Mennel, Mehdi, Houda, Oulaya ou les gentils visages de la radicalité

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©PATRICK IAFRATE GA040518IAF0006. // FRANCE. PARIS. 18 05 2004. GILLES WILLIAM GOLDNADEL, AVOCAT A LA COUR. // FRANCE. PARIS. 2004 05 18. GILLES WILLIAM GOLDNADEL

J’ignore comment TF1 aurait dû régler le dilemme Ibtissem dès lors que Mennel avait été régulièrement sélectionnée et qu’elle n’avait pas attenté à la loi. Sa démission sans doute un peu forcée met un terme à la réflexion.

Ceci posé, il y a des choses que nous ne pouvons plus ignorer. C’est cette radicalité, au sein d’une partie de la jeunesse islamique, y compris quand elle prend le visage de la modernité. Des cas bien plus graves que le cas Ibtissem ont été révélés et qui montrent en même temps la complaisance d’une frange de la classe médiatique.

L’affaire Mehdi Meklat d’abord, du nom de ce petit gars bien sympa du Bondy Blog, journal bien en cour chez Libération, gentil protégé de Pascale Clark de France Inter et qui détestait les juifs autant qu’il admirait Hitler. Malheureux Mehdi qui tenta d’effacer ses gazouillis et qui s’enfuit un temps vers l’Algérie.

L’affaire de la réalisatrice et de l’actrice du film « Divines » ensuite, Césarisé par le cinéma français pour des raisons cinématographiquement compréhensibles. Patatras hélas, Houda Benyamina, la réalisatrice, par ailleurs admiratrice de Malcolm X et de Ramadan T, avait posté sur Facebook une caricature qu’un esprit chagrin pourrait trouver un chouïa antisémite ou conspira-sioniste. On y voit en effet la marionnette d’un terroriste de l’État islamique, la lame du couteau encore ensanglantée, dont les ficelles sont tirées par un américain et un juif embusqués derrière un mur.

Sans la fâcheuse sphère, ce ne sont pas les truffiers antiracistes du Monde, des Inrocks ou de Libé qui auraient demandé des comptes à son ami et actrice Oulaya Amara, « meilleur espoir féminin », pour avoir posté une petite quenelle à la sauce Dieudonné ou pour avoir gazouillé sur Twitter « c’est bien du rap de sale naigre » (sic). Curieusement, les associations antiracistes n’ont rien trouvé à dire. Pas plus que le CRAN, trop occupé qu’il était à faire un procès à l’auteur couleur belge de Tintin au Congo…

Reste le cas Mennel, qui relève, en moins grave, du même phénomène. En surface, une jeune femme, pleine de talent, au visage d’ange et à la voix mélodieuse. Ses cheveux dissimulés par un joli turban, ce qui personnellement ne me gêne pas, a fortiori sur une chaîne privée. Mais, avec un double langage : Alléluia ! Des paroles en anglais de Léonard Cohen mais qui ne sont pas traduites dans sa version arabe chantée simultanément mais remplacées par une prière islamique.

En profondeur, la radicalité. Une radicalité banale, bébête, largement partagée sur l’islamosphère. Une chanson Palestine ! Palestine ! Palestine ! Mélopée particulièrement entraînante et bien chantée, mais adoptée par un Comité de Bienfaisance proche du Hamas. Et puis, surtout, ces messages qui mettent en doute le caractère terroriste de l’attentat de Nice et qui désignent notre gouvernement français comme responsable des massacres. Triste banalité de la radicalité.

Enfin, quand la main prise dans le sac, vient le temps des dénégations des uns et des péroraisons des autres. Mennel quant à elle, a tenté de nier, puis de tergiverser, enfin, de s’excuser avec une particulière spontanéité… nul n’est la dupe de sa duplicité. Mais Mennel est jeune, comme d’autres, elle a le temps de s’amender.

J’en veux moins à Mennel qu’à ceux, qui, par lâcheté ou stupidité, ont autorisé ce mariage entre une jeunesse et la radicalité.

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