L’ombre de l’Iran plane sur l’accord de trêve russo-U.S en Syrie©

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La marge de manœuvre de l’Iran au cœur des inquiétudes israélo-jordaniennes, après l’accord américano-russe

 

« Les Etats-Unis, la Russie et les puissances régionales sont parvenus à un accord de cessez-le-feu dans le Sud-Ouest de la Syrie », a déclaré un responsable américain, vendredi 7 juillet, à la fin de la première rencontre très attendue des Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine, à Hambourg. Il faisait en fait référence à l’Iran et à son consentement à un cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur dimanche 9 juillet.

Debkafile confirme qu’il s’agit d’une percée significative sur l’un des fronts les plus volatils de la guerre longue de six ans en Syrie, ayant un impact direct sur la sécurité israélienne et jordanienne. Nos sources révèlent que Téhéran a été convaincue de monter à bord de ce cessez-le-feu limité, au cours de conversations téléphoniques en urgence, peu avant le sommet, entre le Ministre russe de la Défense Sergeï Shoïgu et le Conseiller iranien à la Sécurité Nationale, l’Amiral Shamkhani.

La Russie et l’Iran sont les principaux appuis internationaux du Président syrien Bachar El Assad, alors que Washington soutient certains des groupes rebelles combattant pour son expulsion du pouvoir.

Le consentement de Téhéran au renoncement aux opérations militaires  qu’il parraine le long des frontières de la Syrie avec Israël et la Jordanie fait, sans nul doute, partie d’un marchandage américano-russe accordant des gains substantiels à l’Iran sur d’autres fronts en Syrie, qui devraient être de valeur égale voire supérieure pour ses intérêts.

Pour l’Iran, le gros lot serait d’imposer son contrôle militaire sur le front Est, le long de la frontière syro-irakienne, représentant la clé pour l’ouverture de son couloir terrestre tant convoité entre l’Irak et la Syrie.

« Il reste encore un énorme travail à réaliser », a conclu le responsable américain.

Les journalistes s’attendaient à ce que le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson leur fournissent plus de détails au sujet de cet accord, en paritculier comment les Etats-Unis et la Russie proposent d’étendre ce cessez-le-feu dans le Sud-Ouest de la Syrie à d’autres fronts de guerre.

L’accord limité conclu par Trump et Poutine fournit à Israël et à la Jordanie une mesure partielle de soulagement,parce que l’Iran sera certainement autorisée, en retour, à compléter son intervention militaire dans d’autres parties de la Syrie. Le Secrétaire d’Etat Rex Tillerson, qui assistait au sommet aux côtés du Ministre russe des Affaires étrangères Lavrov, s’est montré optimiste : « Je pense que nous tenons là notre première indication du fait que les Etats-Unis et la Russie sont capables de travailler ensemble en Syrie et, découlant de cela, nous avions eu une longue discussion approfondie concernant d’autres zones en Syrie sur lesquelles nous pouvons continuer à travailler ensemble pour provoquer la désescalade de la violence dans ces zones.

Tillerson a poursuivi en disant : « Dès que nous aurons vaincu Daesh, nous travaillerons ensemble pour mettre en place un processus politique qui garantira l’avenir du peuple syrien ». Il a ajouté  : »Nous ne voyons pas d’avenir à long terme pour Bachar El Assad ».

Tillerson a aussi dévoilé que Trump s’est confronté à Poutine, au début de leur entrevue, en lui présentant les allégations d’ingérence russe dans le cours des élections de 2016. Le dirigeant russe a catégoriquement démenti ces accusations. Cependant, le Secrétaire Tillerson a exprimé le souhait que cette confrontation devrait soulager une partie de la pression sur le Président, sur le plan intérieur.

Concernant la crise des missiles en Corée du Nord, Tillerson a déclaré que la situation présente est « inacceptable », mais qu’on ne dispose plus que de très rares options. « Nous demandons à la Corée du Nord de venir discuter à la table de négociations et nous appelons encore la Chine à agir sur la Corée du Nord ».

La rencontre Poutine-Trump prévue d’une durée de 30 minutes en marge du sommet du G20, s’est poursuivie durant deux heures et seize minutes. Mais quand la poussière soulevée par toute la fanfare l’entourant est retombée, on a commencé à réaliser que les Présidents américains et russes n’étaient parvenus qu’à très peu de consentement mutuel sur la majeure partie  des questions à traiter, excepté uniquement cette trêve limitée en Syrie.

DEBKAfile  Reportage Spécial, 8 juillet 2017, 8:29 AM (IDT)

Adaptation : Marc Brzustowski

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