Le théâtre de Chaillot opposé au boycottage des artistes israéliens

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Fontaines du Trocadéro dans les jardins du même nom avec, au fond entre les deux ailes du Palais de Chaillot, les grandes baies du foyer du Théâtre national de Chaillot (Crédit : Patrick Berger/Wikimedia commons)

Le directeur du théâtre national de Chaillot s’est déclaré mardi opposé au boycottage des artistes israéliens, refusant de les assimiler à la politique menée par l’Etat hébreu. Le boycott d’un pays est interdit par la loi française.

« Je tiens absolument à faire la distinction entre la politique du gouvernement israélien actuel que je réprouve et les artistes qui pour la plupart (…) sont totalement opposés » à cette politique, a déclaré Didier Deschamps lors de la présentation de la nouvelle saison qui verra notamment le retour de la Batsheva Dance Company à Paris.

Il s’exprimait au lendemain des émeutes qui ont entraîné la mort d’une soixantaine de Palestiniens, dont au moins 24 terroristes.

Évoquant une « tragique actualité politique et humaine », M. Deschamps, à la tête depuis 2011 de ce théâtre consacré principalement à la danse, a affirmé qu’il ne partageait pas le point de vue « d’artistes et de programmateurs qui souhaitent une sorte de boycott ».

« Il me semble plus que jamais important de donner la voix à ces artistes, de les soutenir parce qu’eux-mêmes s’opposent (au gouvernement israélien) à travers leur travail », a-t-il fait valoir.

« Si nous ne maintenons pas l’échange, le contact, le dialogue avec les artistes et le monde intellectuel, nous fermons la porte aux évolutions », a-t-il ajouté.

Ohad Naharin (Crédit : Jessica Steinberg/Times of Israel)

La talentueuse compagnie dirigée par Ohad Naharin a été visée à plusieurs reprises par des campagnes de boycottage, notamment de la part du mouvement BDS (boycott, désinvestissement, sanctions contre Israël).

Son chorégraphe vedette dénonce depuis des années la politique du gouvernement israélien.

Outre Batsheva, le théâtre de Chaillot accueillera une création de l’Israélien Emanuel Gat, des pièces du répertoire du kabuki japonais et de nouvelles oeuvres du Français Angelin Preljocaj et du Belge Alain Platel.

Parmi les événements phare de la saison à Chaillot, la venue en 2019 de la célèbre troupe du Tanztheater Wuppertal pour présenter une chorégraphie du Norvégien Alan Lucien Oyen. Il s’agit de l’une des premières créations pour la compagnie depuis la mort de sa créatrice Pina Bausch il y a neuf ans.

La nouvelle saison marquera également le lancement des commémorations de la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme paraphée au Palais de Chaillot en 1948.

AFP

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