L’élection du directeur de l’Unesco, un scrutin de cocus©

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Quel monde et quelle période étranges que les nôtres, où nous assistons, soumis, où nous subissons l’entrée dans les institutions nationales et internationales de pays, d’entités ou de personnes que nous sommes censés combattre, car ils font la promotion de la haine et du terrorisme.

L’élection actuelle du nouveau Directeur de l’UNESCO, en remplacement de la bulgare Irina Bokova, est de ce registre.

Bien qu’elle doive en théorie se poursuivre jusque vendredi, tant qu’aucun candidat n’aura obtenu la majorité requise (si ce n’est toujours pas le cas vendredi 13 octobre, le candidat qui a obtenu la majorité des suffrages exprimés est déclaré élu, cf : PROPOSITION D’UN CANDIDAT AU POSTE DE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’UNESCO),l’inquiétude (ou le fatalisme c’est selon) est déjà là.

En effet, au premier tour du 9 octobre, le Qatari Hamad ben Abdoulaziz al-Kawari prenait la tête avec 19 voix (20 au deuxième tour de ce mardi), distançant la Française Audrey Azoulay, qui a obtenu 13 voix aux 2 tours, et l’Égyptienne Mouchira Khattab qui a récolté 11 voix au 1er tour (12 au second).

Les autres scores des candidats encore en lice étant les suivants :

Chine (M. Qian Tang) avec le même score de 5 voix aux 2 tours.
Vietnam (Pham Sanh Chau) 5 voix au 2ème tour (2 la veille).
Liban (Mme Véra el-Khoury Lacoeuilhe) 3 voix contre 6 au premier tour.

De ce fait, et sauf coup de théâtre, le duel se poursuivra entre le Qatar et la France.

Et bien malin est celui qui peut dire dans quel cas nous serions gagnants !

Et même si une hypothèse quelconque serait heureuse…

Depuis plusieurs mois, des journalistes, des intellectuels, des membres de la société civile dénoncent la part importante du Qatar (avec d’autres pays arabes) dans le financement du terrorisme (Lire ainsi : Manifester contre le financement du terrorisme©).

De fait, même si la réalité est plus ambiguë, aussi ambiguë que la personnalité de l’émir du Qatar Amim ben Hamad Al Thani, (« Qatar : Les Vérités interdites »), il n’en demeure pas moins que la présidence de l’UNESCO par ce pays est une très mauvaise nouvelle.

Il ne s’agit pas ici d’être (mesquins) en critiquant les procédés peu recommandables du candidat Qatari pour s’attirer les faveurs.

Même si nous sommes très tentés de rapporter les propos du journal Jeune Afrique, pour lequel “L’homme d’affaire et diplomate qatari Hamad Al-Kawari met tout en oeuvre pour devenir le prochain directeur général de l’Unesco.

Alors que la bataille fait rage, notamment entre les trois candidats arabes restants (Qatar, Égypte, Liban), pour le poste de directeur général de l’Unesco remis en jeu le 10 octobre, le prétendant qatari, Hamad Al-Kawari, multiplie les largesses à l’égard des représentants des États membres chargés du vote.

Des 58 membres de la commission exécutive princièrement invités à Doha, 12 ont répondu favorablement, mais 10 seulement ont fait le voyage.

Pour s’assurer un peu plus de leur soutien, cet ex-ministre de la Culture a de nouveau convié le 30 septembre, dans un salon privé du restaurant La Terrasse du 7e, à quelques pas du siège de l’Unesco, à Paris, les délégués votants de 12 pays (Afrique du Sud, Algérie, Bangladesh, Cameroun, Kenya, Malaisie, île Maurice, Népal, Salvador, Sénégal, Togo et Yémen).”

Procédés à l’égal de la philosophie du candidat Qatari, sur laquelle le Centre Simon Wiesenthal avait alerté, en vain, lors de l’annonce de sa candidature, en protestant auprès de l’UNESCO, sur la base de ses propos antisémites, et du fait qu’il avait nié les liens plurimillénaires entre le peuple juif et Jérusalem :

“Dans une lettre adressée à l’ambassadeur Michael Worbs, président du Conseil exécutif de l’Unesco, le directeur des Relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, Shimon Samuels, lui exprimait son étonnement « quand j’ai appris que le ministre qatari de la Culture, Hamad bin Abdulaziz Al-Kawari, figurait sur votre liste du 16 mars parmi les neuf candidats au poste de directeur général de l’Unesco, et qu’il devait passer un entretien auprès du Conseil exécutif, le 26 ou le 27 avril ». <http://en.unesco.org/executive-board/dg-candidates-2017>

La lettre indiquait que, «pas plus tard qu’hier, le Qatar soutenait un projet de résolution qui contestait tout lien israélien/juif avec Jérusalem, aussi bien à l’est qu’à l’ouest de la ville».

Notre Centre signalait qu’«au cours des cinq années 2012-2016, à la Foire du livre de Francfort, nous avons décerné le ‘‘prix du Pire Délinquant’’ au stand qatari ‘‘pour ses ouvrages sur la théorie du complot et la haine des Juifs’’. Il poursuivait en ces termes : «En 2015, dans une lettre adressée au ministre de la Culture Al-Kawari, concernant déjà à cette époque des articles de presse sur sa candidature à l’Unesco, nous avions attiré son attention sur les festivals de haine antisémite qui se déroulaient sous son autorité au Salon du livre international de Doha. Nous n’avions pas obtenu de réponse. <http://www.wiesenthal.com/site/apps/s/content.asp?c=lsKWLbPJLnF&b=4442915&ct=14539137

M. Samuels expliquait que «nous venons de recevoir un ouvrage en arabe, publié en 2013 par le ministère qatari de la Culture et des Sports :
<http://adminuser.mcs.gov.qa/MinistryReleases/كتابالقدسفيعيونالشعراءنهائيطباعة.pdf>
Jérusalem aux yeux des poètes, par Mohammed Kujjah, conseiller de l’Unesco en Syrie pour le patrimoine culturel immatériel».

Son ouvrage figure sur : <https://www.facebook.com/pg/MhdKujjah/about/?ref=page_internal> <https://twitter.com/mohammadkujjah> (un tweet récent, du 5 mars 2017).

La lettre du Centre dénonçait la préface du livre, rédigée par le Dr Hamad bin Abdulaziz Al-Kawari, qui y apportait son aval (page 5) :

« – Son premier paragraphe se réfère à l’importance de Jérusalem pour les Arabes et les musulmans (la mosquée Al-Aqsa) : Jérusalem sous la domination musulmane symbolisait l’unité de l’islam et sa grandeur, alors que sous l’occupation, c’est un symbole de débâcle et de faiblesse ;

– Le deuxième paragraphe se réfère aux poèmes sur Jérusalem sous la domination musulmane et l’‘‘occupation’’ (les croisades/Israël) ;

– Le troisième et dernier paragraphe (cf. l’image jointe) expose : ‘‘Le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine a publié ce livre avec la ferme conviction qu’il contribuera à documenter ce qui s’est dit sur Jérusalem dans les poèmes et les événements qu’elle a vécus, et nous prions Dieu pour qu’elle soit libérée de captivité et pour que les musulmans soient incités à la libérer…’’ Signé par le Dr Hamad Bin Abdulaziz Al-Kawari, ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine. »

Le Centre soulignait que, «bien que ce livre contienne essentiellement des poèmes sur Jérusalem écrits par des poètes arabes à travers différentes périodes, il semble inclure des théories du complot antisémites.

Exemples :

– Le lien entre Israël et Jérusalem est un mythe, ainsi que l’a exposé le philosophe français Roger Garaudy (page 7). [Il convient de souligner que Garaudy a été mis en examen pour négationnisme de la Shoah] ;

– Israël est à l’origine de tous les problèmes du Moyen-Orient et au-delà : la guerre civile au Liban, la première et la seconde guerre du Golfe, l’invasion de l’Iraq et de l’Afghanistan, la crise au Soudan, en Egypte, etc. (pages 31-32) ;

– Les Juifs contrôlent médias, journaux et maisons d’édition des Etats-Unis et de l’Occident (page 34). »

« Monsieur le Président, pour qui semble adhérer au langage de Goebbels, la direction de l’organe intellectuel des Nations unies n’est pas de mise. Nous tenons à ce que vous le signaliez au Conseil exécutif », concluait M. Samuels.” (Source : Centre Simon Wiesenthal)

Ainsi que l’a rappelé l’Ambassadeur d’Israël auprès de l’UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, qui déplore les résultats du premier tour de scrutin de ce lundi pour élire un nouveau dirigeant de cet organisme qui devrait veiller au patrimoine mondial de l’humanité, on s’apprête surtout à le sous-traiter au financier des Frères Musulmans, du Hamas et de Daesh (L’UNESCO bientôt aux ordres du Qatar pro-terroriste?©)

Pour des raisons à peu près équivalentes, est organisé ce soir, mercredi 11 octobre, avant donc le 3ème tour, un rassemblement à 18h devant l’UNESCO, à l’initiative de trois associations : l’Union des Peuples Pour la Paix, Laicité pour Tous – présidée par l’homme d’affaires d’origine copte Rezk Shehata -, et la MICRA – une association française musulmane de lutte contre le racisme et l’antisémitisme présidée par Marouan Rhiwi.

Pour Rezk Shehata, “on est contre les pots de vins Qatari pour gagner les élections avec l’argent. Nous sommes contre le hold-up de l’UNESCO par un pays qui finance le terrorisme. Même s’il est vrai que mon coeur bat pour la militante égyptienne, pour moi il importe que la France gagne.”

Pour Marouan Rhiwi, “il faut faire cette manifestation: d’abord car dans ce royaume il y a un problème avec les droits de l’homme, et surtout parce que la France a été frappée par le terrorisme, et que dans le financement de ce dernier apparaît le nom de Qatar. Surtout depuis l’arrivée de la chaîne al jazerra qui chauffe les esprits dans les sociétés arabo-musulmanes avec des mensonges, surtout sur le conflit Israël Palestine. Et depuis l’entrée des investissements qataris en France, chaque mois et parfois chaque semaine il y a un acte terroriste et antisémite car la chaîne al jazerra est suivie par des milliers de foyers en France.
L’Unesco a été créée pour développer l’éducation dans le monde. imaginez-vous que le Qatar qui ne respecte pas les droits de l’Homme soit President de l’UNESCO ? Il transmet la haine par Al Jazeera, il fabrique des images sur le conflit Israël Palestine, que les enfants regardent avec les parents; la direction de l’UNESCO par le Qatar est un danger.
Et il faut soutenir Mme Azoulay, qui était ministre et maîtrise le dossier.”

Il est vrai que certains pourraient dire qu’en soi, cette perspective n’aurait pas de réel impact, vu, notamment le peu de crédibilité de l’UNESCO.

Avec un raisonnement pareil, cependant, on s’explique largement pourquoi le Qatar a acquis des bastions économiques par strates en France, et pourquoi nous n’avons plus depuis une position de force dans les échanges avec ce pays et les autres pays arabes – terroristes ou pas.

Ou encore eu égard le rôle du Directeur Général au sein de l’UNESCO. Ainsi, on pourrait très bien rappeler que malgré les bonnes intentions de l’actuelle directrice Irana Bokova, les responsabilités de cette dernière n’ont pas empêché ces deux dernières années l’organisme à l’origine culturel de rendre des résolutions infâmes, dénaturant l’histoire et contre-productives pour l’objectif officiel affiché de la paix entre Israel et la Palestine.

Irena Bokova n’a ainsi pas empêché – alors qu’elle a annoncé son désaccord – l’adoption d’une résolution en 2016 niant tout lien entre Jérusalem et le judaïsme au mépris de l’histoire.

Epineux et douloureux souvenir que cette résolution, car elle amène à évoquer le rôle de la France, qui a tantôt voté pour, tantôt s’est abstenue lors de votes importants qui ont conduit à délégitimer encore plus Israel.

La France, il faut le rappeler, n’a pas assuré en tant que membre et hébégeur de l’UNESCO.

Doit-on lui faire confiance en tant que Directrice de cet organisme ?

Nous allons essayer d’oblitérer de notre mémoire la schizophrénie française d’avant notre nouveau Président de la République Emmanuel Macron, et qui a consisté pendant des années et des années, à déligitimer Israel – directement par des propos incisifs sur les “colonisations”, ou indirectement par la tolérance coupable envers les individus, groupements, rassemblements et partis politiques appelant au boycott d’Israel dans la version soft ou à la haine des juifs dans la version déshinibée – tout en sollicitant et acceptant les collaborations dans les domaines économiques et stratégiques.

Nous allons imaginer que le discours sincèrement magnifique d’Emmanuel Macron lors de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv au mois de juillet, dans lequel, en réclamant que la vérité soit établie dans l’assassinat de Sarh Halimi, il a levé le couvercle sur l’antisémitisme musulman, sera bientôt suivi d’effet.

…Une fois qu’on aura porté à sa connaissance les rassemblements, banderoles, qui continuent d’être organisés et brandis par des représentants de l’Etat Français pour soutenir des terroristes arabes.

Une fois qu’on lui aura signalé les divers colloques, conférences qui masquent à peine les ambitions territoriales de l’islamisme.

Qui masquent à peine les liens entre cette politique de conquête et la haine de l'”occupant israélien”.

Nous serions tentés de dire que nous avons confiance en Madame Azoulay rien qu’au regard de certaines réactions déclenchées par sa candidature.

Ainsi, celle de la sénatrice Joëlle Garriaud-Maylam (LR) qui avait qualifié d’«insulte aux pays arabes» la candidature de dernière minute de la ministre de la Culture Audrey Azoulay à la tête de l’Unesco.

« Une telle candidature est une insulte aux pays arabes, qui n’ont jamais obtenu un tel poste à l’Unesco et envers lesquels des engagements moraux avaient été pris pour que ce poste revienne à un des leurs », précisait-elle.

Souci d’équité envers les pays arabes extrêmement préoccupant au regard de sa conception du conflit israélo-palestinien.

Israël/Palestine : des effets pervers du manque de courage politique (Huffington Post)

Aussi, l’adage l’ennemi de mon ennemi est mon ami (c’est bien cela ?) pourrait nous rendre sympathique la candidature française.

Mais il faut plus qu’un adage et une règle de trois pour nous rassurer.

Evidemment, cependant, qu’au regard du duo existant à cette heure, la préférence ne peut faire de doute.

Nous sommes obligés de faire confiance à la France.

Encore faut-il qu’elle soit élue, et que la victoire du Qatar ne vienne pas parachever la soumission de la France aux pays arabes.

 

©Solange Hendi pour JFORUM

5 COMMENTS

  1. peut etre que cela fera comprendre à tous ces collabo de l’ONU que l’institution doit etre reformée.
    quelque fois, il vaut mieux que la situation soit bien noire plutot que grise, car alors il ne peut y avoir du pour et du contre.

  2. Pour ce qui concerne la lutte contre l’antisémitisme la non élection d’ al-Kawari est importante. Pour la défense du sionisme, entre Azoulay et l’autre, c’est blanc béret et keffieh blanc. Je ne dirais pas que cette élection m’indiffère mais disons, qu’elle me laisse froid.
    Je me demande d’ailleurs, à quel point l’élection d’un président comme al-Kawari ne serait pas une bonne chose. Elle décridibiliserait définitivement cette organisation et la mettrait ainsi hors d’état de nuire.

  3. La candidate francomarocaine ( neee Juive…) mais d abord socialiste , fille du lechebabouche de l emir ou roi du maroc , agira comme representante de la majorite des membres .
    Nous connaissons les resultats de tous ces votes , et ceux des francais , entre autres !

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