Mort du réalisateur Moshé Mizrahi, Oscar du meilleur film étranger avec Simone Signoret

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DISPARITION – Le cinéaste, seul réalisateur d’Israël à avoir décroché la statuette hollywoodienne, pour son adaptation de La Vie devant soi de Romain Gary, est décédé vendredi 3 août à l’âge de 86 ans.

Il avait réalisé trois films nominés à l’Oscar du meilleur film étranger dans les années 1970 et finalement remporté le prix, pour la France, avec La Vie devant soi en 1977. Autodidacte, Moshé Mizrahi s’est éteint à l’âge de 86 ans vendredi 3 août dans un hôpital de Tel Aviv. Il souffrait d’une sévère pneumonie. Il a été inhumé lundi à Tel Aviv

Trois de ses longs-métrages connurent un succès mondial. Rosa je t’aime (1972), La Maison de la rue Chelouche (1973) et La Vie devant soi (1977) furent tous nominés à l’Oscar du meilleur film étranger. Seule l’adaptation du roman de Romain Gary, ou plutôt de son alias Emile Ajar, lui permit de décrocher la précieuse statuette, face à son compatriote Menahem Golan et son film Opération Thunderbolt.

À ce jour, le cinéaste est le seul réalisateur israélien à avoir obtenu cette prestigieuse distinction. Inspirée du roman prix Goncourt, La Vie devant soi met en scène Simone Signoret dans la peau de la prostituée juive rescapée d’Auschwitz qui dirige une pension clandestine pour les enfants des filles de la rue, et qui couve un jeune garçon Algérien. L’actrice obtint d’ailleurs un César pour son interprétation en 1978.

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Né en 1931 à Alexandrie en Égypte, Moshé Mizrahi emménage à 14 ans avec sa mère et son frère en Palestine, deux années avant la proclamation de l’État d’Israël. Il grandit dans un kibboutz au contact d’une nouvelle culture qui le marque profondément. Le jeune homme s’installe en France au début des années 1950 et entame une carrière de critique de film et de traducteur. Il travaille ensuite pour la télévision et s’engage dans la maison de production TéléFrance. Il se forge une parfaite expertise cinématographique. À l’aube de ses 40 ans, il réalise ses premiers films.

Rosa je t’aime marque un tournant dans sa carrière. Il met à l’affiche l’actrice israélienne Michal Bat-Adam. Il tombe amoureux de la jeune femme et l’épouse. En 1980 le couple donne naissance à David, leur seul fils. En 1974 son film Les Filles à papa est sélectionné au Festival de Cannes, prémices d’un succès international inégalé dans l’histoire du cinéma israélien.

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Trois nominations et un Oscar plus tard, le réalisateur voit le cinéma américain lui tendre les bras. Tom Hanks embarque dans Every Time We Say Goodbye, long-métrage qui raconte l’arrivée d’un pilote américain blessé et envoyé en convalescence en Palestine. Il tombe sous le charme de Sarah. La différence de religion des deux menace leur idylle. La cohabitation des différentes religions est une thématique centrale dans le travail de Moshé Mizrahi, façonné par une éducation multiculturaliste. Le réalisateur animait à la fin de sa carrière, des conférences à l’université de Tel Aviv où il se faisait le porte-voix d’un message de tolérance.

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