Justice pour Sarah Halimi ou lutte contre l’islamiquement correct

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Marche blanche du 9 avril 2017 en mémoire de Sarah Halimi/Crédit photo Alain Azria

La banalisation du totalitarisme islamiste et du nouveau « fascisme du Sud » au nom de la lutte contre l’islamophobie

 

Depuis des décennies, les mêmes qui exigent de réduire la liberté d’expression pour « lutter contre le racisme et l’islamophobie » minimisent ou cautionnent le néo-racisme exotique des antisémites et des jihadistes des « quartiers. »

Par Alexandre Del Valle

Source : ATLANTICO

Depuis avril 2017, la communauté juive de France est en deuil. Une fois de plus, en France, un crime antisémite d’une rare barbarie a frappé une victime tuée juste parce qu’elle était juive : Sarah Halimi.

Et bien que son bourreau et voisin d’immeuble, le franco-malien musulman pratiquant Kobili Traoré, l’insultait régulièrement de « sale juive », l’avait menacé depuis des mois et bien qu’il l’ait torturé plus d’une heure en récitant des versets du Coran avant de la défenestrer depuis le balcon de son appartement, Traoré qui n’a aucun antécédent psychiatrique a été déclaré d’emblée « fou » avant même que soit rendu le rapport du médecin-psychiatre, M. Zagury, chargé de l’expertise.

C’est ainsi que nos sociétés multiculturelles, d’habitude si promptes à dénoncer le racisme dès qu’il s’agit d’un européen-« de souche » et l’antisémitisme, dès qu’il est le fait de fachos petits-blancs, sont si terrorisées psychologiquement à l’idée d’associer racisme, haine et islam, que le meurtrier a été qualifié de « fou » et son meurtre islamiste-antisémite passé sous silence dans les médias jusqu’à aujourd’hui, un peu comme dans les pays musulmans où les meurtriers de chrétiens sont en général également des « fous ». Stade suprême de l’islamiquement correct d’un point de vue judiciaire.

En réalité, ce fait divers criminel, qui semble être un remake de l’horrible affaire Ilan Halimi en 2006 torturé lui aussi et massacré par le « gang des Barbares » de Youssouf Fofana, est bien plus lié que l’on croit aux désormais habituels attentats jihadistes perpétrés dans les grandes capitales occidentales et dont il faudrait là aussi taire tout lien avec l’islam et même avec l’islamisme, ceci au risque d’être classé « islamophobe » et de relancer « la fracture » sociale et ethno-communautaire. On sait d’ailleurs que de même que de nombreux quartiers sont les terrains de recrutement privilégiés d‘islamistes qui agissent à la barbe des autorités qui achètent ainsi la « pax islamica », de même on sait maintenant que les 26 policiers qui ont assisté aux supplices de Sarah Halimi et qui n’ont pas reçu l’ordre d’intervenir ont probablement été retenus par le souci de ne pas provoquer « d’émeutes urbaines » puisqu’il s’agissait d’un immeuble du XIX ème arrondissement de Paris en majorité habité par des populations immigrées africaines musulmanes.

L’essence du politiquement correct : seul le racisme blanc-Judéo-chrétien doit être désigné comme tel

D’où vient cet islamiquement correct de plus en plus orwellien ? Depuis des décennies, les mêmes qui exigent de réduire la liberté d’expression pour « lutter contre le racisme et l’islamophobie » minimisent ou cautionnent le néo-racisme exotique des antisémites et des jihadistes des « quartiers », arguant que les appels à tuer des mécréants véhiculés dans la culture rap anti-française anti-blancs puis dans l’islamisme et l’antisionisme radical, seraient seulement « rhétoriques », et qu’il n’y aurait là rien d’islamique ou de civilisationnel dans cette rage d’origine purement socio-économique. Cette culture de l’excuse et de l’évitement des causes réelles de la fanatisation néo-barbare a largement contribué, aux côtés de la propagande islamiste planétaire sur le web et dans les mosquées, à former tant les nouveaux antisémites réislamisés Youssouf Fofana devenu pro-Daesh depuis sa prison et Kobili Traoré inspiré par les sourates jihadistes anti-juives du Coran) que les tueurs de « mécréants » jihadistes issus de la « diversité » et désormais plus faciles à recruter chez nous que dans certains pays musulmans eux-mêmes…

En réalité, la négation de la nature antisémite et islamiste de l’assassinat de Sarah Halimi participe du même phénomène général de diabolisation des sociétés européennes judéo-chrétiennes couplée à la disculpation de la haine d’origine extra-européenne qui mériterait toujours des circonstances atténuantes car les fils de colonisées demeurent des victimes héréditaires et les fils de colonisateurs européens des bourreaux a priori. Selon cette nouvelle doxa manichéenne remplie de haine de soi occidentale, la seule violence des peuples européens qui paraisse légitime est celle tournée contre l’Etat-nation occidental soumis à la reductio ad hitlerum.

D’où, dans la presse et les discours politiques, la justification ou banalisation des violences zadistes, guévaristes, palestiniennes, chavistes et de l’extrême-gauche révolutionnaire, puis de leurs élus rebelles des cités qui balancent des frigos sur les voitures de police ou de pompiers, brûlent des milliers de voiture chaque « fête de la Saint Sylvestre », pratiquent des « tournantes », et rackettent dans une logique néo-tribale et proto-jihadiste les petits-blancs et petits juifs des collèges et lycées au point que le phénomène de l’extorsion est aujourd’hui socialement banalisé et mis au registre des faits divers. D’où également l’absence totale d’équité dans le traitement toujours indulgent envers les extrémistes de gauche anti-impérialistes et toujours impitoyable envers leurs équivalents dits « de droite ».

Ceci explique par exemple pourquoi le parti CUP, qui codirige la Mairie de Barcelone et la région de Catalogne (Generalitat), a déclaré, juste après le carnage, que ce n’est pas le terrorisme islamiste qui a frappé l’Espagne, quand bien même on a retrouvé un imam à la tête du réseau tentaculaire hispano-marocain, mais « le « fascisme terroriste et son parrain, « le capitalisme », puis « son complice, l’Etat post-franquiste espagnol», responsables d’avoir « poussé » les pays musulmans persécutés à sombrer dans le terrorisme, «arme des pauvres », en représailles au colonialisme et aux guerres moyen-orientales. La chose est somme toute assez logique d’un de vue idéologique,  car le cœur même de pensée de l’islamiquement correct, noyau-dur du politiquement correct actuel, consiste à ne jamais incriminer le suprémacisme islamique en tant que tel, à toujours lui attribuer des causes non-islamiques « externes » (impérialisme occidental, sionismes, « humiliation des croisades », islamophobie, etc), mais a toujours fustiger la « vraie » source du Mal que serait la civilisation européenne chrétienne elle-même, les « impérialistes croisés occidentaux et sionistes» combattus autant par les totalitaires rouges que par leurs alliés verts islamistes.

Cette banalisation de la « haine exotique » portée par l’appel mondial du Jihad se retrouve aujourd’hui à tous les niveaux : les assassinats les plus monstrueux commis par les barbares décrits plus haut, aux violences verbales anti-blancs et anti-juives, à « l’humour judéophobe » et conspirationniste à la Dieudonné-Meklat, en passant par la progression de l’islamiquement correct et le retour progressif et sournois de la censure religieuse sous couvert de « lutte contre l’islamophobie », puis la banalisation de la nouvelle judéophobie sous couvert d’antisionisme.

Tout cela participe du phénomène général d’exonération de la « barbarie du Sud » et du nouveau fascisme exotique portés par l’islamisme dans ses versions soft-subversives ou terroristes.

D’après la vision du monde déresponsabilisante inhérente au politiquement-islamiquement correct, tout se passe comme si il convenait plus de se soucier du risque de « stigmatisation de l’islam et des quartiers » suite aux attentats terroristes que des victimes elles-mêmes et de leurs familles dont les médias parlent bien moins que des victimes de plus en plus actives de « l’islamophobie ». Comme on l’a vu dans l’affaire ubuesque des femmes molestées de Belleville et La Chapelle et surtout de Cologne, des féministes qui défendent leur droits menacés depuis que l’Europe ne parvient plus à intégrer les nouveaux venus et à contrôler les flux migratoires sont accusées d’être des « racistes islamophobes » lorsqu’elles dénoncent la dimension culturelle arabo-islamique de la misogynie des quartiers et des banlieues qui a brutalement fait régresser le statut de la femme.

Cette culture de l’excuse des violences et des haines dès lors qu’elles sont « exotiques » conduit à tolérer chaque jour un peu plus la progression d’une sous-culture violente néo-tribale et communautaire haineuse à l’extrême qui fait le lit de l’islamisme jihadiste. D’où un phénomène terrifiant, hélas rarement abordé, mais qui a parfaitement été décrit par Malek Bouthi, Kamel Daoud (après les viols massifs de Cologne durant le Nouvel an 2015) ou Ni putes ni Soumises : celui des scènes désormais banales de « jeunes des quartiers » qui encensent les « crimes d’honneur », défendent les responsables des « tournantes »; puis hurlent fièrement « à mort Charlie vive Kouachi et Coulibaly », « vive l’Etat islamique », « morts aux juifs et à Israël », ou encore « la France c’est une salope et je la baise » ou « onbute les flics »…

Rappelons ainsi, à propos de Sarah Halimi, que lorsque le CRIF appela à la marche blanche qui réunit, le 9 avril 2017, un millier de personnes près du domicile de la victime, à Belleville, des groupes de jeunes Maghrébins ont crié « Sales juifs », jeté des bouteilles en direction de la foule « sioniste ». Ce phénomène de SOLIDARITE verbale avec les barbares n’est pas anodin. Il démontre tragiquement que si seuls quelques psychopathes à la Traoré-Fofana ou ultra-fanatiques islamistes liés à Daesh ou Al-Qaida vont « jusqu’au bout » dans leur volonté d’en découdre avec les juifs, les chrétiens et les apostats musulmans pro-occidentaux, la barbarie meurtrière incarnée par Al-Qaïda, Daesh, le Hamas ou Boko Haram, est bien plus répandue et partagée qu’on le croit parmi les masses. Cette haine que des philosophes ont voulu réduire à un « nihilisme », est en fait alimentée par une vision civilisationnelle, un sentiment d’appartenance identitaire diffus, certes par des personnes à la dérive que la République ne contrôle plus et que l’Occident révulse bien qu’y ayant grandi, mais qui sont devenus de véritables ennemis de l’intérieur, une réserve de main-d’œuvre mortifère pour les jihadistes. De sorte que la nouvelle ligne de front du « choc de civilisation » prophétisé par le très diabolisé professeur Samuel Huntington, ne situe plus entre les deux rives de la Méditerranée, mais passe par le « Limes intérieur » de nos cités multiculturelles donc multiconflictuelles… Mais plutôt que de faire honnêtement ce constat qui risquerait de discréditer leur projet anti-identitaire et anti-national, les partisans du cosmopolitiquement correct préfèrent nier les sources du mal et sont prêts à risquer de détruire encore plus la cohésion de sociétés au lieu de relancer une urgente politique d’intégration-assimilation elle-même discréditée.

Curseurs majeurs du débat du second tour de l’élection présidentielle, nouvelle incarnation de la bête immonde, « l’islamophobie » des sociétés occidentales et le « risque de retour du vieux fascisme du Nord » font oublier et excusent « le nouveau fascisme du Sud », bien plus menaçant, assassin et croissant et porté par l’islamisme totalitaire et suprémaciste.

L’accusation-miroir des pays islamiques qui dénoncent l’Occident « islamophobe » mais qui pratiquent une christianophobie et une judéophobie décomplexées

L’islamophobie repentante de nos sociétés pluralistes, pourtant les plus ouvertes au monde et les plus  tolérantes envers les minorités, est en permanence dénoncée non pas uniquement chez nous par le MRAP, le CCIF ou autres « collectifs anti-islamophobie », mais au plus haut niveau onusien, européen et national, notamment par le super lobby islamiste mondial qu’est l’Organisation de la Coopération islamique (OCI), « l’ONU des 57 pays musulmans » qui la composent, et qui exige dans ses sommets officiels que les pays occidentaux réduisent la liberté d’expression en matière d’islam et pénalisent l’islamophobie, habilement comparée à l’antisémitisme génocidaire de la seconde guerre mondiale, ceci en vertu d’une extraordinaire et habile inversion des rôles et d’un incroyable détournement de mémoire.

Il est bon en effet de rappeler de quel bois antisémite, raciste, anti-mécréants, et christianophobe se chauffent les membres fondateurs de l’OCI, à commencer par l’Arabie saoudite, son leader, qui répand dans l’ensemble du monde musulman et jusque dans nos banlieues sa vision totalitaire et obscurantiste de l’islam (salafisme). Ce pays, à la pointe des revendications de lutte contre l’islamophobie, interdit toute pratique de cultes non-musulmans sur son sol. L’école y est dès le jeune âge un foyer de fanatisation anti-mécréants. Le jihad y est présenté comme un pilier de l’islam pour étendre la vraie foi[1]. Les enfants du royaume apprennent à l’école que « la nation musulmane se caractérise par une particularité qui fait d’elle la meilleure nation qui ait été engendrée pour l’humanité. Cette [particularité] consiste dans l’exhortation au bien et l’interdiction du mal »[2] ; qu’il « est interdit de se lier d’amitié avec les infidèles, de les soutenir ou de les aider d’une quelconque façon »[3] ; que « le djihad pour la cause de Dieu est la voie pour atteindre la victoire et la force dans ce monde­-ci, ainsi que le paradis, dans l’autre monde » ;[4] « que Dieu, dans sa miséricorde, a édicté diverses façons de préserver la religion. Entre autres : – Tuer les apostats et les hérétiques. – Le djihad pour la cause de Dieu par l’âme et par les biens »[5]. Les juifs sont régulièrement diabolisés, déshumanisés et désignés comme cibles. Un manuel de terminale déclare : “Les juifs sont un groupe hétérogène et dispersé, et ils n’ont jamais connu la paix avec une seule nation à cause de leur propension à tromper, mentir et conspirer. Rien ne le prouve mieux que ce que les musulmans ont connu avec eux à Médine, d’où le Prophète (loué soit son nom) les a expulsés en recommandant qu’ils soient chassés de la péninsule Arabique. C’est aussi ce qui leur est arrivé dans des pays comme l’Allemagne, la Pologne, l’Espagne et d’autres.” Les Protocoles des sages de Sion figurent dans le manuel d’éducation religieuse sur “le hadith et la culture islamique”. Ces manuels, disponibles sur le site du ministère de l’Enseignement saoudien, sont distribués gratuitement à de nombreuses écoles, mosquées et bibliothèques musulmanes de tous les pays, y compris européens. Mais nos professionnels de la lutte contre l’islamophobie interdisent de faire le moindre lien entre terrorisme et violence légale de la sharià, donc de l’islam officiel dont l’Arabie contrôle tout de même les deux lieux saints (al-haramaîn), qui ne sont pas Jérusalem-Al-Qods, mais La Mecque et Médine.En guise de conclusion

Le nouveau totalitarisme « rouge-brun-vert » qui fanatise ceux qui massacrent en criant « Allah ouAkbar » ne se réduit pas à un phénomène terroriste-jihadiste passager. La frontière entre la barbarie judéophobe qui a tué les Ilan ou Sarah Halimi et le martyr, le 26 juillet 2016, du père Jacques Hamel, massacré en pleine messe dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray par des terroristes islamistes eux-mêmes issus des quartiers et abreuvés de démonologie conspirationniste, est très étroite. La seule différence est que Traoré n’a pas revendiqué le massacre de Sarah Halim au nom de Da’esh ou d’Al-Qaïda, au contraire de Yassin Salhi qui a décapité son patron chrétien franco-espagnol Hervé Cornara, le 26 juin 2015 au nom du drapeau du Califat.

Traoré, Mohamed Mérah, tueur de militaires français d’origine maghrébine et de juifs d’une école confessionnelle de Toulouse, Amedy Koulibaly, les frères Kouachi, co-auteurs des attentats de Charlie Hebdo, ainsi que l’imam de Ripoll, Abdelbaki es Satty, cerveau des attentats de Barcelone, lui-même repris de justice rallié à Da’esh mais trafiquant de stupéfiants, ont des profils et des parcours de fanatisation similaires. Il convient donc d’appréhender le thème de l’islamisme et du jihadisme dans sa globalité et à l’aune de la convergence croissante des vecteurs de radicalisation que sont l’islamisme sunnite néo-impérial planétaire, la judéophobie rouge-verte antisioniste et le terreau de la voyoucratie et des prisons.

[1] Voir le rapport de Ryan Grignani, « L’Occident face à l’islam militant De la perception du conflit aux moyens de résistance, »,

http://www.mosci.info/pdf/L%27occident%20face%20%E0%20l%27islamisme%20mi…(EssaiRyan27092006.pdf.)

[2] Commentaire du Coran, classe de 5ème , 1998, p.94.

[3] Commentaire du Coran, classe de 3ème , 2000 pp 60-61.

[4] Commentaire du Coran, classe de 3ème , 2000 p 90.

[5] Jurisprudence islamique, classe de 2è, 2001, p 10).

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