Henryk Broder et les Antisémites éternels©

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Henryk Broder et les Antisémites éternels

La troisième plus grande ville de Suède, Malmö est considérée par de nombreux experts comme la capitale de l’antisémitisme européen contemporain. Quelques-uns des nombreux aspects qui justifient cette qualification sont dévoilés dans une partie d’un nouveau documentaire allemand intitulé : “L’Antisémite éternel – l’Histoire d’un Amour sans réponse”. Il a été diffusé très tôt ce matin du 9 novembre – à l’occasion de l’anniversaire de la Nuit de Cristal (Kristallnacht) – sur la télévision bavaroise.

Le film suit l’auteur Juif-Allemand, Henryk Broder, qui voyage en Allemagne, en France et en Suède. Il est souvent accompagné par Hamad abdel Samad, un écrivain égyptien vivant en Allemagne. Plusieurs théologiens musulmans égyptiens ont émis une fatwa appelant à l’assassiner pour hérésie. Dans le film, on l’aperçoit toujours avec des gardes du corps[1].

Avant que Broder et Abdel Samad se rendent à Malmö, ils ont pris des rendez-vous avec le chef de la police et le maire qui ont été annulés à la dernière minute. Ils ont rencontré le rabbin américain de la ville, Shneur Kesselman. Il leur dit que la communauté déclinante doit installer des fenêtres à l’épreuve des balles sur la synagogue. Même cela n’a pas été aidant. Une bombe a atterri devant la synagogue et une autre bombe a été lancée dans l’oratoire du cimetière juif, qui a été entièrement détruit.

Le rabbin, qui appartient au mouvement Habad, dit qu’il est régulièrement harcelé quand il marche dans la rue. Depuis les véhicules qui passent, il arrive que des gens lui crient des insultes comme “Mort aux Juifs”. Parmi les objets qui lui sont jetés, on trouve une pomme, un briquet, un verre et une bouteille.

Kesselman est arrivé à Malmö il y a douze ans. Il dit que s’il avait su ce qu’était la réalité des Juifs dans la vie, il ne serait pas venu, mais qu’à présent il ne partira pas, par fidélité envers sa communauté déclinante.

Kesselman s’attend à ce que de nombreux enfants des membres de la communauté quittent Malmö. Il y a quelques semaines, longtemps avant que le film ne s’achève, des pierres ont à nouveau fait éclater les fenêtres de la synagogue. A cette occasion, un ancien président de la communauté juive a déclaré à la presse que la plupart des incidents sont menés par des Musulmans, essentiellement des Arabes[2].

Un professeur juif d’une école publique élémentaire , dans un quartier problématique de Malmö, fait aussi partie des personnes interviewées. Il parle de coups de feu dans le quartier, parfois avec des conséquences meurtrières. Des enfants des autres classes, ouvrent parfois les portes des salles et lui crient des insultes antisémites. Un gamin de 11 ans a hurlé : Heil Hitler. La direction de l’école ne veut pas rendre publics ces incidents antisémites en disant : “”Ce ne sont que des enfants”.

Avant de circuler en voiture à travers un quartier de Malmö constitué d’un grand nombre de migrants, la police a prévenu les réalisateurs du film qu’ils ne devaient pas quitter la voiture ni même l’arrêter quelque part. Ce lase traduit en bon français par : “C’est un ghetto musulman dont la police a perdu le contr^me”. Les réalisateurs utilisent le mot “migrant”, à travers lequel le spectateur doit comprendre par lui-même qu’ils font référence aux Musulmans. Cette partie du documentaire est une accusation frontale des autorités progressistes de Malmö et de beaucoup d’autres villes suédoises.

En Allemagne, Broder et Abdel Samad rendent visite à un propriétaire de restaurant juif -un Juif d’Irak- à Munich. Il leu dit que récemment, il a dû fermer son deuxième restaurant. Il est souvent confronté à des insultes antisémites et à du harcèlement qui provient principalement des Allemands. Les documentaristes ont aussi fait une visite à Naumburg, dans la région de Saxe-Anhalt. Là, ils ont rencontré un négationniste de la Shoah qui leur a dit qu’il n’y avait pas de chambre à gaz à Auschwitz.

L’individu interviewé a été le maire d’un village sous l’étiquette des Socio-Démocrates. Il a ensuite changé pour entrer au parti néonazi NDP. Après avoir déclaré que la Shoah serait un mythe, il a été condamné pour négation de la Shoah dans deux chamabres basses. La haute-cour du Tribunal régional l’a ensuite absout.

A Hildesheim, on montre un débat autour d’un matériel extrêmement antisémite à l’encontre d’Israël s’est intégré dans une session de séminaire au collège supérieur local des Sciences et des Arts Appliqués (HAWK); Quelques exemples d’images comparant Israël aux Nazis sont dévoilées par un membre du panel. Le président du collège dit qu’il n’est pas convaincu que ce séminaire contienne des contenus antisémites. Broder commente disant que les Nazis savaient comment définir un Juif, mais que de nos jours, les Allemands ont bien des difficultés à définir l’antisémitisme. A Cologne, ils font une visite dans une exposition artistique qui montre l’image d’un swastika ou d’une étoile de David, selon l’angle où on la regarde.

Cette exposition se déroule dans le bâtiment à partir duquel les Juifs et d’autres étaient envoyés dans les camps de concentration au cours de la guerre.

En France, on visite le vieux quartier de Paris autour de la Rue des Rosiers. On aperçoit la plaque de l’ancien restaurant Goldenberg sur un mur. En 1982, les Palestiniens ont tué six visiteurs et blessé 32 autres. Des soldats armés patrouillent dans le quartier.

Ce film a été tourné par Broder et Joachim Schroeder. Un autre documentaire produit par ce dernier :  Chosen and Excluded – The Hate for Jews in Europe, [Elus et Exclus – la haine des Juifs en Europe], a tout d’abord été censuré cette année par la chaîne franco-allemande Arte, qui l’avait commandité. Plus tard, il a été diffusé par le programmateur d’émissions WDR, qui a mutilé le film en l’interrompant par de nombreuses remarques critiques.

En définitive, Broder tente d’analyser ce qui se produit en Europe. Il en débat avec un ami, le romancier juif hollandais Leon de Winter. Alors qu’ils ne parviennent pas à expliquer l’antisémitisme, De Winter conclut que, par le passé, personne n’avait plus d’amour pour l’Europe que les Juifs. Cet amour n’a pas bénéficié de réciprocité. Il pense que nous vivons la phase finale de l’existence des Juifs en Europe. De Winter prédit que d’ici 40 à 50 ans la Communauté Juive d’Europe aura complètement disparu. Cela reste à voir, cependant.

Actuellement, ce film n’existe qu’en allemand. L’ajout de sous-titres anglais et français le rendront accessible à un auditoire toujours plus vaste.

Manfred Gerstenfeld

Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

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[1] www.zeit.de/zeit-magazin/2015/28/hamed-abdel-samad-rettung

[2] http://jewishnews.timesofisrael.com/stones-shatter-window-of-synagogue-in-sweden/

 

6 COMMENTS

  1. JE PENSE QUE DE NOS JOURS L’ANTISEMITISME EST VIVACE A 90% DANS L’EXTREME GAUCHE ET CHEZ LES ARABES,COMME A MALMOE QUI EST DEVENUE UNE VILLE ARABE.C’EST INSUPPORTABLE,ON SE DEMANDE QUAND LE PEUPLE SUEDOIS ET BIEN DES PEUPLES EUROPEENS VONT FINIR PAR COMPRENDRE QU’ILS SONT EN TRAIN DE SE FAIRE PHAGOCYTER PAR CETTE RACE DE BARBARES.

  2. I left Europe having survived the Holocaust in 1950. Although we tried very hard to find a country that would accept us we finally settled in Melbourne, Australia. I promised myself never to return anywhere in Europe. I was convinced that the Shoah was not the final solution Europe had hoped for. Too many Jews had survived. Factors would arise at some time in the future that will ensure that Europe becomes at long last ‘Judenrein’.

  3. L’antisémitisme suédois n’est pas nouveau; c’est même un antisémitisme d’Etat qui a fait ses “choux gras” pendant la guerre de 1939-1945; il ne faut pas oublier que ce pays a procuré à Hitler tout le minerai de fer dont il avait besoin pour fabriquer des armes, des tanks , des camions, des munitions et des canons géants pour détruire l’Europe qu’il voulait mettre à ses pieds; je dois dire que, d’un certaine manière, il a réussi quant on s’aperçoit des conséquences psychologiques sur la Suède d’aujourd’hui qui a épousé les thèses “nazies ” en accueillant des quantités de terroristes islamistes déguisés en migrants musulmans.

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