Parachath ‘Eqèv – Le « jardin de Hachem »
Notre paracha contient la promesse que Hachem a faite aux enfants d’Israël de leur donner un pays magnifique, « un pays de torrents d’eau, de sources et d’eaux profondes, qui sortent dans la vallée et dans la montagne, un pays de froment et d’orge, et de vigne et de figue et de grenade, un pays d’olivier à huile et de miel, un pays où ils ne manqueront de rien, un pays dont les pierres sont du fer, et des montagnes duquel ils extrairont du cuivre » (Devarim 8, 7 à 9).
Cette promesse a-t-elle été tenue ? A peine Abraham est-il arrivé sur la terre de Canaan qu’une famine s’y est abattue, et qu’il lui a fallu chercher en Egypte de quoi subsister (Berèchith 12, 10). Isaac (Berèchith 26, 1 à 3) et Jacob (Berèchith 42, 1 et 2) ont souffert eux aussi de la même calamité, laquelle se reproduira de nouveau à l’époque des « Juges » (Ruth 1, 1).
Bien plus, ce n’est pas le pays d’Israël qui est appelé le « jardin de Hachem », mais l’Egypte (Berèchith 13, 10).

Quant au fer et au cuivre dont la Tora vante l’abondance, ils n’ont jamais, pas plus que le pétrole dont les gisements sont pourtant très proches, été représentatifs du pays de Canaan. Ses rares ressources minières, comme les gisements de cuivre de Timna dans le Néguev, n’ont jamais été exploitées de manière intensive.
C’est dire l’importance que l’on doit attacher à la promesse du prophète Isaïe, contenue dans le dernier verset de la haftara : « Car Hachem consolera Sion ; il consolera tous ses lieux arides, et fera de son désert un Eden, et de son lieu stérile, comme le jardin de Hachem… » (Isaïe 51, 3) : Ce ne sera plus l’Egypte, à l’époque messianique, qui sera appelée le « jardin de Hachem », mais Erets Yisraël, et c’est alors que seront tenues les promesses d’abondance contenues dans notre paracha.
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Haftarath parachath ‘Eqèv
– « Hachem m’a abandonnée, et Hachem m’a oubliée »
« Sion a dit : Hachem m’a abandonnée, et Hachem m’a oubliée ! »
Pourquoi, se demande le Midrach (Yalqout Chim‘oni Yecha‘ya 49), ce verset, le premier de notre haftara, contient-il deux fois le nom de Hachem ? N’aurait-il pas suffi au prophète d’écrire : « « Sion a dit : Hachem m’a abandonnée, et “Il” m’a oubliée ! » ?
Cette double indication du Nom divin, répond-il, renvoie à un autre verset qui contient le même doublon : « Hachem passa devant [Moïse], et il appela : Hachem, Hachem, Dieu miséricordieux et bienveillant, long [à faire éclater Sa] colère et plein de bonté et de vérité » (Chemoth 34, 6), comme si Sion faisait ici reproche à Hachem de lui avoir manqué tout à la fois de miséricorde et de bienveillance, et de l’avoir ainsi abandonnée en la privant de Sa miséricorde, et oubliée en cessant de lui témoigner Sa bienveillance.
Jacques KOHN.


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