L’Onu, instrument du boycott et de délégitimation d’Israël ?©

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L’Onu, instrument du boycott et  de délégitimation d’Israël ?

Le 4 octobre 2017, le Quotidien Haaretz a fait état de l’envoi, par le Haut commissaire aux Droits de l’Homme des Nations Unies (le jordanien Zeid Raad Al Hussein), de lettres officielles à 150 entreprises pour les informer de ce qu’elles étaient susceptibles de figurer sur la base de données listant les entreprises « impliquées dans les colonies israéliennes illégales » (sic). Le principe en avait été adopté par l’ONU en mars 2016, mais immédiatement dénoncé par Israël et les Etats-Unis qui y voyaient un moyen d’encourager le boycott des produits israéliens, en provenance notamment des territoires de la zone C de Cisjordanie. L’ONU vient donc de franchir un pas de plus, dans la diffusion de ce mensonge international, concernant l’existence supposée de « territoires palestiniens occupés » (sic) comme si elle devenait l’instrument de la délégitimation d’Israël.

Rappelons que la résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU du 23 décembre 2016 a posé que « Les colonies israéliennes en territoire palestinien occupé ne font pas partie d’Israël comme défini par les frontières de 1967 et sont illégales au regard du droit international » (sic). La base de données n’en est que la suite.

Sa finalité est de conduire de nombreuses entreprises à rompre leurs relations avec Israël puisqu’elles seraient coupables d’opérer dans « les colonies israéliennes illégales violant le Droit international » (sic). Rappelons, en effet, que les lettres envoyées aux firmes internationales mentionnent qu’elles exercent leurs activités « dans les territoires palestiniens occupés » et qu’elles sont impliquées dans les « violations du Droit international » (sic).

Selon le quotidien israélien, 75 courriers ont été adressés à des entreprises israéliennes, 30 le sont à destination d’entreprises américaines (dont Caterpillar, TripAdvisor, Airbnb) et le reste à diverses entreprises dans le monde. S’agissant des entreprises françaises, Alstom et Véolia sont également visées eu égard à leur participation dans la construction du tramway reliant Jérusalem Ouest aux « colonies israéliennes illégales à l’Est » (sic).

Les pressions exercées sur les firmes internationales sont d’une grande efficacité : il y a de cela deux ans, la société de télécommunication Orange avait rompu son partenariat avec l’entreprise israélienne Partner Communications à la suite de la diffusion d’un rapport établi par les Ong selon lequel « Orange participe indirectement au maintien et au renforcement des colonies israéliennes situées dans le territoire palestinien occupé, considérées comme illégales par la communauté internationale » (sic). Il en est de même de la société Safége, filiale de GDF Suez (contrôlée à 33.29 % par l’Etat français) attributaire du marché pour la réalisation du téléphérique reliant l’ancienne gare Ottomane de Jérusalem au Mont des Oliviers.

Notons également que des sociétés d’assurance françaises sont également dans le collimateur. Il leur est reproché de soutenir « l’expansion coloniale israélienne » (sic), aux dépens « des territoires palestiniens » (sic) et « de la construction de la paix » (sic).

Il en est ainsi du Crédit agricole et sa filiale LCL qui détiennent des participations financières dans neuf banques et entreprises israéliennes et qui participent à des projets de développements de la zone C, mais aussi du groupe BCE et sa filiale Natixis qui en détiennent six, voir encore de la Société générale et AXA qui en détient quatre. De plus, un prêt de 288 millions d’euros a été accordé par un consortium de banques (dont BNP Paribas, Société Générale, Crédit Lyonnais et Natixis) à la société Israel Electric Corporation qui fournit l’électricité en zone C. Les travaux y sont réalisés notamment par Alstom, dont l’État français, est actionnaire à hauteur de 20 %…

Déjà, de nombreuses firmes internationales collaborant avec des entreprises israéliennes se sont retirées : le premier fonds de pension mondial, le fonds souverain norvégien, ainsi que le fonds de pension néerlandais PGGM ont placé des entreprises israéliennes sur leur liste d’exclusion. En 2014, le fonds de pension luxembourgeois FDC s’est désinvesti à son tour de ces cinq banques israéliennes pour les mêmes raisons. De même, la banque danoise Danske Bank et la banque allemande Deutsche Bank Ethical Fund ont mis Hapoalim Bank sur une liste noire. En janvier 2016, le fonds de pension de l’Église méthodiste aux États-Unis, a désinvesti 20 milliards de dollars dans les banques Hapoalim et Leumi « en raison de leur contribution directe à la colonisation israélienne »…

En effet, à force de ressasser qu’il existerait des « territoires palestiniens occupés » ou des « colonies illégales au regard du Droit international », les lecteurs et les auditeurs finissent par le croire. Israël serait donc un « occupant sans droit ni titre » (sic), suscitant l’empathie à l’égard des palestiniens, et l’Union Européenne, un complice dans la perpétuation du conflit que l’on appelle « israélo palestinien » à travers les relations économiques poursuivies dans les « territoires palestiniens occupés » (sic).

Certes, la base de données n’emporte pas de sanctions particulières mais reste une sanction symbolique. Toutefois, et dans la mesure où la liste des entreprises concernées doit être publiée en fin d’année, elle aura un effet éminemment pervers : elle installera faussement dans l’esprit du public, qu’il existe des « territoires palestiniens » (sic), alors même que la Palestine, reconnue le 29 novembre 2017, ne s’est pas vue affectée de territoires particuliers. De même, il sera possible d’imaginer que ces territoires palestiniens (imaginaires) sont occupés par Israël (sic) (alors que faute de territoires dépendant d’une entité souveraine, ils ne peuvent être occupés). Enfin, la base de données occulte le fondement de la présence israélienne en zone C de Cisjordanie, en l’occurrence les accords israélo palestiniens d’Oslo qui ont conféré à l’Etat hébreu l’intégralité des prérogatives civiles administratives et militaires sur 60 % du territoire de Cisjordanie.

En outre, laisser entendre qu’il existerait des « territoires palestiniens occupés » sur lesquelles des firmes internationales opéreraient, permet à l’Onu de cultiver une forme de victimisation des palestiniens qui seraient spoliés de leurs droits (ce qui est faux), mais aussi de cautionner les actes terroristes (puisque les palestiniens deviennent des résistants à l’occupation) et de délégitimer Israël dont l’arrogance justifie qu’il soit placé au ban de la communauté internationale.

Il est donc urgent de rétablir la vérité pour éviter que la communauté internationale ne s’égare dans ses erreurs d’analyse. Le 3 octobre 2017, Nickolay Mladenov, le chef de la représentation politique de l’ONU à Jérusalem, a indiqué  au Conseil de Sécurité de l’ONU que « les activités de colonisation illégale d’Israël ont continué à un rythme élevé » en grave « violation des résolutions de l’ONU ». De même, l’ambassadeur de l’UE à Tel Aviv, Lars Faaborg-Andersen a indiqué en juin 2017, que l’UE n’avait pas de moyen fiable de distinguer les exportations des colonies d’autres produits israéliens. Les dommages collatéraux sont considérables pour Israël.

Les principes faux de l’ONU (qu’elle considère comme relevant « du Droit international »), rend sa démonstration absurde. Il est urgent qu’elle les corrige.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

1 COMMENT

  1. Quand on sait que la grande majorité des voix admises aux votes sont des voix de pays musulmans on comprend pourquoi Israël est toujours ciblé et pourquoi il répond par le plus grand mépris et se fiche, avec raison, des résolutions votées contre lui.

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