Israël peut-il échapper à une troisième guerre du Liban ©

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Le Hezbollah a achevé le processus de noyautage de l’État libanais et de ses institutions. L’élection de Michel Aoun en tant que président, au prix d’un arrangement forcé avec le Hezbollah, a été l’accomplissement de la vision iranienne de contrôler le Liban. La déclaration d’Aoun selon laquelle le pouvoir militaire du Hezbollah est une composante principale de la défense du Liban, confère à cette milice terroriste, l’autorité légale de fonctionner comme une force militaire légitime. La déclaration du président libanais a essentiellement soustrait le Hezbollah aux restrictions imposées par la résolution 1559 du Conseil de sécurité des Nations unies du 2 septembre 2004, qui appelait à « la dissolution et au désarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises ».

Ibrahim al-Amin, rédacteur en chef d’Al-Akhbar, très proche du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a affirmé que malgré les attaques israéliennes contre des convois armés au Hezbollah, des dizaines, voire des centaines de convois ont atteint le Liban depuis la Syrie. Il a également laissé entendre que l’évaluation d’Israël selon laquelle le Hezbollah est capable de tirer 1.500 missiles sur Israël par jour est une sous-estimation des capacités réelles de l’organisation. Ces armes, a-t-il pointé, sont non seulement déployées sur front à la frontière entre Israël et le Liban, mais aussi sur le front situé sur les Hauteurs du Golan.

L’importance majeure qui découle de ces nouveaux développements, c’est la reconnaissance officielle du statut spécial du Hezbollah au Liban et sa capacité à déployer une énorme puissance militaire que l’Iran a accumulée au Liban, pour potentiellement pouvoir l’utiliser contre Israël.

Au-delà de la perte de l’indépendance de l’État libanais, en cas d’utilisation de la force, le président libanais a annulé la séparation entre la puissance militaire du Hezbollah et celle de l’armée libanaise. Il est donc probable que les relations spéciales entre le Hezbollah et l’armée ainsi que les services de sécurité et de renseignement du Liban vont s’intensifier, et les commandants du Hezbollah seront même intégrés dans ces organismes. Les transferts d’armes de l’armée au Hezbollah augmenteront également. Ce phénomène a été récemment révélé à l’occasion du défilé militaire organisé par le Hezbollah sur le sol syrien, dans lequel on voyait des transporteurs de troupes blindés américains M-113 qui provenaient probablement de l’armée libanaise. Ces transferts d’armes risquent de compromettre l’assistance économique et militaire américaine.

L’adhésion totale d’Aoun au Hezbollah renforce le statut de Hassan Nasrallah, qui réitère ses menaces contre Israël à chaque occasion (il a notamment menacé de frapper les usines d’amonniaques à Haïfa et le réacteur nucléaire de Dimona).

Cela représente un risque important pour le Liban. En effet, cette nouvelle situation revient à donner le feu vert à Israël, de riposter en frappant aussi l’État libanais, y compris son armée et ses infrastructures civiles, dans le cas où le Hezbollah décidait de frapper Israël.

Ces dernières semaines, les menaces du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, sont devenues plus fréquentes et plus agressives. Certains disent, comme le suggèrent les commentaires de Gadi Eisenkot, chef de l’état-major des FDI, que ces menaces témoignent de sa faiblesse plutôt que de sa confiance dans sa force. 

Après des années de participation active dans la guerre civile qui ensanglante la Syrie, sa participation devrait aller en diminuant. Le fait que l’organisation soit identifiée comme étant du « côté du vainqueur » ne lui donnera pas un atout quelconque justifiant de déplacer le combat vers son principal ennemi – Israël.

Le Hezbollah et le gouvernement du Liban sont qu’un seul et même pouvoir. Les pays occidentaux et Israël se trompent depuis des années dans la compréhension de la réalité au Liban. Selon le point de vue communément partagé, l’establishment politique dans ce pays est divisé en deux camps. D’un côté, le camp des «bons», qui regroupe la majorité des chrétiens, des druzes et des sunnites, et représente le camp du pragmatisme, la modération, une culture occidentale et la dépendance à l’égard de l’aide saoudienne, américaine et française. De l’autre côté, le camp des «mauvais garçons», dirigé par le Hezbollah aux côté de la Syrie et de l’Iran.

Si c’était chose vraie, l’Occident devrait soutenir les «bons» en leur fournissant une aide économique, en construisant des infrastructures et en renforçant son armée. Le problème est que cette description est naïve et très éloignée de la vérité et de la réalité.

La vérité est que bien qu’il y ait effectivement deux camps au Liban, il y a un accord tacite entre eux selon lequel, chaque camp utilisera son avantage relatif, pour le mettre au service d’un but commun. Le camp des «bons» présentera le beau visage du Liban, un pays doté d’institutions démocratiques, d’une culture francophile et d’une économie libre, ce qui lui permettra d’obtenir un soutien politique, économique et militaire pour le pays. Par opposition à l’autre camp, dirigé par le Hezbollah, force militaire significative de l’Etat, qui sera défini par le gouvernement comme étant le défenseur du Liban, contre l’agression israélienne, et sera le seul à décider du calme ou d’un déclenchement de violences le long de la Frontière avec Israël.

Lorsque le Président du Liban déclare ouvertement que le Hezbollah, qui est reconnu dans de nombreux pays comme une organisation terroriste, fait partie officiellement de la défense libanaise, il annule la distinction artificielle entre l’Etat ostensiblement souverain et le Hezbollah militaire, qui est le bras armé de l’Iran au Liban. Ce faisant, le Président assume l’entière responsabilité de toutes les actions du Hezbollah, y compris contre Israël, et les conséquences pour le Liban et toute sa population, même si le gouvernement libanais n’a guère le pouvoir de contrôler les décisions ou la politique de l’organisation terroriste.

Dans la deuxième guerre du Liban, Israël a épargné le gouvernement libanais et combattu le Hezbollah exclusivement, sans frapper ni l’armée libanaise ni les infrastructures du pays. Si nous faisions de même lors d’une troisième guerre du Liban, le résultat serait probablement encore pire que lors de la guerre précédente. Israël ne pourrait pas vaincre le Hezbollah sans que ce soit à un prix insupportable à payer pour le front israélien.

La conclusion doit donc être claire. Si le Hezbollah ouvre le feu contre Israël depuis le territoire libanais, Israël devra déclarer la guerre à l’Etat du Liban. Personne au monde souhaite assister à la destruction du Liban, ni les Syriens et les Iraniens d’un côté, ni l’Occident et l’Arabie saoudite de l’autre. Le Hezbollah ne le souhaite pas non plus. Une guerre contre le Liban tout entier, qui infligerait de lourds dégâts à toutes les infrastructures du pays, susciterait un tollé international, et un cessez-le-feu aurait lieu après trois jours de conflit et pas après 33 jours, comme lors de la Seconde Guerre du Liban. C’est seulement une guerre éclair, qui donnerait la victoire à Israël sans infliger de dommages sérieux à son front intérieur.

Il est important par conséquent, de rappeler au monde, non pas les déclarations belliqueuses  de Nasrallah, mais plutôt de lui faire comprendre quelles seront les conséquences pour le Liban, d’un conflit initié par le Hezbollah au vu de ces déclarations du président libanais. Aoun, le Liban et le monde doivent avoir présent à l’esprit qu’Israël ne se limitera pas à des représailles contre le Hezbollah et frappera tout le territoire, toutes ses infrastructures et son armée. Une fois les combats éclatés, il sera trop tard pour expliquer la nouvelle stratégie que devra adopter Israël. La bataille diplomatique doit être menée avant, non pendant une guerre.

Le Major-général (res.) Giora Eiland est un ancien chef du Conseil de sécurité nationale d’Israël. YNET

et Brig.-Gen. (ret.) Dr. Shimon Shapira  – JCPA – adaptation de JForum

4 COMMENTS

  1. Si une gurre eclate avec le hezbollah elle serat terrible , israel laissera des plumes c est une evidence , mais le hezbollah et le liban n existeront plus , de toute facon le hezbollah na rien a faire aux liban , le liban est occupe par la syrie avec l aide de l iran …….

  2. Tout récemment, Jean-Yves le Drian, Ministre de la Défense français, a proposé au Liban une aide militaire.
    Si cette offre était acceptée, la France fournirait « officiellement » du matérel de guerre au hezbollah.
    Autrement dit, face à la surveillance étroite de la région par Tsahal, il s’agirait d’un moyen de faire passer des armes de tous types, au hezbollah qui fait partie de la défense libanaise.
    La France n’arrête pas de ramper et d’accepter toutes les demandes émises par l’Iran dont elle se fait l’entremetteuse attitrée, en échange de contrats commerciaux, elle a toujours agi ainsi, c’est ce que l’on appelle communément, la « politique arabe de la France ».

    Comment ne pas remercier une fois de plus, le calamiteux Obama qui a mis le feu dans cette région en raison de ses incompétences aberrantes, et de son incapacité et celle de ses « con…seillers » qui n’ont jamais su lire correctement, les problèmes difficiles de ce Moyen Orient compliqué ?

    Enfin, comment ne pas rappeler encore une fois, que c’est Obama, le désastreux président américain qui en signant « l’accord historique » avec l’Iran, l’a fait sortir de son coma profond, avec en prime, la levée des sanctions économiques qui fonctionnaient si bien, et qu’il a été soutenu par les Etats pantins occidentaux ?

  3. est ce que les idiots qui nous dirigent vont finir par comprendre qu’une guerre qu’on n’ose pas terminer prolonge les conflits et fait plus de morts

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