Le titre tendancieux du Monde sur une attaque à Jérusalem

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La présentation du conflit israélo-palestinien dans les médias occidentaux est, on le sait, fortement obérée par les mensonges ou inexactitudes liés au parti pris pour les palestiniens, au détriment d’Israël, éternel agresseur.
Le journal InfoEquitable s’est donné comme mission de rectifier les faits, au travers de quelques exemples – Dieu sait que la masse du travail en ce domaine est infinie.
Aujourd’hui, le journal présente le cas du quotidien français Le Monde, dont on connaît depuis longtemps l’idéologie anti-Israël, avec cette fois une une sur l’attaque de gardes-frontières israéliens par un terroriste arabe.

Le monde juif vient de célébrer Pourim, une fête commémorant un miracle ayant sauvé les Juifs de Perse dans l’antiquité. Le vizir du roi, Aman, fit signer un décret par le roi pour exterminer les Juifs du royaume; mais au final, c’est lui qui fut obligé de rendre les honneurs à un Juif, Mardochée, puis pendu. Ce renversement de situation, cette inversion est célébrée par diverses coutumes dont l’une est de se déguiser.

Le Monde a-t-il voulu fêter Pourim en pratiquant lui aussi l’inversion ?

On pourrait le croire, à voir le titre choisi par le quotidien pour décrire l’attaque de deux gardes-frontières israéliens survenue à Jérusalem le matin de Pourim : « Un Palestinien abattu à Jérusalem. »

De nombreux lecteurs se sont joints à InfoEquitable sur les réseaux sociaux pour dire au journal leur incompréhension :

Le quotidien apportait des précisions dans le chapeau de l’article : « Il a attaqué au couteau deux gardes-frontières israéliens près d’une des entrées de la Vieille ville de Jérusalem. »

Il était donc implicite dans le titre – et exact – que le Palestinien en question avait été abattu par des Israéliens. En revanche, il y manquait un point crucial : le contexte. Qui était ce Palestinien ? Pourquoi a-t-il été abattu ?

Résumons les faits dont nous avons connaissance après la lecture du chapeau :

  • l’action (LE FAIT PRINCIPAL) : une attaque au couteau (objet visant à blesser, voire si possible tuer)
  • le sujet : l’auteur de l’attaque est le Palestinien (il serait même plus précis de parler d’un Arabe de Jérusalem, résident d’une zone sous administration israélienne et non palestinienne)
  • les victimes : deux gardes-frontières israéliens
  • les conséquences :
    • les deux gardes-frontières blessés
    • l’auteur de l’attaque tué (à cause de son propre geste)

Imaginez que vous soyez rédacteur d’un grand quotidien. Comment décririez-vous cet événement dans un titre concis et juste ? Mettriez-vous, comme Le Monde, la conséquence secondaire de l’attaque dans le titre, en reléguant les faits principaux dans le chapeau ?

Ou choisiriez-vous par exemple un titre comme : « Attaque au couteau à Jérusalem » ? Avec le même nombre de mots que Le Monde, vous parviendriez ainsi à décrire l’essentiel. Ce qui serait implicite ici est qu’il s’agissait d’une attaque commise par un Arabe sur des Israéliens, car tout le monde sait à qui correspond ce mode opératoire. Le reste – victimes, dénouement – pourrait parfaitement se retrouver dans le chapeau.

Avec quelques mots en plus, vous pourriez même imaginer un titre encore plus précis : « Jérusalem : Un Arabe attaque deux gardes-frontières qui le neutralisent. »

Un titre dangereux

On comprend mieux le choix du titre lorsque l’on voit que, dans l’article, Le Monde présente le terroriste décédé comme « Ibrahim Matar, âgé de 25 ans et résident du quartier de Jabel Moukaber, à Jérusalem-Est, partie majoritairement palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, » en reprenant la terminologie de l’AFP qui présente les Arabes de Jérusalem comme les victimes d’une occupation.

« Jérusalem-Est » est pourtant une dénomination obsolète, puisque durant toute son histoire, la ville n’a été divisée que sous l’occupation jordanienne de 1949 à 1967 (contre laquelle aucun « Palestinien » ne s’élevait).


Cette terminologie est là pour indiquer au lecteur qu’il y a un oppresseur, Israël, et une victime, les Palestiniens. Le titre choisi colle simplement à ce narratif : quoi qu’il fasse, même s’il recourt au terrorisme, le Palestinien doit être présenté comme une victime.

Cette terminologie est là pour indiquer au lecteur qu’il y a un oppresseur, Israël, et une victime, les Palestiniens. Le titre choisi colle simplement à ce narratif : quoi qu’il fasse, même s’il recourt au terrorisme, le Palestinien doit être présenté comme une victime.

Le problème, c’est que ce procédé est dangereux. Le Monde insinue dans ce titre que les Israéliens tuent des Palestiniens sans raison. De nombreux lecteurs qui auront vu le titre sans lire l’article ne comprendront pas qu’il s’agissait d’une attaque terroriste et que la mort n’était survenue qu’ensuite et en légitime défense. Ceux qui pensent, en France, que les Israéliens oppriment les Palestiniens et qui sont tentés de cibler des Juifs pour « venger les Palestiniens » comme l’a fait Mohammed Merah à Toulouse (après avoir attaqué des soldats comme son homologue de Jérusalem) seront encouragés par ce titre qui fait du coupable une victime.

Absence de réaction du Monde

Le Monde modifie régulièrement ses articles sur son site internet. Il existe d’ailleurs un compte Twitter dédié au suivi de ces modifications.

Mais dans le cas présent, la rédaction ne semble pas considérer que le titre est problématique, puisqu’elle n’y a apporté aucun changement en 48 heures.

InfoEquitable pense qu’il serait juste que Le Monde corrige ce titre inapproprié. Nous en faisons la demande auprès de la rédaction et publierons toute réponse éventuelle. Vous pouvez également appuyer notre démarche en écrivant à mediateur@lemonde.fr ou sur Twitter, en mentionnant @lemondefr.

Annexe : extrait du message envoyé au Monde par InfoEquitable

Source : InfoEquitable

6 COMMENTS

  1. Quelqu’un a-t-il remarqué la calligraphie du monde ?? Du gothique.
    En bref, une nostalgie nazie qui hante les murs de ce torche-cul.

    C’est pr cela que je ne serai JAMAIS Charlie ou peut-être, qui sait ? le Monde….

    • Mieux vaut tard….. Je lis le commentaire de Marianne avec qq mois de retard et j’approuve entièrement ; c’est vrai que c’est frappant Le Monde écrit en gothique mais je ne lis pas ce triste journal j’en entends les echos et cela suffit à me dégouter. Je suis Sarah Halimi , je suis Israel ! Chalom et chavua tov Marianne .

  2. Une pensée également pour l’Obs, Libé, Télérama, France Inter, France Info, France Cul, l’AFP, le Figaro… tous prêts à diaboliser et délégitimer Israel en trahissant l’éthique journalistique. Et je ne dirai rien sur le pourquoi.

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