Parachath Bechala‘h – Les ossements de Joseph
« Moïse emporta avec lui les ossements de Joseph… » (Chemoth 13, 19). Pendant que les enfants d’Israël étaient occupés à se faire remettre l’or et l’argent des Egyptiens, Moïse s’affairait à la mitswa des « ossements de Joseph » (Sota 13a). Et la Guemara de rapprocher l’accomplissement de ce devoir du verset : « Celui qui est sage de cœur prend les mitswoth… »
Quelle a été, en la circonstance, la « sagesse » de Moïse ?
Au moment de la sortie d’Egypte, Moïse était considéré comme un kohen (Zeva‘him 102a). Or, l’on sait qu’il est interdit à un kohen de se rendre impur au contact d’un cadavre humain. Un cadavre dont personne ne s’occupe est cependant considéré comme un corps sur lequel c’est une mitswa pour tout Juif, y compris un kohen, de veiller (מת מצוה).
Les enfants d’Israël étaient alors tous occupés à la préparation de leur départ d’Egypte, de sorte que personne ne s’intéressait aux ossements de Joseph. C’est par conséquent Moïse, dans sa sagesse, qui en a pris soin en tant que מת מצוה, et ce bien qu’il eût le statut de kohen (D’après VEDIBARTA BAM).
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Haftarath parachath Bechala‘h – La bataille du Kichon
Le cantique de Devora, qui forme l’essentiel de la haftara de la parachath Bechala‘h (et sa totalité dans le rite séfarade), célèbre la victoire qu’ont remportée les enfants d’Israël commandés par Baraq sur l’armée cananéenne aux ordres de Sissera dans la bataille dite « du Kichon ».
Voici comment Yehouda Elitsour (Séfèr Choftim – Collection Da‘ath Miqra) a reconstitué cette bataille :
Baraq s’installa avec dix mille hommes au sommet du mont Thabor (4, 6). Quant à Sissera, il partit de ‘Harocheth ha-Goyim et s’installa dans la vallée, au bord d’un des affluents du Kichon supérieur, à quelque 7 kilomètres à l’ouest du mont Thabor.
Sissera savait que sa cavalerie et ses chars ne pourraient pas se lancer à l’assaut du mont Thabor, et son intention était d’engager le combat uniquement lorsque Baraq en redescendrait. C’est pourquoi il s’éloigna quelque peu de la montagne, de façon à ne pas être surpris par une soudaine irruption de son adversaire. Mais Devora avait promis à Baraq que « Hachem sortirait devant lui » (4, 14), l’assurant ainsi qu’un événement surnaturel se produirait et lui donnerait la victoire.
Quel a été cet événement prodigieux ?
Cette partie d’Erets Yisrael ne permet une intervention de la cavalerie et des chars que pendant la belle saison, et l’on peut conjecturer que Sissera le savait. Il arrive parfois, cependant, qu’éclatent dans la région du mont Thabor de violents et brusques orages d’été, et c’est précisément l’un d’eux qui a donné la victoire à Baraq.
Le résultat de cet orage a été que les troupes de Sissera ont été prises au piège d’un sol détrempé. Leurs chars ont été ainsi privés de toute possibilité de manœuvre, de sorte qu’il a été facile à celles de Baraq de les écraser.
C’est ainsi que, la veille de Chavou‘oth 1963, rapporte Elitsour (op.cit.), il est tombé dans cette région 35 millimètres de pluie en moins d’une heure ! On relate également que le général Bonaparte, lorsqu’il écrasa, le 7 avril 1799, les troupes turques et arabes au mont Thabor, a dû sa victoire – répétition de l’histoire – à une crue soudaine du Kichon qui noya une partie importante des troupes de ses adversaires.
Jacques KOHN.


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