"Nous sommes surpris que le musée d’Art moderne de Paris puisse abriter une exposition aussi politique que celle-là alors que ce n’est pas forcément sa vocation", a répondu Marc Knobel, chercheur au Crif, interrogé par l’AFP. Il souligne que le Crif n’a pas pour habitude de dénoncer des expositions. "C’est un peu une première", selon M. Knobel. "Nous n’appelons pas pour autant à la censure de cette exposition", a-t-il ajouté. Interrogé par l’AFP, le directeur du musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Fabrice Hergott, a répliqué : "cette exposition ne fait pas partie de la programmation du musée". Elle a lieu dans le cadre d’un contrat de mécénat avec Carmignac Gestion. Mécène du musée, cette société de gestion d’actifs dispose d’une salle pendant un mois pour présenter les travaux du photographe primé, a dit M. Hergott. "Nous n’intervenons pas sur le contenu", a dit M. Hergott qui reconnaît que les photos sont "dures".
Un avertissement à l’entrée prévient déjà que l’exposition peut choquer un public sensible, dit-il. "Nous allons peut-être multiplier les avertissements, en soulignant qu’il s’agit d’un prix de journalisme accueilli par le musée dans ses murs", a ajouté M. Hergott. Le prix créé par Edouard Carmignac en 2009 consiste à financer un reportage sur un thème donné, en prise directe avec l’actualité. La bourse est de 50.000 euros. Le lauréat se voit offrir une exposition et un livre, édité chez Steidl. Le jury 2009, présidé par le photographe William Klein, était composé de personnalités reconnues du monde de la photo.


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