Les prophètes d’Israël du Roi Salomon jusqu’à l’exil de Babylone

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Etre prophète n’est pas une vocation de tout repos et nombreux sont les prophètes qui ont eu du fil à retordre lors de leur mandat car s’entendre dire des vérités n’est agréable pour personne.

Nous allons évoquer quelques-uns des prophètes qui ont illustré la  période allant de la fin de la vie du roi Salomon  jusqu’à l’exil de Babylone, période qui s’étendit sur les royaumes de Judas et d’Israël pendant près de 200 ans –de 931 à 722 avant l’ère chrétienne.

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Peu avant la mort de Salomon, le prophète  Ahya   investit Jéroboam comme le roi du futur royaume d’Israël alors que Roboam se prépare à  succéder à son père, Salomon fils du roi David.  Les prophètes cités ci-dessous ont eu parfois des périodes de prophétie parallèles à d’autres prophéties. Vingt-quatre ans environ après le début du schisme, D.  S’adressa à Jéhu fils de Hanani[1]

JEHU BEN HANANI : Il eut le désagréable devoir de mettre le roi d’Israël  Baâsha du fait que sa conduite ne plaisait pas à l’Eternel et qu’ainsi sa maison serait « détruite ». La fonction de Jéhu dura jusqu’au règne de Ahab et de Yéhoshafat et il assista bien entendu à la destruction de la « maison » de Baâsha.

SHEMAYAHOU : D S’adressa à Shemaya[2] pour qu’il se présente à Roboam et mettre celui-ci en garde de ne pas s’engager dans une guerre fratricide et de ne pas tenter de rassembler à nouveau les tribus qui s’étaient séparées du royaume de Judas. Il rappelle comme le feront les autres prophètes que, malgré la scission des  deux royaumes, que le peuple est formé, qu’on le veuille ou pas, d’un lien de sang fraternel entre les douze tribus.

IDO[3] : Ce prophète[4] fut en fonction dès les débuts de l’ouverture du premier Temple et jusqu’à la fin du neuvième siècle – soit aux environs de l’an 900 avant l’ère commune. Il fut l’un des dix prophètes à être surnommé « l’homme de D ».  Il a rédigé un livre de midrashim qui n’est malheureusement pas parvenu jusqu’à nous. Le Yalkout Shimôni[5] pense qu’ Ido le prophète était le fils de la « shounamite »[6]. Cependant, il semble qu’il y ait un « petit » décalage historique entre ces deux personnages.

MIKHAYAHOU[7] BEN YMLA : Il fut « nommé» prophète pendant la période du règne du roiAhab, au VIIIème siècle avant l’ère chrétienne. Ahab convoqua Mikhayahou car il désirait le consulter à propos d’une guerre qu’il projetait contre le roi d’Aram. Mikhayahou ne put lui prédire que des échecs et pour celaAhab éprouvait une certaine haine envers le prophète. Malheureusement pour Ahab, la prophétie de Mikhayahou se réalisa et le souverain du royaume d’Israël succomba après avoir été frappé par une flèche tirée par un soldat de la troupe du roi d’Aram.

ELIAHOU HANAVI : Ce prophète mériterait que fût rédigé un livre entier sur sa personnalité énigmatique, sur son rôle et sur sa « disparition ».  Le  roi Ahab, avait épousé une Tsidonite[8] du nom de Jézabel[9].  Ce roi s’était laissé dominer par son épouse qui rendait un culte effréné à l’idole Baâl et avait entraîné une grande partie du peuple,  dans cette idolâtrie. Les Cohanim étaient pourchassés et persécutés.

L’histoire d’Elie reste assez obscure et c’est surtout dans le livre des rois qu’on retrouve des scènes qui font de lui un personnage attachant  dont l’origine est trouble car il est nommé parfois le Tishbi ou parfois plus vaguement le Guileâdi l’un comme l’autre de ces lieux désignant une région plus ou moins large située en Samarie.  Il semble qu’il descendait d’une famille appartenant à la tribu de Lévy et lui-même, en particulier, descendait de la famille d’Aharon HaCohen, la tradition talmudique insistant sur l’analogie présentée dans le caractère fanatiquement religieux des personnages de Pinhas et d’Elie.[10]

Le roi et son peuple se détachant du culte d’Israël, Elie est chargé de « secouer » surtout le souverain et d’annoncer la sécheresse et la famine qui en découlera si l’idolâtrie est maintenue. Elie s’y conforme et, fuit vers une grotte que D  lui désigne comme refuge. Un torrent procurant à Elie fraîcheur et de l’eau à boire et des corbeaux procurant deux fois par jour au prophète du pain frais et de la viande pour garder ses forces. La sécheresse sévit sur le pays trois années durant puis, D désigna une direction à emprunter à Son envoyé qui, par conséquent, se dirigea vers l’habitation d’une veuve et de son enfant parvenant à la fin de ses moyens de subsistance. Il lui demanda un morceau de pain lui assurant que désormais elle ne manquerait plus de rien ni elle, ni son enfant et c’est ce qui se produisit.  L’enfant de la veuve mourut et Elie le ressuscita. Après ces faits, Elie se dirigea vers le palais d’Ahab[11] pour  l’avertir de ce qui arriverait et toutes les prophéties d’Elie se réalisèrent. Ayant annoncé sa mort à Jézabel, celle-ci voulut tuer Elie qui prit la fuite vers le Sinaï.  C’est alors, que D chargea Elie de trois missions : celle de sacrer roi Hazael qui devait régner sur Aram ; Jéhu fils de Nemshi pour prendre la succession d’Ahab et Jézabel et d’oindre Elisée fils de Shafat comme son propre successeur. Puis, Elie, dont le successeur Elisée avait déjà assisté à nombre d’évènements, quitta ce monde avec la charge prochaine d’annoncer la venue du Messie et la Rédemption tout en accompagnant chaque bébé juif qui naîtrait lors de sa circoncision. Le personnage d’Elie est entouré des mystères des miracles qui lui sont attribués. Les prophéties d’Elie furent d’une précision impressionnante !

ELISEE : Elisée (Elishâ en hébreu) est lui aussi un personnage marquant. Il est d’une certaine manière le disciple d’Elie.  Elisée est le fils d’un homme qui s’appelle Shafat probablement issu de la tribu de Gad[12].  Son action prend place dans le royaume d’Israël sous les règnes de Yoram, d’Ahazia, de Jéhu, Yehoahaz, et de Yoash sur la vie desquelles nous reviendrons. Tout comme le prophète Elie, Elisée mena une guerre implacable aux idolâtres, et lui aussi fit des miracles.

Après avoir « servi » Elie le prophète huit années durant, Elisée  qui avait hérité de son maître le manteau, devint officiellement prophète en Israël[13]. Elisée demanda à l’Eternel d’avoir plus de force durant sa fonction et il fut exaucé. Il est recommandé de lire dans le second livre des Rois l’histoire d’Elisée et de son aide Gehazi (chapitre V) qui fut puni de sa cupidité en recevant une malédiction de la bouche-même d’Elishâ. A ce propos, il est important de souligner qu’Elishâ était un brave homme mais qui, comme tout être chair et de sang, n’est pas arrivé à sublimer sa colère lorsque, par exemple, de jeunes garçons sont sortis derrière lui en se moquant de sa calvitie, le prophète ne supporta pas ces moqueries et maudit les jeunes-gens ce qui eut pour effet immédiat : des ours sortirent de la forêt et dévorèrent quarante-deux de ces jeunes garçons.[14] C’est ainsi qu’il est conseillé de ne pas mettre  de saints hommes (ou femmes) en colère.

Elishâ fut prophète 66 années durant et lorsqu’il tomba malade et mourut, le roi Yoash vint lui rendre un dernier hommage[15] dans le même style dans lequel Elishâ avait adressé son éloge funèbre au Prophète Elie. On dénombre plus de 15 miracles opérés par Elishâ le dernier étant celui d’un mort qui fut placé sur la dépouille du saint homme et, au contact avec le corps d’Elisha, le mort ressuscita[16].

Après Elishâ, le peuple, dirigé par des souverains fidèles au culte du D d’Israël, connu des années de paix………. Au cours du prochain chapitre nous nous livrerons à une analyse des règnes successifs en Judas et en Israël jusqu’aux heures sombres………..

Caroline Elishéva REBOUH.

[1] Jéhu fils de Hanani qui fut prophète voir Rois livre I versets 1 à 7  et non pas Jéhu fils de Yéhoshaphat et petit-fils de Nimshi (841-814 avant ère chrétienne) qui régna sur Israël.

[2] Chroniques livre II, chapitre XI, verset 2.

[3]Ido s’écrit עדוet il n’y a pas lieu de le confondre avec אידו  qui est cité dans le livre d’Ezra au 14ème chapitre et qui évoque une personne qui a participé à la construction du second temple de Jérusalem.

[4] Rois Chroniques livre I, chapitre XIII.

[5] Yalkout Shimôni est un recueil de midrashim sur le Tanakh (Bible)  qui a été composé au XIIIème siècle à Francfort et imprimé à Venise en 1566. On possède très peu de renseignements sur l’auteur.

[6] La Shounamite, femme issue de la ville Shounam et qui n’avait pas d’enfants. Mais, après la bénédiction du prophète Elisée, elle en eut un.

[7] Livre des Rois I, chapitre XXII, verset 7, et Chroniques II, XVIII.

[8]  De la ville de Sidon (Tsidon en hébreu)

[9]Jézabel en hébreu :Izével /Isabel.

[10] D’après les midrashim de « Pirké déRabbi Eliezer », au chapitre 47, Pinhas a vécu et officié pendant des centaines d’années et s’est envolé vers les cieux, sans mourir,  sa fonction arrivant à son terme,  tout comme le prophète Elie qui a quitté ce monde à bord d’un char céleste. Cet atout de ne pas passer par le stade de la mort ayant été attribué par D à Pinhas en récompense du zèle dont il a fait preuve au long de sa vie.

[11] Lire livre des Rois I chapitres XVII à XXII et Rois II chapitres I et II.

[12] Rashi s’appuie sur le verset des Chroniques I chapitre V verset 12.

[13] Rois livre II chapitre V, verset 8.

[14] Rois, livre II, chapitre II, versets 23 et 24.

[15] Rois livre II, chapitre XIII, verset 14.

[16] Rois livre II, chapitre XIII, verset 21.

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