettre à sa place.

Seulement, voilà – et je sais que nous sommes nombreux ainsi depuis ce drame – j’imagine ce que Sarah a dû ressentir pendant ces plus de 40 minutes, pendant lesquelles elle était par moment consciente, au cours desquelles elle a crié et pleuré, au cours desquelles elle a dû espérer être entendue et secourue.

Je crois que ce qui s’est passé cette nuit, le calvaire de cette femme, nous en sommes tous un peu responsables.

Nous savons beaucoup de choses sur ce qui se passe. Mais nous ne sommes pas arrivés à transmettre le message, à forcer les gens à ouvrir les yeux.

Pourquoi ?

 

Franny Fisher pour JFORUM

 

*Pour en savoir plus sur ce comité :

Le Comité de soutien « VERITE ET JUSTICE POUR SARAH HALIMI » est composé comme suit :
Président : Guy Attal (Email : guyattal@yahoo.fr
Vice-Présidents : Sammy Ghozlan
Evelyne Gougenheim
Attachée de Presse : Sabrina Scetbon

**Cet expert s’est vu fixé un délai de 4 mois, soit jusqu’au 22 Août 2017 pour déposer son rapport d’expertise psychiatrique.

*** Faits que tous les avocats de la famille et de la partie civile ont recoupé dans les mêmes termes :

« Avec une particulière rapidité, 3 fonctionnaires de police de la BAC du 11ème arrondissement de Paris ont pénétré dans l’immeuble et se sont postés devant la porte d’entrée de l’appartement de cette famille d’origine malienne, qui s’était réfugiée dans l’une des pièces de leur appartement tandis que Kobili TRAORÉ récitait à très haute voix des sourates du coran dans leur salon.

Plutôt que d’investir les lieux, ces policiers ont appelé du renfort arrivé 10 minutes plus tard, sans que ces autres fonctionnaires de police n’interviennent davantage. Il aura fallu attendre 1h10 pour qu’une colonne d’assaut de la BAC enfonce la porte et appréhende l’assassin qui n’a alors opposé aucune résistance.

Pendant ce temps, le criminel aura eu la possibilité de commettre l’irréparable. Si les forces de police étaient immédiatement intervenues dans les instants qui ont suivi leur arrivée, Sarah HALIMI serait toujours vivante.
Il y a eu de façon indiscutable un dysfonctionnement policier qui a conduit à l’inertie totale des forces de police durant l’interminable supplice de Madame Sarah HALIMI. » Me BUCHINGER

S.Halimi : pourquoi je n’ai pas voulu poursuivre les policiers

11 COMMENTS

  1. « L’islamiste qui a roué de coup et défenestré Sarah Halimi en avril à Paris, a été mis en examen lundi pour « homicide volontaire » sans que soit retenu à ce stade de caractère antisémite, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. Le meurtrier nie avoir agi par antisémitisme……..  » si je n’étais pas aussi triste devant cette énième lâcheté des juges de FRANCE j’éclaterai de rires…… ayant quitté la France pour vivre en Israël j’ai une vision plus précise de cette lâcheté ordinaire ; de la police, de la justice et de tous ces politiciens prêts a vendre père et mère pour être élu et plus grave prêt a se coucher devant « le plus offrant » pour obtenir de nouveaux contrats…. et justement l’Iran le nouvel eldorado propose comme par hasard des contrats a une tonne d’industriels français ! comme quoi baiser les mains de Habas , voter systématiquement dans les instances internationales contre Israël et accepter toutes les compromissions, fini par payer….

    Aussi , je pense que le message a adresser aux derniers habitants européens de confession israélites est le suivant , arrêtez de croire naïvement qu’en France , Macron l’arriviste pro palestinien convaincu, va faire changer les choses c’est d’une naïveté sidérante…de même , croire que bientot les juges viscéralement de gauche et pro musulmans sanctionneront lourdement les islamistes radicaux criminels … au contraire , ils trouveront milles et une excuses pour leur éviter les peines les plus lourdes .

    Conclusion , la seule chose qui peut changer c’est sur le délais de prise de conscience des juifs de France…un seul conseil, quitter ce continent , car le tic tac de l’islamisation rapide résonne de plus en plus et le danger s’amplifie, les français et françaises se convertissent en masse, en épousant des musulmans et en adoptant leurs religion, persuadés qu’ainsi ils éviteront le pire…mais la charia s’installera , c’est prévisible et rien ne l’arrêtera desormais.

  2. Vous allez entendre un jour prochain que tous les terroristes sont aussi des malades mentaux !
    Ils repèrent leur victime, donc il y a réflexion, et ils sont irresponsables ?
    Bientôt il n’y aura plus de jugement ni plus de justice, les hommes deviendront des bêtes et oublieront le sens du devoir.

  3. Un seul tueur et toute la police bat en retraite !

    Un policier qui tire sur un tueur et toute la presse hurle au crime !

    Les bas intérêts de certains prennent la place de l’intérêt de la majorité !

    On nous raconte qu’on était en période pré-électorale….Je ne comprends pas ….quel rapport doit il y avoir entre se faire élire et refuser d’ imposer la justice pour tous ?

    OU sont donc leurs valeurs du sens des responsabilités, ou sont leurs valeurs d’humanité, de justice, d’équité, du droit à la justice pour tous à tous ces politiciens ?

    Alors M. Macron pour vous faire élire, vous individu, vous avez condamnez à la mort la plus atroce une femme digne qui a consacré sa vie aux services des autres puisque Madame Sarah Halimi, que D. aie son âme, était médecin et responsable d’une école.

    M. Macron, si vous ne faites pas condamner cet ordure (qu’il se nomme Kobali ou Ahmed le tueur né) qui tue en rappelant le nom de son dieu sanguinaire, pour acte de terrorisme et d’antisémitisme, vous ne méritez pas de conserver la position prestigieuse, Président de la République de France, que mes concitoyens vous ont autorisé à obtenir car ils vous faisaient confiance.

    A quoi cela vous sert il, M. Macron, de faire voter des lois pour le changement des rythmes scolaires, à quoi cela vous sert il, M. Macron, de faire prochainement réunir une énième conférence pour la protection de notre environnement, si, par ailleurs, vous faites des courbettes devant ceux qui détruisent nos concitoyens, votre peuple ?

    Vous voulez être le chef tout puissant, si vous laissez faire le mensonge, le cynisme et la destructivité, vous règnerez sur les ruines de votre peuple !

    La voix des innocents.

  4. Pas de doutes sur le caractère antisémite de cet assassinat, sur la passivité criminelle de la police, sur le silence des médias et de la société française, sur la lenteur inacceptable de l’enquête… Rien de neuf en france quand un crime antisémité survient. Et une mention spéciale pour la passivité des dirigeants de la communauté juive.

  5. Il est intéressant que l’AFP n’a pas annoncé la conférence de presse et dans le compte rendu diminue l’aspect antisémite de ce crime. Au mois d’avril, la même agence n’a vu que « quelques centaines » de personnes dans la marche en hommage à Sara Halimi.

  6. Madame Hendi, nous sommes nombreux à avoir les réponses aux fausses questions qu’ont l’air de se poser
    certains.
    L’affaire criminelle dont vous parlez, a été occultée, car mettant en cause un assassin africain mahométan anti-juif, pour faire court.
    Cela tombant en période électorale, il s’agissait de ne pas faire « monter le FN ».
    Macron a donc été élu, à la satisfaction de toute la bienpensance.
    Je vous renvoie donc, ainsi que les lecteurs de votre article, à l’histoire du policier Stéphane JALLAMION que le Commissaire Samy GHOZLAN connaît sûrement.
    Des sites comme TVL ou RIPOSTE LAïQUE parlent de son affaire, et vous apportent nombre de réponses
    que vous n’aurez, désormais, plus à chercher, EN VAIN.

    • Exactement, on en parle beaucoup sur les sites de réinformation (« La faschosphère » pour Libération et Le Monde). On peut ne pas être d’accord avec ce qu’ils disent mais ils brisent l’omerta médiatique. Pourtant ce sont eux le plus souvent qui sont traînés devant la 17ième chambre.
      En revanche, je doute fort que Medhi Meklat et consorts soient inquiétés de la sorte…

  7. Le fait que K. Traoré n’ait pas été abattu, ce qui aurait signifie sa culpabilité, mais mis à l abri des poursuites judiciaires signifie qu il est jugé irresponsable de ses actes. Il a également été clairement indiqué que la police avait bien fait son travail et qu il n y aurait pas d enquête pour non assistance à personne en danger. Circulez y a rien à voir. Cessons enfin de nous voiler la face quant au déni massif des droits les plus élémentaires des Juifs de France qui viennent de se voir privés du droit à la plus élémentaire justice et ce en pleine soi disant République. Ce n est pas une petite affaire c est une mutation qualitative dans l histoire des Juifs en France et cela envoie aux islamistes le signal qu ils peuvent des à présent ouvrir une phase pogromiste: les autorités n y. voient rien à redire.

  8. Le déni français par rapport à l antisémitisme génocidaire d une partie des musulmans français à d abord une cause électoraliste en raison de l’antisémitisme des gauches et pas seulement de l extrême gauche qui se targuent d une bonne conscience antisioniste sans faille.
    La police française sans aucun doute guidée par sa hiérarchie, laisse torturer et assassiner sans intervenir quand il s’agit de Juifs : cela revient moins cher d’abattre ensuite les meurtriers que de prévenir leurs crimes, de les arrêter et de les emprisonner avant de les juger. Ils n’ auront après tout tué que des Juifs, c’est à dire des gens qui ne déplacent pas des masses de gens dans la rue , plus de nos jours. Mon raisonnement peut sembler cynique, mais c est la réalité qui se donne à voir sous nos yeux. Cela indique que le droit à la sécurité n’est pas le même en France pour les non Juifs et pour les Juifs de nos jours. Il faut en tirer les conséquences qui s imposent.

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