Le tunnel vers Kissoufim, selon les Palestiniens©

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La destruction du tunnel vers Kissoufim, commentée par les palestiniens

Le 10 novembre 2017, les palestiniens ont commenté la destruction par Israël, du tunnel creusé par le Jihad Islamique sous la bande de Gaza vers Israël, et, l’élimination concomitante, des terroristes qui s’y trouvaient (survenues le 30 octobre 2017). Dans l’article intitulé « les tunnels de la liberté », les terroristes éliminés sont présentés comme les victimes des « atrocités israéliennes qu’il faudra venger ». En outre, le commentaire illustre en quoi la réconciliation entre le Hamas et l’Autorité palestinienne n’est pas d’actualité. Enfin, les familles des victimes se réfèrent systématiquement à Allah pour rappeler aux générations nouvelles la nécessité de débarrasser des juifs de la Palestine, sur un fondement religieux.

Le texte fait tout d’abord état des causes de la mort des terroristes : « l’armée sioniste a injecté dans le tunnel un gaz mortel dans le but de tuer » (sic). Les palestiniens n’évoquent pas le bombardement du tunnel situé dans le sous sol israélien, mais juste la présence d’un gaz mortel à l’origine de l’élimination. Israël a mis en place un système de détection des tunnels sous son territoire. Il est donc préférable pour les palestiniens qu’ils ne violent pas les sous sols israéliens pour éviter de telles déconvenues. S’agissant du tunnel creusé, il est indiqué qu’il l’a été « à l’intérieur des territoires occupés en 1948 » comme si finalement, c’est l’ensemble du territoire sous mandat Britannique qui était occupé et qu’Israël serait un état illégal (sic). Ce faisant, les palestiniens revendiquent le territoire israélien comme le leur, pour justifier la construction du tunnel en Israël. Qu’ils cessent donc leurs actes criminels en Israël, l’Etat juif n’aura plus besoin de les éliminer.  Pour ce qu’il en est de l’utilité du tunnel, il est précisé qu’il a été conçu par la résistance « pour kidnapper des sionistes et les échanger contre des prisonniers palestiniens » (en somme pour s’en prendre à des personnes qui n’ont pas le droit d’être en Palestine et rendre la liberté à ceux qui, eux, en sont titulaires). Pour les Brigade Al Qods, l’enlèvement de juifs est d’ailleurs un devoir « à cause des actes de maltraitances et des actes barbares de l’occupant », et parce qu’l appartient à le seule résistance de les libérer » (sic). La discussion avec les juifs n’est donc pas admise.

Dans leur décompte, « l’attaque criminelle sioniste » (puisque les juifs seraient les seuls criminels)  « a tué 12 combattants, dix du mouvement du Jihad islamique en Palestine et deux du mouvement Hamas » (dont « 5 asphyxiés par le gaz mortel »). « Les médecins de Gaza ont immédiatement annoncé qu’il s’agit d’un nouveau type de gaz comportant des matières interdites par la communauté internationale. Mais personne de cette communauté aveugle ne réagira, car les victimes (ne) sont (que) des combattants palestiniens ». Avec ces propos, les palestiniens inversent les responsabilités dans l’élimination des terroristes, en les victimisant, et en imputant à Israël l’emploi de substances interdites, avec la bénédiction de la communauté internationale (sic).

L’article poursuit par le détail des manifestations palestiniennes organisées le lendemain «  pour saluer la résistance, appuyer ses choix et réclamer une riposte des Brigades d’al-Quds » (sic). En somme, la paix avec les juifs n’est pas pour demain, tout comme celle envisagée avec l’Autorité palestinienne : les manifestations ont « implicitement reconnu le droit de la résistance à riposter, et plus encore, le droit de la résistance à garder ses armes et ses structures, que l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas cherche à la lui ôter » alors que « l’AP, celle qui poursuit la « coordination sécuritaire » avec l’occupant » (en d‘autres termes, l’AP est un traite avec laquelle il n’est pas possible de pactiser).

Il est ensuite fait état des véritables résistants à l’occupation sioniste avec : « l’affirmation de l’unité de combat entre les frères, entre le Mouvement du Jihad islamique et le Mouvement Hamas, mais aussi entre les autres formations de la résistance, qui continuent jusqu’à présent à refuser le chantage exercé par l’AP »…

« L’AP louvoie et refuse de desserrer l’étau contre la population à Gaza, mettant en avant la question sécuritaire qui comprend, d’après sa conception, la fin de la résistance, alors que l’attaque sioniste du tunnel et l’envoi du gaz mortel représentent un acte de guerre évident ». Dans les faits, c’est Israël qui déclare la guerre et la palestiniens qui tentent de s’opposer avec leurs résistants (sic).
Israël est ensuite présenté dans son inhumanité puisqu’il refuse de restituer les corps des terroristes éliminés à moins de se soumettre au chantage sioniste en obtenant « les corps des combattants contre les prisonniers « israéliens » détenus par le Hamas à Gaza »  (des corps de soldats israéliens se trouvent encore à Gaza)

C’est alors qu’interviennent les affirmations selon lesquelles les familles des terroristes éliminées sont prêtes à poursuivre le combat et surtout ne pas céder aux demandes israéliennes tendant à l’échange des terroristes avec les corps d’israéliens détenus dans la bande de Gaza: « Leur abnégation et leur courage, leur fidélité à la résistance et leur affirmation qu’ils sont prêts à s’enrôler eux-mêmes dans la résistance, et à donner leurs autres enfants, ont coupé court à tout marchandage. Elles ont immédiatement compris la bassesse des sionistes, ce qui signifie que les prisonniers « israéliens » entre les mains de la résistance ne feront pas partie de ce « dossier », qui est celui du Mouvement du Jihad islamique, avant tout, qui s’apprête non à riposter à l’attaque criminelle, mais aussi à reprendre les corps de ses martyrs, que les « Israéliens » se sont dépêchés de retirer, et de confisquer, comme des centaines d’autres. Les dirigeants sionistes se leurrent s’ils pensent que le Mouvement du Jihad islamique entreprendra des négociations pour récupérer ses martyrs, ou qu’il marchandera. Daoud Shihab, porte-parole du mouvement, a affirmé clairement que les Brigades al-Quds sauront reprendre les corps des martyrs, à leur manière, tout en décrivant l’acte sioniste de criminel et inhumain » (sic). Les palestiniens sont une nouvelle fois présentés comme étant les victimes des odieux chantages sionistes.

En guise de conclusion, Allah est invoqué pour donner du courage aux futurs terroristes : « Dans un message d’adieu aux martyrs tombés à la fin d’octobre, « aux familles aux frères et au peuple des martyrs et à la nation des martyrs », l’adjoint du secrétaire général du Mouvement du Jihad islamique a prononcé ces paroles émouvantes, comprises par le « peuple des martyrs » : « Ces nobles martyrs qui ont sacrifié leur temps et leur vie à Allah et dans le chemin de Allah, sous la bannière portée par des générations, qui ne tombera pas avec un départ et qui passe d’une main à l’autre et d’une génération à l’autre, ces hommes qui ont porté notre bannière, leur présence n’est pas achevée et leur source n’est pas tarie. Ils sont morts pour que notre avenir soit meilleur et notre aube plus éclatante…. nous ne parlons pas de riposte, seulement, mais de la poursuite sur la voie des martyrs, la poursuite du message des martyrs… notre épée ne sera pas abaissée, et la vie présente ne nous empêchera pas de réclamer la vie future…  notre ennemi ne pourra pas nous dicter d’accepter les miettes. Il est l’ennemi qui veut notre défaite, ne lui facilitez pas le chemin en votre direction… »

Donald Trump peut toujours échafauder de nouvelles bases pour relancer ce qu’il appelle les pourparlers de paix…en vain… Il n’y a pas de conflit israélo-palestinien : juste une volonté palestinienne d’anéantir Israël. Tout le reste n’est que littérature.

Par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

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