Rappel des faits : depuis 15 ans la professeure d’Histoire-Géographie au lycée Henri Loritz à Nancy, Catherine Pederzoli-Ventura organise des voyages scolaires au cœur des camps de concentrations dans le cadre de l’enseignement naturel des programmes de première, seconde et terminale traitant de la deuxième guerre mondiale et des préjugés et discriminations qui conduisent au racisme et au génocide.

C’est en décembre 2009 que l’affaire éclate durant une visite du ministre de l’Education nationale Luc Chatel. Certains lycéens mécontents que le voyage prévu initialement avec la participation de 144 élèves, se voit réduit à 80 sur instruction de la proviseure invoquant le coût et la sécurité des élèves, lesquels ont déroulé une banderolle manifestant leur désappointement devant le ministre. C’est alors qu’une enquête de l’inspection générale de l’Education nationale, sur indication du rectorat, a débouché sur un rapport accablant l’enseignante, l’accusant de "manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité", avec en prime "instrumentalisation des élèves" par "lavages de cerveaux", suite à une pétition de parents d’élèves.
Selon son avocate, Me Christine Tadic, l’acharnement dont est victime sa cliente date de 2007 à l’arrivée de la nouvelle direction de l’établissement scolaire.
Suspendue de ses fonctions pour une durée de quatre mois, le rectorat affirme qu’il ne s’agit là que d’une mesure conservatoire avant la remise du rapport définitif et qui n’a pas valeur de sanction. Il s’agirait d’un « dossier relevant de la problématique générale de l’organisation des voyages scolaires, sans rapport avec le sujet de la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Shoah », explique le recteur Jean-Jacques Pollet .
Entre les deux versions ici exposées, difficile d’y entrevoir une vérité. Toujours est-il que le mot Shoa ne saurait être prononcé, qu’il y a eu « lavage de cerveaux », si l’on s’en tient au rapport de l’inspection générale, et qu’une animosité entre personnes à fait le reste sous couvert d’une sombre affaire d’éthylisme non révélée à ce jour. Madame Pederzoli dénonce un "abus de pouvoir" du rectorat.
Luc Chatel, a précisé, mercredi sur Europe 1, que la suspension d’une professeur d’histoire-géographie de confession juive n’a rien à voir avec l’appartenance religieuse du professeur. "Je ne peux pas laisser dire que l’Education nationale sanctionne des enseignants pour leur appartenance confessionnelle ou religieuse, ça n’est pas acceptable. Il a révélé ce matin sur RMC que l’enseignante encourait une sanction, mais que rien ne le présage.
La mesure est intervenue la veille de la rentrée scolaire. L’avocate de l’enseignante, Me Christine Tadic, a saisi en référé le Tribunal administratif pour contester la suspension du rectorat.
Le journal Le Parisien rapporte aujourd’hui que le maire de Nancy, André Rossinot (UMP-Rad), a demandé au ministre de « différer la suspension » de l’enseignante d’histoire. Il réclame « avec insistance de comprendre l’émotion majeure ressentie à Nancy et au plan national... Cela, ajoute la maire, pour permettre une analyse globale et républicaine évitant tout amalgame fâcheux ».
« Le contenu du rapport des Inspecteurs généraux de l’Education nationale (...) fait apparaître des choses particulièrement choquantes, reprochant notamment à cette enseignante de parler plus souvent de Shoah que de génocide à propos d’Auschwitz-Birkenau. Chacun appréciera l’objectivité de ce rapport », écrit le maire de Nancy.
Inquiet de « la tournure prise par le contenu (du) rapport », il souhaite qu’il soit complété par une analyse confiée cette fois à l’Inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche.
En 2008 et 2009, deux professeurs de lycée (Strasbourg et Pont à Mousson) s’étaient vu contester le génocide des arméniens par des élèves d’origine turque.
Jean Eckian
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L’article du Figaro.
La suspension d’une prof juive d’histoire fait polémique
L’enseignante de 58 ans s’impliquerait trop dans l’organisation de voyages scolaires en Europe de l’Est autour de la Shoah. Un rapport de l’inspection générale estime qu’elle manque à ses devoirs « de réserve, de neutralité et de laïcité ».
Enseignante d’histoire au lycée Henri-Loritz, un établissement public de Nancy, Catherine Pederzoli-Ventura a appris à deux jours de la rentrée qu’elle ne pourrait reprendre les cours, du moins pas avant quatre mois. Le rectorat de l’Académie de Metz-Nancy a en effet décidé de suspendre l’enseignante après la remise d’un rapport de l’Inspection générale soulignant des « manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité », et une « instrumentalisation des élèves » par des « lavages de cerveaux ». Des accusations contestées par l’enseignante, qui estime que ses rapports personnels avec sa proviseure, voire ses convictions religieuses, ont motivé sa mise à l’écart.
« Depuis l’arrivée d’une nouvelle direction de l’établissement en 2007, on s’acharne contre elle, on veut s’en débarrasser », affirme l’avocate de Catherine Pederzoli, Me Christine Tadic, qui a saisi mardi en référé le tribunal administratif pour suspendre la décision du recteur. Et de s’interroger : « La faute que l’enseignante a commise n’est-elle pas d’être juive ? » Le représentant de la communauté juive de Nancy, Etienne Heymann, a pour sa part estimé que cette affaire était « un véritable scandale d’Etat qui salit l’honneur de la France » et réclamé « une réaction soit du ministre, soit du président de la République ».
Trop de temps consacré aux voyages
Catherine Pederzoli-Ventura organise depuis une quinzaine d’années des voyages en Pologne et en République tchèque pour permettre à ses élèves de seconde, première et terminale de visiter d’anciens camps de concentration. En 2009, elle monte ainsi un projet visant à emmener 144 élèves. Selon l’Est républicain, la proviseure de l’établissement, jugeant ce nombre excessif, s’y oppose, invoquant le coût et la sécurité. Le conseil d’administration autorise finalement le départ de 80 élèves, mais cette réduction des effectifs suscite la colère de certains lycéens qui manifestent leur mécontentement en déroulant une banderole lors d’une visite du ministre de l’Education Luc Chatel.
Cette initiative, que l’enseignante est soupçonnée d’avoir soutenue, si ce n’est organisée, a motivé une enquête de l’Inspection générale. Le rapport, rédigé en juillet, estime que Catherine Pederzoli consacre trop de temps à l’organisation de voyages sur l’histoire des juifs en Europe centrale, comprenant des visites à des camps comme celui d’Auschwitz-Birkenau, dans l’actuelle Pologne. « Un temps non négligeable de préparation étant consacré au projet, des parties du programme risquent de lui être plus ou moins sacrifiés », écrivent les inspecteurs. Ils notent en outre que, lors de leur entretien avec la professeure, cette dernière a prononcé 14 fois le mot « Shoah », « tandis que le terme à la fois plus neutre et juridiquement fondé de ‘génocide’ n’(a été) mentionné que deux fois, comme en passant ».
« Aucun rapport avec la transmission de la mémoire de la Shoah »
De son côté, le rectorat explique dans un communiqué diffusé mardi soir avoir demandé l’enquête à la suite d’un « certain nombre de dysfonctionnements » dans le lycée. Contactés par lefigaro.fr, ni le recteur ni la proviseure n’étaient immédiatement disponibles pour détailler ces problèmes. Le rectorat insiste toutefois dans son communiqué « sur le fait qu’il s’agit d’un dossier relevant de la problématique générale de l’organisation des voyages scolaires (...), sans rapport avec le sujet de la transmission de l’histoire et de la mémoire de la Shoah, à laquelle l’Education nationale est très attachée ». Il précise que la suspension, décidée sur la base du rapport, « ne se confond pas avec une sanction » et que l’enseignante continuera à percevoir son salaire.
Sur la page Facebook de Catherine Pederzoli-Ventura, plusieurs élèves s’indignent de la sanction. « C’est injuste. Vous êtes sans hésitation la meilleure professeur d’histoire que j’ai pu avoir durant toute ma scolarité. Si l’Education nationale écarte de ses rangs les rares éléments qui pensent PAR EUX-MEMES (sic), où va-t’on ? », écrit l’un d’eux. « Si cette enseignante avait été chrétienne, on n’aurait pas pu dire qu’elle faisait du lavage de cerveaux », affirme pour sa part Me Tadic. Le tribunal doit se prononcer d’ici à 15 jours sur la demande d’annulation de la suspension.
Pour l’inspection générale, elle manque à ses devoirs de "réserve, de neutralité et de laïcité". Le Figaro rapportait, mercredi, que Catherine Pederzoli-Ventura, enseignante d’histoire au lycée Henri-Loritz, un établissement public de Nancy, était suspendue de ses fonctions. Son tort : s’impliquer outremesure dans l’organisation de voyages scolaires en Europe de l’Est, autour de la Shoah.
Existe-t-il une limite à l’enseignement de la Shoah aux élèves ?
A deux jours de la rentrée des classes, l’enseignante juive de 58 ans a appris sa suspension de quatre mois minimum. Une décision qui soulève la polémique.
"Depuis l’arrivée d’une nouvelle direction de l’établissement en 2007, on s’acharne contre elle, on veut s’en débarrasser", affirme l’avocate de Pederzoli. Maître Christine Tadic a saisi mardi en référé le tribunal administratif pour suspendre la décision du recteur. Et de s’interroger : "La faute que l’enseignante a commise n’est-elle pas d’être juive ?"
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le Crif « frappé de la lourdeur de la sanction »
EDUCATION - Elle est accusée d’avoir failli aux obligations de laïcité et de neutralité...
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif)) proteste contre la sanction contre l’enseignante d’histoire de Nancy qui aurait failli aux obligations de laïcité et de neutralité. Dans un communiqué diffusé ce jeudi, le Crif se dit « frappé de la lourdeur de la sanction » visant Catherine Pederzoli-Ventura, professeur au lycée Henri-Loritz à Nancy âgée de 58 ans et de confession juive, qui a été suspendue quatre mois par le recteur de l’académie de Nancy-Metz, sur la base d’un pré-rapport de l’inspection générale de l’Education nationale.
>> Lire l’interview de Luc Chatel sur ce sujet
« Même si cette sanction est suspensive, elle met au pilori une enseignante pour laquelle le Crif n’a eu jusqu’à maintenant que des informations favorables en ce qui concerne le travail qu’elle accomplit depuis plusieurs années avec des élèves du lycée », écrit-il. Le Crif s’étonne que les auteurs du rapport concernant l’enseignante aient jugé « inadapté l’utilisation du terme de Shoah », lui préférant « génocide ».
Le document pointe un manquement aux obligations de neutralité et de laïcité, notamment dans le contexte de visites scolaires organisées dans d’anciens camps de concentration. L’enseignante a dénoncé un « abus de pouvoir » du rectorat et son avocate a saisi en référé le tribunal administratif, qui doit se prononcer dans les quinze jours sur la suspension.
« Révisionnisme rampant »
Il rappelle qu’il existe une Fondation pour la Mémoire de la Shoah (...) et que « depuis le film de Claude Lanzmann, ce terme s’est imposé dans le monde francophone pour nommer l’extermination des Juifs ». Le Crif se dit enfin « inquiet d’un révisionnisme rampant visant à minimiser les assassinats au cours de la Shoah, donnant la main à un confusionnisme idéologique qui vise à égaliser des situations qui n’ont rien à voir les unes avec les autres ».
Le maire de Nancy, André Rossinot (UMP-Rad), a pour sa part demandé ce jeudi au ministre de l’Education nationale de « différer la suspension » de Catherine Pederzoli-Ventura. Dans son courrier à Luc Chatel, le maire demande « avec insistance de comprendre l’émotion majeure ressentie à Nancy et au plan national » et de « bien vouloir prendre des mesures pour différer la suspension ». « Cela, ajoute l’édile, pour permettre une analyse globale et républicaine évitant tout amalgame fâcheux. »
« Des choses particulièrement choquantes »
« Le contenu du rapport des inspecteurs généraux de l’Education nationale (...) fait apparaître des choses particulièrement choquantes, reprochant notamment à cette enseignante de parler plus souvent de Shoah que de génocide à propos d’Auschwitz-Birkenau. Chacun appréciera l’objectivité de ce rapport », écrit le maire de Nancy.
Il se dit « particulièrement inquiet de la tournure prise par le contenu (du) rapport », souhaitant qu’il soit complété par une analyse confiée cette fois à l’inspection générale de l’administration de l’Education nationale et de la Recherche.
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INTERVIEW - Le ministre de l’Education revient sur la suspension d’une professeur d’histoire-géographie à Nancy...
Luc Chatel : « Je ne peux pas laisser dire qu’on sanctionne une enseignante à cause de son appartenance religieuse »
Catherine Pederzoli, 58 ans, fait l’objet d’une enquête de l’inspection académique. Selon un pré-rapport rédigé en juillet, les inspecteurs pointent des « manquements aux obligations de réserve, de neutralité et de laïcité » dans l’enseignement de la Shoah fait par cette professeur d’histoire-géographie, de confession juive, notamment lors de voyages scolaires. Contacté par 20minutes.fr, Luc Chatel, le ministre de l’Education, réagit.

Avez-vous eu connaissance de cette affaire ?
Oui, je la connais bien puisque j’avais été directement interpellé lors d’une visite à Nancy. J’avais donc demandé au recteur de lancer une inspection académique sur cette enseignante.
Vous êtes donc à l’origine de la procédure ?
Oui, puisqu’il y avait manifestement un problème dans cet établissement. On m’a rapporté qu’il y avait eu un incident lors d’un des derniers voyages scolaires de cette enseignante, des problèmes de comportements de la part des élèves. Des parents se sont plaints. L’établissement a donc voulu reformater ces voyages pour assurer un meilleur encadrement. Et donc réduire le nombre d’élèves.
C’est ce qui a provoqué la manifestation organisée lors de votre venue ?
Oui, l’enseignante est entrée en conflit avec la direction et ses collègues.
Ce n’est donc pas la manière dont cette professeur enseigne qui est visée, mais un problème d’encadrement ?
Je ne peux pas laisser dire qu’on sanctionne une enseignante à cause de son appartenance religieuse. La Shoah fait partie des priorités dans le cadre de la transmission du devoir de mémoire à l’école.
Propos recueillis par Catherine Fournier
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Drancy le 02 Septembre 2010
Le Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme tiens à exprimer l’émotion de nombreux correspondants choqués par des mesures disciplinaires prises par l’éducation nationale à l’encontre d’une professeur de lycée LORIZ de Nancy, à laquelle il est reproché d’user du mot Shoah pour qualifier du génocide des juifs et de l’enseigner à ses élèves.
Madame Catherine Pederzoli Ventura est professeur d’histoire depuis 35 ans et selon nos informations ces problèmes auraient commencés avec l’arrivée il ya 3 ans d’un nouveau proviseur qui n’apprécierait pas son zèle : expositions voyages sur ce thème , et ne semblerait pas plaire non plus à des professeurs responsables syndicaux qui auraient réclamé des expositions sur la Palestine ou les Harkis.
Nous rappelons qu’en 2004 Madame Catherine Pederzoli Ventura a été enfermée dans les toilettes et traitée de sale juive. Nous rappelons que les voyages et conférences qu’elle organise en collaboration avec le Conseil Régional et la Mairie de Nancy rentre dans le cadre légale de l’enseignement de mémoire conformément aux recommandations de l’éducation nationale.
Aussi nous ne comprenons pas les mesures prises à l’encontre de ce professeur ainsi que les conclusions de l’inspection générale qui lui reproche d’avoir utilisé dans une discution 14 fois le mot Shoah parce que c’est une définition hébreu. Nous rappelons que ce terme est employé dans un usage courant et utilisé largement dans les discours officiels
Nous demandons au ministre de l’éducation national de revoir les motivations réelles des rédacteurs de ce rapport qui nous parait sévère et partial et bien vouloir désamorcer cette affaire en annulant toute sanction.
Le Président Sammy GHOZLAN


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