Revivre l’Insurrection de Varsovie de 1944 avec la réalité virtuelle

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Un film en réalité virtuelle sur le soulèvement orchestré par le gouvernement en exil à Londres pour libérer la ville polonaise du joug nazi, permet au public de revoir en direct l’évènement. Pas moins de 200.000 habitants, majoritairement des civils, y perdront la vie.

Soixante-quatorze ans après l’éclatement de l’Insurrection de Varsovie, dont le souvenir reste très vivant et célébré avec éclat en Pologne, les jeunes polonais peuvent revivre en direct ce moment tragique de l’histoire grâce à un film en réalité virtuelle.

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En mettant un casque de réalité virtuelle le spectateur se retrouve au milieu des ruines de Varsovie, dans ses égouts, face aux soldats allemands. Des insurgés lui parlent comme s’il était l’un d’entre eux, grièvement blessé à la tête. Un soldat allemand fait danser une prisonnière polonaise au milieu des ruines puis l’exécute d’un coup de pistolet…

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«Nous n’avons plus à nous demander ce que nous aurions fait si nous nous étions trouvés là. Nous sentons notre présence physique en temps et en lieu, ce qui fait qu’un spectateur sensible est en mesure de sentir quelles décisions il aurait pu prendre (…) se cacher ou combattre aux côtés des héros», explique Tomasz Dobosz, le jeune auteur du film, aux journalistes.

Le 1er août 1944, quelque 50.000 insurgés, essentiellement de jeunes scouts et des soldats de l’Armée intérieure (AK, force armée de l’État clandestin polonais) sous les ordres du gouvernement en exil à Londres, ont pris les armes contre l’occupant nazi. Près de 200.000 civils et insurgés ont été tués en 63 jours de combats. Après la défaite, toute la population de Varsovie a été chassée de la ville, des dizaines de milliers de personnes ont été déportées dans des camps de concentration, et la ville a été rasée à 85%. Comme l’a été, entièrement, un an plus tôt, le ghetto de Varsovie, après l’écrasement de son soulèvement par les Allemands en avril-mai 1943.

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Le film de fiction de quinze minutes évoque un événement réel: un insurgé, le capitaine Wladyslaw Sieroszewski, reçoit une balle allemande en plein cœur, mais le projectile est stoppé par son portefeuille contenant une lettre de sa fille. Celle-ci a d’ailleurs assisté, émue, à la présentation de l’œuvre.

Financé par le ministère de la Culture – le budget n’a pas été rendu public – le court-métrage dont le tournage avait pris plus de deux ans a été présenté en avant-première à la veille de l’anniversaire du début de l’insurrection, célébré mercredi lors de nombreuses cérémonies. C’est le premier film de fiction réalisé en Pologne avec cette technologie – tourné avec 24 caméras – et qui met en scène un événement historique.

Mercredi dernier, comme chaque année à 17 heures, heure de lancement de l’opération, les sirènes municipales ont retenti dans la capitale polonaise, alors que les passants et les voitures se sont arrêtés spontanément dans les rues, en hommage aux insurgés.

Plusieurs milliers de personnes ont investi un grand rond-point du centre-ville, vite recouvert de fumée rouge et blanche des fumigènes. Certains ont entonné l’hymne national. Les autorités de la ville ont décidé d’annuler l’autorisation accordée à une marche de groupements ultranationalistes qui profitent traditionnellement des fêtes patriotiques pour manifester leur présence.

lefigaro.fr/cinema

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