Le record de 1936 d’une athlète juive reconnu en 2009

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Gretel Bergmann aura attendu 73 ans pour que son record de saut en hauteur soit reconnu.
Le 30 juin 1936, cette athlète de 22 ans avait franchi 1 mètre 60, établissant un nouveau record d’Allemagne. Mais la fédération sportive du Reich avait refusé de reconnaître ce record et avait privé la championne des Jeux olympiques de Berlin parce qu’elle était juive.
Ironie du sort, c’est une Hongroise juive qui avait gagné l’épreuve en effaçant la même hauteur que le record de Gretel Bergmann.
Mardi, la fédération allemande d’athlétisme (DLV) a finalement reconnu la performance de l’athlète, âgée aujourd’hui de 95 ans. «C’est moralement un geste important et un acte de justice qui devraient lui faire plaisir», a déclaré le président d’honneur de la fédération, Theo Rous.
Un film est à l’origine de la décision. Cette décision tardive est due à un film : «Berlin 36», de l’Allemand Kaspar Heidelbach, sorti en septembre en Allemagne et qui est l’adaptation cinématographique de la vie de l’athlète. Selon Theo Rous, «il a permis de rouvrir la discussion au sein de la DLV».
Après la promulgation des lois anti-juives en 1933, elle avait été interdite d’entraînement et d’études et s’était exilée en Grande-Bretagne.
Elle avait été cependant contrainte par les nazis à revenir en Allemagne afin de prouver au monde, inquiet de la politique raciale allemande, que des athlètes juifs participeraient bien aux Jeux olympiques de 1936, organisés à Berlin.
Gretel Bergmann avait été finalement remplacée aux JO par une concurrente, Dora Ratjen, qui s’avéra être un homme.
Exilée aux USA, elle refusait tout contact avec l’Allemagne
Depuis 1937, année où elle a remporté le titre de championne américaine de saut en hauteur, elle vit aux Etats-Unis avec son mari, sous le nom de Margaret Lambert.
«Pendant des décennies, elle a refusé tout contact avec l’Allemagne, mais au début des années 1980, les gens de son ancienne fédération avaient réussi à prendre contact avec elle», a expliqué Theo Rous.
A la suite de cela, la DLV lui avait envoyé «une lettre et une médaille» en souvenir de l’injustice sportive dont elle fut victime. Puis elle fut l’invitée d’honneur du comité olympique allemand aux JO d’Atlanta en 1996.

  Leparisien.fr avec A

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