Houkat: comprendre les lois de la vache rousse ?

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La péricope Houkat décrit les lois concernant la vache rousse. Cette loi  (houka חקה)  désigne,dans le langage de la Torah un dogme ou une loi qui dépasse l’entendement humain et qui se place à la limite entre le domaine du naturel et du surnaturel.

En effet, si l’on veut essayer de comprendre cette loi de la vache rousse, on n’y parviendra pas car, comment peut-on saisir le fait que cet animal qui n’a pas été souillé ni « abîmé » qui se trouve pratiquement dans le domaine de la pureté va être sacrifié et brûlé et donc devenir impur et va rendre impurs ceux qui l’ont abattue et brûlée mais dont les cendres mêlées à de l’eau va purifier ceux qui se sont rendus impurs ? Comment est-ce possible ?

Lorsque le veau d’or a été érigé, Moïse l’a brûlé et fondu et réduit en poussière et a mélangé cette poudre a de l’eau et en a fait boire tout le camp d’Israël pour le purifier de cette faute immense. Comment peut-on être purifié d’une faute par les cendres de l’objet-même de la source d’impureté ?

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Comment, la femme du frère est-elle interdite à l’autre frère mais si l’époux décède, la femme devient l’objet d’une mitsva à accomplir. [1]

Le shaâtnez et la loi des mélanges, les dispositions et l’acte concernant le bouc émissaire sont elles aussi des lois qui dépassent l’entendement humain.  C’est pourquoi nous savons que ce genre de loi n’est  pas sujet à discussion car bien des générations de grands maîtres de la Torah ont essayé de trouver des raisons à ces arrêtés sans pouvoir décréter que tout simplement ces lois  ont été décrétées et que l’homme croyant doit y obéir sans tenter d’en saisir le sens.

L’Eternel,  très souvent,  édicte : « soyez saints car Je suis Saint » mais il est aussi question de pureté. Pureté est-elle synonyme de sainteté ? S’agit-il de choses différentes ? En effet : lorsqu’il arrive qu’un Juif qui est doté d’une âme particulière  consomme un aliment non casher, ceci va entacher son âme qui va subir une atteinte. Plus cette atteinte se répètera et elle formera une sorte de carapace (klipa) et, plus cette klipa s’épaissira et plus il sera difficile de la réduire ou de l’annihiler.

Dans l’âme de chaque Juif se trouve une étincelle divine ou, si l’on préfère : une étincelle de Sainteté désignée aussi sous le nom de « bat melekh » (fille du Roi). Virtuellement, cette étincelle est capable de veiller sur l’être humain à condition que cet être humain puisse protéger son âme de toute incursion dans le domaine de l’impureté.

La sainteté de l’âme et la pureté de l’âme sont aussi proches l’une de l’autre que tout aussi différentes l’une de l’autre. Tout autant que le matériel et le spirituel.

Lorsque la mishna utilise la formule de shabbat « lifnéhashemashot » (entre chien et loup) elle désigne un moment où ce n’est déjà plus  un moment profane de la vie de tous les jours sans être tout-à-fait touché par la sainteté du shabbat  quelque chose qui n’est ni profane ni sacré.

C’est un peu ce que le Ari zal définit comme étant « le monde moyen ou intermédiaire »   qui définit le monde  – comme tout un chacun le sait – partagé en 4 éléments   (végétatif, faune, vocal, muet)  et parmi ces quatre catégories, il désigne des catégories intermédiaires comme les coraux qui sont appartiennent à la fois à deux catégories : végétatif et flore   ou le singe qui est entre l’homme et la bête.

Ou bien encore comme la vertèbre de la nuque appelée en hébreu « עצם הלוז » qui ne peut être détruit et à partir duquel se reconstituera l’être humain à la fin des temps et dont la seule nourriture valable est tirée du « motsi » du petit repas de « melavémalka » (raccompagnement de la reine du Shabbat) à la sortie du shabbat à un moment qui n’appartient plus à la spiritualité du shabbat ni à la matérialité de la nouvelle semaine qui se présente.

Cette sidra est également le théâtre de la disparition effective de deux protagonistes : Aharon et Myriam  et de l’annonce de celle de Moïse. Bien qu’à la lecture des versets la mort de Myriam semble tout juste précéder celle d’Aharon, Myriam décéda le 10 Nissan et Aharon le 1er Av et c’est le 7 Adar que Moïse disparut. C’est grâce au mérite de ces trois grandes figures que les Hébreux jouirent de trois grands bienfaits :

MYRIAM : parce qu’elle s’était souciée d’abreuver et de nourrir les bébés hébreux en Egypte que les Hébreux bénéficièrent du puits de Myriam pendant les 40 ans de pérégrinations dans le désert et, à son décès le puits disparut pour réapparaître grâce à la supplication de Moïse.

AHARON : grâce à son mérite, apparurent les colonnes de nuées et de feu qui facilitèrent la traversée du désert pendant 40 ans en offrant  confort et  sécurité. A la mort d’Aharon, les nuées disparurent pour réapparaître ensuite grâce aux suppliques de Moïse.

MOÏSE : La manne qui nourrit pendant 40 ans les Hébreux disparut elle aussi à la mort de Moïse qui précéda de peu l’entrée en Israël.

L’épisode des eaux de Mériba est celui qui signa le fait que ni Aharon ni Moïse ne virent le pays promis à la descendance d’Abraham que du haut de la montagne.

Cette péricope est très dense sur le plan de sa portée spirituelle et sur le plan de la portée mystique. Je souhaite en avoir démêlé les fils le plus clairement possible.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] Vers l’an 950 avant l’ère vulgaire.

 

Haphtara Houkat: pêcher par orgueil

Dans cette lecture prophétique, nous nous trouvons à l’époque des Juges[1] où Yftah( en français Jephté le Galaadite) (Juges chapitre XI versets 1 à 33). Jephté est le fils de Galaad de la tribu de Menashé et il naquit d’une femme prostituée dont on ne cite pas le nom dans le livre des juges mais au sujet de laquelle on dit qu’elle était aubergiste. Galaad, le père de Jephté est marié à une autre femme qui a d’autres enfants. Après avoir été chassé de la maison paternelle par ses frères, Yftah succéda au juge Yaïr et devint ainsi le huitième Juge d’Israël.

Se voyant menacés par les Ammonites, les fils de Galaad se rendirent auprès de leur demi-frère pour lui demander d’intercéder ou de les aider à combattre leurs ennemis. Yftah après avoir reproché à ses frères de l’avoir rejeté, accepte la mission à condition toutefois de rester à leur tête et, il  envoya une délégation auprès du roi des Ammonites qui répondit en accusant Israël d’avoir envahi et pris des territoires appartenant aux Ammonites.[2]Yftah lui fit répondre que n’ayant reçu de réponse favorable ni des Moabites, ni des Ammonites ni des Edomites pour traverser leurs territoires, Israël dût faire un détour pour parvenir dans ce pays que D lui a donné. Yftah fit dire au roi des Ammonites que D fit la guerre à Sihon roi des Amoréens  et au roi de Bashan pour que ce peuple puisse parvenir chez lui.

Yftah pria D en lui vouant un sacrifice si D lui accordait la victoire et c’est ce qui se produisit.

Les derniers versets tragiques ne font pas partie de cette Haftara mais tout le monde connaît le drame qui se joue lorsqu’ Yftah voit sortir de sa maison sa seule et unique fille qui n’était pas encore mariée et qu’il pensait devoir sacrifier conformément au vœu qu’il avait émis. L’orgueil de cet homme fut mal placé  étant donné qu’il ne voulut pas, par orgueil  et aussi sans doute par sottise, consulter les Sages qui l’auraient relevé de son vœu car le sacrifice humain n’est pas autorisé. Ceci enseigne qu’il ne doit pas y avoir de sentiment de honte et que l’on doit toujours consulter des Sages avant de prendre une décision très importante qui peut mettre quelqu’un ou quelque chose en péril.

Caroline Elishéva REBOUH

[1] Le Yiboum ou Lévirat consiste au fait que si un homme décède sans avoir eu le temps de procréer, le frère du défunt a le devoir d’épouser sa belle-sœur uniquement dans le but de donner une descendance posthume au mari décédé.

[2 ) Aujourd’hui on accuse encore Israël d’avoir envahi des territoires alors que cela n’est pas vrai : l’histoire se répète sans cesse !!!

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