"Ariel se trouve en territoire occupé, et aucun artiste israélien ne doit se produire en territoire occupé, ni à Ariel ni dans aucune autre implantation, car c’est contraire au droit international", a affirmé à la radio le dramaturge Yéhoshua Sobol.
Ariel, 18 000 habitants, est l’une des plus grandes localités juives créées en Cisjordanie depuis juin 1967 et abrite un centre culturel qui a récemment été inauguré. "Les habitants d’Ariel disposent d’excellentes routes et n’ont qu’à s’en servir pour venir nous voir à Tel-Aviv", a ajouté M. Sobol. Selon lui, pas moins de 53 acteurs, artistes et dramaturges israéliens ont signé une pétition en ce sens, notamment des grands noms du théâtre comme Yossi Pollak, Yousef Sweid, Anat Gov ou Savyon Liebrecht. Ces derniers représentent les principales compagnies théâtrales d’Israël, notamment Beit Lessin, Guesher, Habimah, Caméri, les Théâtres de Beersheva et Haïfa, ou le Khan de Jérusalem, tous subventionnés par des fonds publics.
"Nous appelons les directions des théâtres à poursuivre leurs activités sur le territoire souverain d’Israël à l’intérieur des limites de la Ligne verte" qui démarque Israël des territoires occupés, ont souligné les auteurs de la pétition. Cette prise de position a suscité les réserves d’une partie du monde des planches, ainsi que la colère des résidents juifs de Judée Samarie et de l’aile droite de la classe politique, à commencer par le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Cité en substance par la radio publique, il a affirmé devant ses ministres réunis en séance hebdomadaire qu’"Israël est victime d’une campagne internationale de « délégitimation », et tout boycottage est inacceptable encore moins chez nous, lorsqu’il provient de gens financés par l’État".
Le maire d’Ariel, Ron Nahman, s’est de son côté dit "choqué par cette pétition qui mélange politique et culture". Également interrogée à la radio, la ministre de la Culture et des Sports, Limor Livnat, du parti Likoud (droite), s’est élevée contre "cette initiative regrettable, qui divise l’opinion et répand la haine". Elle a assuré que les autorités israéliennes "ne se mêlent pas des répertoires ni du contenu des pièces de théâtre, et que le rôle des artistes est de servir de pont entre les divers secteurs de l’opinion".
NDLR - La première des cultures est la sienne. Savoir qui l’on est, quelle est son identité première. Ceux qui veulent singer tout et n’importe quoi pour être ce qu’ils ne seront jamais, font dans la posture.
« L’homme n’est ni ange ni bête et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête. » Pascal.


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