Israël en phase avec l’aspiration occidentale à la souveraineté©

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Comment Israël peut s’inspirer de l’exigence occidentale d’une plus grande souveraineté

 

La tendance dans plusieurs pays occidentaux est de se tourner progressivement vers l’affirmation de plus de souveraineté. Si les dirigeants d’Israël étudient et comprennent cette évolution, cela pourrait ouvrir d’importantes perspectives en matière de décision politique. Certaines expressions de cette tendance à un accroissement de souveraineté » sont majeures.

Le Président américain Donald Trump met l’accent sur les questions de souveraineté -parfois de façon brutale. « L’Amérique d’abord » est un message de souveraineté, puisque’il vise à instaurer des contrôles frontaliers plus stricts en excluant les immigrés indésirables et illégaux. Au cours de sa campagne électorale, Trump a déclaré que les gens ayant des opinions antisémites ne devraient pas avoir l’autorisation d’immigrer aux Etats-Unis. Malgré cela, les principales organisations juives américaines ne sont pas parvenues à faire la promotion de cette idée simple depuis l’élection de Trump au bureau Ovale[1].

Au Royaume-Uni, le vote de la majorité pour le Brexit se fondait sur ce même désir de souveraineté retrouvée. Beaucoup de ceux qui ont voté pour la sortie de l’Union Européenne étaient largement motivés par leur opposition à la libre circulation des citoyens des pays-membres de l’U.E. Il semble que les immigrés d’Europe de l’Est ont plus inquiété les partisans du Brexit que les Musulmans. Après les trois attentats terroristes de cette année commis par des Musulmans à Londres et Manchester, les citoyens du Royaume-Uni pourraient bien regretter que les précédents gouvernements ne se soient pas montrés plus sélectifs concernant leurs politiques d’entrée dans le Royaume.

Par le passé, le Royaume-Uni ne s’est pas joint à deux programmes de l’U.E qui induisaient un empiétement sur sa souveraineté : l’adhésion à la monnaie commune de l’Euro et la Zone Schengen, qui abolissaient les contrôles intérieurs des frontières. En pratique, le groupe Schengen protège très faiblement ses frontières extérieures.

Le Président tchèque Milos Zeman a proposé que son pays organise un référendum sur son appartenance à L’U.E et à l’OTAN. Il est personnellement favorable à rester au sein des deux organisations mais il sent que les citoyens de son pays – où l’Euroscepticisme est importnat -pourraient saisir l’occasion de s’exprimer sur ces questions[2].

Au-delà de cela, on observe aussi des mouvements moins importants favorables à l’abandon de l’U.E. Aux Pays-Bas, par exemple, près d’un quart des Parlementaires appartient à des partis qui veulent que leur pays quitte l’U.E.

Souveraineté s’est aussi manifestée dans le refus de certains membres de l’U.E d’accepter des réfugiés syriens et d’autres nationalités que Bruxelles voulait leur imposer. Le Premier Ministre Viktor Orban a été le premier opposant à cet afflux et le plus réactif[3]. Lors du tour final de l’élection présidentiel en France, Marine Le Pen, qui veut rétablir le contrôle aux frontières françaises, a obtenu un tiers des suffrages[4]. Un étude menée par la banque dominante d’investissement italienne, la Mediobanca a démontré qu’il serait avantageux pour l’Italie de quitter l’Euro et de restaurer la Lire[5].

Il y a aussi des expressions plus minoritaires de volonté de souveraineté -qui ont reçu un moindre écho. En mars de cette année, le Premier Ministre néerlandais Mark Rutte a refusé l’autorisation à l’avion d’un Ministre turc -la Turquie est un allié dans l’OTAN- d’atterir à l’Aéroport d’Amsterdam[6]. Il avait l’intention de faire appel à tous les Turco-néerlandais ayant la bi-nationalité pour qu’ils votent au référendum turc afin d’attribuer des pouvoirs accrus au Président Recep Tayyip Erdogan. Peter Altmaier, le directeur du Bureau de la Chancelière Angel Merkel, a déclaré qu’au vu des remarques insultantes contre l’Allemagne, de la part d’hommes politiques turcs dominants, l’Allemagne envisageait d’interdire leur entrée sur son territoire[7].

De temps en temps, les Pays-Bas interdisent l’entrée sur leur territoire de prédicateurs islamistes radicaux ou « Imams de la haine », comme on les appelle fréquemment dans le pays[8]. En octobre 2016, pour la première fois, la Belgique a expulsé un prêcheur de haine musulman. Ce fait était même plus remarquable, parce que cet imam déteniat non seulement la nationalité marocaine, mais aussi la nationalité hollandaise[9]. Au début mai 2017, le Danemark a refusé l’entrée à six prêcheurs de haine, cinq Musulmans et un Chrétien évangélique. Cette décision était fondée sur une nouvelle Loi votée en 2016[10].

Israël a souffert de l’ingérence étrangère dans ses affaires intérieures et d’une énorme incitation contre lui. Une partie de cela s’assimile à de l’antisémitisme, comme les activités des promoteurs de BDS qui ne prennent exclusivement qu’Israël pour cible. Cela correspond avec la définition de l’antisémitisme promulguée par l’Alliance Internationale pour le Souvenir de la Shoah. Le ciblage discriminatoire d’Israël, a, par exemple, été expliqué dans les remarques de Curtis Marez, le Président de l’Association d’Etudes Américaines (ASA). Il ne contestait pas que des pays dont certains de la même région qu’Israël disposaient d’un palmarès en matière de droits de l’homme comparable, mais surtout bien pire que celui d’Israël. Mais il préférait  « On doit bien commencer par quelque part![11]« .

En Israël, il y a eu récemment des exemples d’affirmation de la souveraineté. Au début de l’année, la Knesset a accepté une loi permettant de refuser l’entrée aux militants étrangers de BDS. On doit observer comment cette loi sera appliquée ne pratique[12]. Cette mesure peut être étendue à divers autres propagateur de haine contre Israël.

Juste un exemple parmi d’autres : l’ADL a publié en 2013 une liste des dix organisations les plus anti-israéliennes aux Etats-Unis. La rhétorique que certains de ces groupes emploient, compare Israël aux Nazis, ou décrit Gaza comme le nouvel Auschwitz, appelle au démantèlement de l’Etat d’Israël ou exprime leur plein soutien à des groupes terroristes qui cherchent la destruction d’Israël[13].

Un autre exemple de l’exercice de sa souveraineté concerne le refus du Premier Ministre Binyamin Netanyahu de recevoir le Ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, à cause du fait qu’il ait rencontré l’organisation de dénigrement de Tsahal « Break The Silence« . Le Bureau de Netanyahu a déclaré qu’il ne rencontrerait pas de visiteur étranger « qui, lors de séjours diplomatiques en Israël, rencontrent des groupes qui diffament les soldats d’Israël comme étant des « criminels de guerre[14]« .

Le Temps est du côté d’Israël dans le recensement des gestes visant à affirmer sa souveraineté. Les attentats terroristes comme les trois vécus cette année par le Royaume-Uni, déboucheront sur l’augmentation des restrictions concernant ceux qui ont l’autorisation de pénétrer sur le territoire des pays démocratiques. Ce dont Israël a besoin est de se focaliser systématiquement sur la question de savoir comment mieux affirmer sa souveraineté. Simultanément, il doit développer sa diplomatie publique pour rallier un ample soutien aux mesures d’expression d’une plus grande souveraineté.

Par Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

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[1] www.algemeiner.com/2016/09/22/trump-is-right-ban-antisemitic-immigrants-from-the-united-states/

[2] www.reuters.com/article/us-britain-eu-czech-president-idUSKCN0ZH4C8

[3] www.politico.eu/article/hungarys-new-hardline-immigration-scheme-viktor-orban-refugees-migration-crisis-europe/

[4] www.telegraph.co.uk/news/2017/04/21/marine-le-pen-france-must-stop-naive-reinstate-border-checks/V

[5] www.wallstreetitalia.com/italexit-mediobanca-qunto-si-risparmia-uscendo-dalleuro/

[6] www.reuters.com/article/us-turkey-referendum-europe-netherlands-idUSKBN16I0CT

[7] www.spiegel.de/politik/deutschland/tuerkei-peter-altmaier-bringt-einreiseverbot-fuer-minister-ins-spiel-a-1138794.html

[8] www.elsevierweekblad.nl/politiek/article/2015/02/visa-van-drie-haatimams-jihadgala-rijswijk-ingetrokken-1708438W/

[9] www.nrc.nl/nieuws/2016/10/29/belgie-zet-marokkaans-nederlands-imam-uit-a1529154

[10] www.reuters.com/article/uk-denmark-security-religion-idUSKBN17Y1N9

[11] Lazar Berman, “Top US academic association decries Israel Boycott,” The Times of Israel, December 22, 2013.

[12] www.jpost.com/Israel-News/Will-the-anti-BDS-entry-law-work-483556

[13] www.adl.org/news/press-releases/news-ranking-the-top-10-anti-israel-groups-in-2013-adl

[14] www.timesofisrael.com/why-netanyahu-gave-germanys-fm-the-silence-treatment/[14]

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