Le nouveau plan directeur : « Jérusalem 5800 »©

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Le nouveau plan directeur : « Jérusalem 5800 »

En mars 2017, la ville de Jérusalem a publié son nouveau plan directeur intitulé « Jérusalem 5800 », projection de ce que sera la capitale israélienne en 2040 (soit 5800 selon le calendrier hébraïque). Le projet, initié par l’homme d’affaire australien, Kevin Bermeister, (et conduit par les planificateurs dirigés par l’architecte Shlomo Gertner), vise à faire de la ville de Jérusalem une « ville du monde », prête à accueillir plus de 12 millions de touristes par an, outre ses 4 millions d’habitants.

La brochure publiée par les planificateurs débute par les félicitations du ministre du Tourisme Yariv Levin et celles du ministre des Affaires de Jérusalem Zeev Elkin. Elle présente le plan autour de 6 principes fondamentaux : la judéité de Jérusalem (« Israël est le cœur de la nation juive tout comme Jérusalem »), l’accroissement de la population juive de la ville résultant non seulement de la croissance naturelle mais aussi d’un mouvement migratoire juif vers la capitale d’Israël, la prospérité du peuple juif (« le but du plan est de créer un processus qui augmente les chances d’Israël et de la nation juive de prospérer »), et enfin, trois derniers principes qui concernent la majorité juive de la ville de Jérusalem.

Le thème central de « Jérusalem 5800 » porte sur l’harmonie dans la cité, grâce à la prospérité économique et la croissance. Pour ce faire, Jérusalem sera ouverte à la libre circulation des personnes et des marchandises, indépendamment de la répartition géographique et des décisions politiques. Visiteurs et résidents profiteront alors de la beauté de la ville, de son archéologie, de sa spiritualité et de l’écologie : un cercle de parcs au cœur de la ville facilitera les promenades à pied et à bicyclette et les moyens de transports électriques permettront l’accès aux centre de culture, de tourisme, aux congrès et aux diverses attractions. Pour préserver l’environnement, la zone de la vieille ville sera fermée à la circulation automobile et placée au centre d’un parc piétonnier, également accessible par le métro souterrain.

La dimension historique de la ville sera naturellement mise en valeur pour attirer le plus de visiteurs possible. Parmi les sites historiques, on peut citer le développement du parc national Réfa’im qui sera une attraction touristique autour des thèmes Bibliques ou encore le site aménagé à proximité de Bethléem, dans le village de Walaja. Enfin, il est prévu la rénovation de plusieurs « mikves » dans le secteur situé entre Cité de David et le Mont du temple.

Pour ce qu’il en est de la construction des hôtels et de l’aménagement des sites, Bermeister a fait l’acquisition du terrain sur lequel a été construite l’implantation juive de Nof Zion, à proximité du village palestinien de Jabal Mukkaber, à Jérusalem-Est. Il a également acheté d’autres terres à des Palestiniens, pour y favoriser l’installation de juifs dans la partie orientale de la ville mais aussi, investi dans des hôtels et des terrains dans la partie occidentale de la ville.

Le tourisme représentera dans 20 ans, près de 3,3% du PIB du pays grâce aux 10 à 12 millions de touristes par an. La contribution supplémentaire de l’Etat d’Israël à l’économie devrait s’élever à 1.65 milliard de dollars. La valeur ajoutée de l’économie nationale globale sera de 7,2 milliards de dollars par an et la valeur ajoutée accumulée pour l’année 2050 devrait être de 35 milliards de dollars. A présent, quelques 5 millions de shekels ont déjà été investis dans le projet « Jérusalem 5800 » depuis son lancement, il y a cinq ans.

S’agissant des infrastructures, le plan directeur prévoit la construction d’un aéroport international dans une zone située entre Jérusalem et la Mer Morte (à proximité de Jéricho) qui accueillera jusqu’à 35 millions de passagers par an. Il y aura également une ligne de chemin de fer pour desservir ce qui deviendra une vaste zone commerciale et un bassin d’emploi. Les communications routières et ferroviaires s’étendront alors sur le plan national vers Tel Aviv, Haifa, Hébron, Beer Chéva, Sichem, Afula. De même les lignes de train passeront par la vallée du Jourdain, Beit Chean, la mer Morte et Eilat. Jérusalem sera alors une métropole avec des limites repoussées intégrant Modi’in et le bloc Etzion.

Grâce à sa connexion vers les villes de Haifa, Tel Aviv, Beer Sheva et Eilat via des moyens de transport rapide entre les quatre centres, Jérusalem 5800 fonctionnera tel un «réseau multi-villes» comme s’il s’agissait d’un seul système métropolitain étendu, chaque ville conservant ses caractéristiques et fonctions uniques.

La métropole de Jérusalem sera également reliée aux grandes villes de Judée Samarie, Bethléem, Jéricho, et le centre administratif et politique palestinien de Ramallah.

Sur le plan international, les transports seront aménagés en direction de Amman, du Caire, de Beyrouth et de Damas.

Pour éviter toute polémique, le projet n’aborde pas la dimension politique et la normalisation des relations entre israéliens et palestiniens « qui se situe en dehors des prérogatives du plan ». Il rappelle juste que la ville sainte ne sera jamais divisée pour éviter les entraves à la libre circulation.

« Jérusalem 5800 » incarnera la convergence optimale des principes philosophiques juifs et des considérations matérielles. Cette synergie unique renforcera positivement l’immigration juive dans le pays et augmentera l’importance d’Israël sur la scène mondiale. La fonction mondiale de Jérusalem en tant que centre spirituel et culturel mondial apportera des richesses matérielles aux peuples de la région, pour devenir la vision définitive du peuple juif dans l’État juif.

Bien évidemment, la vocation philosophique du peuple juif et la place de Jérusalem dans le cœur des différents systèmes de foi ne sont pas oubliées.

De façon sous jacente, il est rappelé la dimension spirituelle de la ville. Les fondements de la culture et de la foi juive trouvent leur source dans la capitale israélienne, depuis plus de 5000 ans. « Jérusalem 5800 » unifiera ainsi la dimension matérielle et spirituelle de l’individu en vue d’une perfection du comportement humain, conformément aux enseignement de Moïse, dans les textes Bibliques (et dont se sont inspirés les systèmes de foi postérieurs).

Rappelons que le Mont du temple est le point central de la spiritualité, de la culture et de la morale Biblique dont se sont inspirés les nations du monde, depuis des milliers d’années. D’ailleurs, Jérusalem est l’épicentre de la réémergence spirituelle et culturelle moderne pour l’ensemble des religions et des confessions dans le monde. Or, selon Esaie, les nations finiront par s’y rendre pour y puiser l’inspiration spirituelle et l’harmonie entre les peuples. Ces principes font naturellement partie des idées adoptées dans le plan de Jérusalem 5800.

Ainsi, et en dépit des imperfections du monde, des revendications de populations insatisfaites, et des troubles qui pointent ça et là, Israël et Jérusalem poursuivent sur la voie tracée par les prophètes. Mazal tov.

Par ©Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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