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Le Kurdistan : un rempart contre l’ingérence turco-iranienne©

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Netanyahu valorise l’indépendance du Kurdistan contre l’ingérence de la Turquie et de l’Iran au Moyen-Orient

  
Photo Credit: Kurdishstruggle via Flickr
Peshmergas de l’armée Kurde

La semaine dernière, le Premier Ministre Binyamin Netanyahu a déclaré devant une délégation de 33 membres Républicains du Congrès qu’il soutient la création d’un Etat kurde indépendant dans ce que l’on considère encore aujourd’hui comme le nord de l’Irak. Netanyahu n’est pas seul à favoriser l’idée de donner son Indépendance à la région de l’Irak non-arabe la plus prospère et démocratique : Joe Biden, le vice-Président d’Obama avait défendu ce projet lorsqu’il se présentait à la nomination du candidat présidentiel démocrate en 2008, avant de se raviser dès qu’il est entré dans l’équipe d’Obama à la Maison Blanche.

Le Kurdistan Irakien, dirigé par le Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK); est situé dans le nord de l’Irak et il constitue la seule région autonome du pays et une démocratie parlementaire. Les Kurdes le considèrent comme l’une des quatre grandes régions du Grand Kurdistan souhaité, qui comprendrait également le sud-Est de la Turquie, le Nord de la Syrie et le nord-ouest de l’Iran.

Et, sur ce point, dans les régions de Turquie et d’Iran que revendiquent les Kurdes, réside la valeur la plus cruciale du Kurdistan, pour la politique étrangère et sécuritaire israélienne : l’existence même d’un Etat indépendant officiel, qui disposerait inévitablement d’un titre de membre de l’ONU, constituerait une véritable gifle pour les deux puissances islamiques qui sont en lice pour étendre leur hég »émonie sur le Moyen-Orient : la Turquie et l’Iran.

Aussi bien en Turquie qu’en Iran, l’indépendance des Kurdes est considérée comme l’instauration d’une cinquième colonne perpétuelle. En effet, les Kurdes organisent des groupes militants clandestins qui sont susceptibles de menacer vraiment la sécurité la sécurité de l’Etat visé. Ils sont haïs et vilipendés par les deux régimes d’Ankara et de Téhéran, et, de temps en temps, ils parviennent à mordre la main qui s’ingénie à les faire saigner et à les persécuter.

La Turquie d’Erdogan est exceptionnellement oppressive à ‘lencontre de ses citoyens kurdes, dont elle ferme les écoles privées qui enseignement le Kurde et dont elle a sujpprimé les mots « kude » et « Kurdistan » des dictionnaires et des livres d’histoire : officiellement, il n’existe pas de « Kurdes » en Turquie, et on les mentionne uniquement sous le terme de « Turcs des Montagnes ».

De manière identique, les Kurdes ont subi une longue histoire de discrimination en Iran. Dans un rapport publié en 2008, Amnesty International a démontré que les Kurdes sont une cible particulière de la répression en République Islamique d’Iran et les « droits sociaux, politiques, culturels des Kurdes sont bafoués, tout autant que leurs aspirations économiques ». L’Iran exécute ses prisonniers politiques kurdes, essentiellement des militants, des écrivains et des enseignants ».

Cette situation résonne aux oreilles israéliennes comme une petite musique déjà entendue par le passé. En juillet, quand le Président turc Erdogan a attaqué la politique sécuritaire d’Israël sur le Mont du Temple, Netanyahu a diffusé un communiqué qui dsiant : « Il serait intéressant de voir ce que dirait Erdogan aux résidents Grecs du Nord de Chypre ou aux Kurdes. Erdogan est vraiment le dernier qui puisse prêcher ce qu’il faut faire à Israël ».

Sur son visage on lisait comme un avertissement à ce genre de types qui vivent dans des maisons de verre et à qui il faut sans cesse rappeler à quel point ils feraient mieux d’être prudents avant d’encourager des gamins à lancer des pierres. Mais il existe un sous-bassement encore plus profond à ce mépris de Netanyahu envers les dictateurs et Mollahs au Moyen-Orient : le Kurdistan est le rempart secret d’Israël contre l’impérialisme, à la fois de la Turquie et de l’Iran dans la région : en d’autres termes, un Kurdistan fort et indépendant  équivaut à un Israël fort et indépendant.

Cela n’a rien de nouveau. Selon l’ancien responsable de Haut-rang au Mossad, Eliezer Tsafrir, entre 1963 et 1975, Israël a posté des conseillers militaires et développé des moyens de renseignements dans les quartiers-généraux du dirigeant rebelle kurde Mulla Mustafa Barzani, entraîné les milices kurdes en leur fournissant des armes [les fameuses kalachnikov seraient, à l’origine, des armes prises aux Egyptiens et Syriens lors des guerres de 1967 et 1973] et une artillerie sol-sol et de défense anti-aérienne.

Selon le Colonel (à la retraite) Jacques Neriah (Kurdistan: The Next Flashpoint Between Turkey, Iraq, and the Syrian Revolt), au cours de la Première Guerre du Golfe, les organisations juives ont lancé une campagne de lobbying à travers le monde, afin d’aider le Kurdistan d’Irak et mettre un terme aux persécutions du régime de Saddam Hussein qui s’y déroulaient. Le Premier Ministre israélien Yitzhak Shamir avait appelé le Secrétaire d’Etat américain James Baker pour qu’il défende les Kurdes.

Selon des journaux israéliens et étrangers, des dizaines d’Israéliens ayant une expérience d’instructeur pour l’entraînement des unités de combattants d’élite ont travaillé (et travailleraient encore) pour des entreprises privées israéliennes dans le nord de l’Irak, aidant les Kurdes à y établir leurs propres unités d’élite antiterroristes. Des reportages affirment que le Gouvernement kurde a passé des contrats avec des entreprises israéliennes de sécurité et de communications afin d’entraîner les forces de sécurité kurdes et leur fournir un équipement dernier cri.

Des entreprises de l’industrie militaire israélienne sont en partenariat d’affaires constant avec le gouvernement kurde, selon Neriah, en lui fournissant du conseil stratégique en matière à la fois économique et sécuritaire. « Des tonnes d’équipement, dont des motocyclettes, des tracteurs, des chiens renifleurs, des systèmes d’amélioration des fusils d’assaut Kalachnikov, des gilets pare-balles, et des articles d’aide et de soins d’urgence ont été transportés vers la région du nord de l’Irak, la plupart de ces produits étant estampillés « Made in Israel ».

Netanyahu (ni les autres officiels du gouvernement israélien,) ne parle pas souvent du soutien d’Israël au Kurdistan Irakien. De même, les Kurdes minimisent le coup de main que leur apporte Israël officieusement, parce qu’il faut bien l’avouer, ils vivent au Moyen-Orient où les Juifs sont encore loin d’être les bienvenus dans la plupart des endroits. Mais instaurer une deuxième tête de pont pro-Occidentale solide dans les arrière-cours de la Turquie et de l’Iran pourrait avoir une influence déterminante pour faire fléchir leur enthousiasme hégémonique, à l’une comme à l’autre.

Adaptation : Marc Brzustowski

2 COMMENTS

  1. Il faut espérer que les Kurdes n’aient pas la mémoire courte ni ne se montrent ingrats.

    A chaque siècle ses monstres : au 20è siècle : Hitler, Staline, Mussolini, Mao, Pol Pot, Castro, Pinochet, Franco, Amin Dada, Bokassa, Arafat, Ben Laden, Milosevic, Kim II-Sung et j’en oublie.

    Au 21è siècle : Khomeini, Erdogan, Saddam Hussein, Bachar el Assad, Kadhafi, Corée du Nord (je ne retiens pas le nom de son dictateur)

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