Rabbenou Tam: “l’héritier” de Rachi- vidéo

0
817

Né à Ramerupt, petite ville en Champagne, il est le fils de Meïr ben Samuel et de Yokheved, une des filles de Rachi.

Il fut éduqué par son père, Rabbi Meïr, et par son frère aîné, Samuel ben Meïr (le Rashbam).

Selon la tradition, il fut aussi l’élève de Jacob ben Samson, un élève de Rachi auteur d’un commentaire sur le traité d’Avot. Il était sans doute trop jeune pour avoir reçu de celui-ci un enseignement direct.

Une légende populaire dit de lui que lorsque Rabbenou Tam entendit des pleurs à la mort de Rachi, à 5 ans, [il demanda] « pourquoi ces pleurs ? ». Sa mère lui dit que la lumière d’Israël s’était éteinte. Il dit « je la reprendrai et je la rallumerai ».

Sa femme Myriam était la sœur de Samson ben Joseph l’Ancien de Falaise. On sait qu’elle avait été précédemment marié à un nommé Avraham. Elle épousa Rabbenou Tam à une époque tardive, peut-être même après la mort de Samson.

On ne trouve en effet pas de traces de liens familiaux dans la correspondance échangée entre Rabbenou Tam et Samson de Falaise. Il semble qu’elle-même n’ait été que la deuxième femme de Rabbenou Tam. Ils eurent 4 fils : Joseph, Moïse, Isaac et Salomon, qui servit de secrétaire à son père.

Bien établi à Ramerupt, Rabbénou Tam possédait maisons et terres qu’il administrait en même temps qu’il menait l’étude dans sa yeshiva (école talmudique) qui fut fréquentée par plus de quatre-vingt tossafistes.

Comme il était d’usage, il subvenait aux besoins de ses étudiants. Il possédait de nombreux manuscrits en provenance d’Allemagne, du Nord de la France mais aussi d’Afrique du Nord et d’Espagne, qu’il corrigeait et annotait. Il possédait également des manuscrits de Rachi.

Un grave incident marqua la vie de Rabbénou Tam : il fut violemment molesté dans son village par des croisés lors de la Deuxième Croisade.

Un chroniqueur juif, Ephraïm ben Yaaqov de Bonn, en fait le récit et rapporte que le nom du Maître était si prestigieux que les agresseurs lui dirent :

Tu es le plus grand d’Israël. C’est pourquoi nous vengeons sur toi la vengeance du Pendu [Jésus] et nous te blessons par cinq blessures comme vous avez blessé notre dieu.

Il n’eut la vie sauve que par l’intervention d’un noble auquel il promit le versement d’une somme importante et qui jura de le convertir. Il semble qu’il se réfugia alors à Troyes.

Son neveu, Isaac ben Samuel (le Ri), raconte que Rabbenou Tam, qui avait quitté Ramerupt pour Troyes, y revint pour récupérer ses livres et ses meubles.

En mai 1171, à Blois, un valet-servant chrétien prétendit avoir vu un Juif jeter le corps d’un enfant dans la Loire. Aucun cadavre ne fut retrouvé, mais la quarantaine de juifs résidant dans la ville furent jetés en prison.

La plupart des juifs, dont Polcelina, une juive liée au comte Thibault de Champagne, à qui on offrait le choix de se faire baptiser, préféra mourir. Le 20 Sivan (26 mai) 1171, 38 juifs, dont 17 femmes, périrent sur le bûcher. C’était là le parfait canevas de la première accusation de crime rituel en Europe occidentale.

Cette accusation en entraîna d’autres à Pontoise, Joinville et Loches. Le martyr de Blois fit une impression considérable sur les contemporains. Outre deux récits en prose des événements, des Selihot, des prières de pénitence, furent composées.

Apprenant les tragiques événements de Blois, Rabbénou Jabob Tam déclara le 20 Sivan jour de jeûne pour les juifs de France, de Grande-Bretagne et d’Allemagne.

Très affecté par les événements de Blois, Rabbenou Tam décéda deux semaines plus tard, le 4 Tammouz, au cours d’une visite à Ramerupt.

Rabbenou Tam et la Halakha

Il fut l’un des plus éminents continuateurs de son grand-père Rachi, commentant son commentaire du Talmud, dans ce qu’on nomme les Tossefot. Le nom de Rabbénou Tam apparaît dans pratiquement chaque page du Talmud, en vis-à-vis de celui de Rachi.

Son enseignement eut une profonde influence dans le domaine de la Halakhah, et notamment au sujet des Mitzvot des Téfiline et de la Mézouza.

Il arriva à Rabbénou Tam d’être en désaccord avec son grand-père Rachi, notamment concernant la position de la Mézouza sur les montants de porte, ainsi Rachi soutenait qu’elle devait être positionnée à la verticale, et Rabbénou Tam à l’horizontale, ce qui valut à la tradition d’adopter la position inclinée afin de se conformer à l’enseignement des deux maîtres.

Quant aux tefilines Rabbénou Tam recommande le port de 2 paires à ses élèves.

Résultat de recherche d'images pour "tefilines "

Il est aussi souvent cité au sujet de son opinion sur l’heure de passage du jour à la nuit.

La porté de l’oeuvre de Rabbénou Tam

Outre les Tossefot qui lui sont attribuées, Rabbénou Tam a écrit des piyyoutim (poèmes liturgiques) et des Responsa, réunies dans le Sefer ha-Yachar (le Livre du Juste, 1149) sans rapport avec le midrash homonyme du même nom.

On ne dispose que d’un seul manuscrit du Sefer ha-Yachar de Rabbénou Tam. Celui-ci est conservé à la bibliothèque nationale et universitaire de Jérusalem.

Avec les commentaires du Talmud, Rabbénou Tam a fait ce qu’on peut appeler « le Talmud de France ».

Grâce à lui, l’école française du Talmud  connut un grand retentissement ,sa méthode de lecture qui rendit le texte simple et transparent se répandit universellement.

Le mouvement se développa rapidement et il devint un courant dominant qui modela l’enseignement des siècles ultérieurs depuis la France et l’Allemagne (y compris la Provence) jusqu’à l’Espagne à partir de l’époque de Nahmanide.

C’est surtout Rabbénou Tam qui marqua l’achèvement parfait des tosafot pour les générations à venir.

L’”empire de Ramerupt” demeure présent encore de nos jours dans la mémoire des juifs pratiquants.

Source principale: fr.wikipedia.org

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.