Un commando de militants Pro Palestiniens appelle au « Boycott d’Israël » lors d’une cérémonie de remise de Médaille des Justes
FRANCE-ISRAEL
Alliance Général Kœnig
COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Un commando Pro Palestinien contre la « Médaille des Justes » .
France-Israël se déclare profondément indignée par l’intervention d’un commando de militants Pro Palestiniens appelant au « Boycott d’Israël » lors d’une cérémonie de remise de Médaille des Justes, qui s’est tenue le Dimanche 20 juin au Mazet St Voy (Haute Loire) [*].
Les militants ont délibérément choisi de perturber gravement une cérémonie du souvenir en l’honneur des Époux Duron qui, au péril de leur vie, ont caché et sauvé une famille juive durant l’occupation nazie.
Cette cérémonie ne concernait en rien l’actuel conflit qui oppose Israël au Hamas.
Les militants Pro Palestiniens n’ont manifestement eu aucun égard pour les descendants d’Évonie Jonac et Daniel Duron, qui ne sont en aucune manière concernés par le conflit israélo-palestinien.
France-Israël tient à condamner les termes totalement déplacés du tract distribué sur place, établissant un parallèle entre l’armée israélienne et les soldats nazis, et présentant « ceux qui défendent les Palestiniens » comme les « Justes d’Aujourd’hui ».
L’utilisation de tels procédés constitue une falsification historique particulièrement perverse et relève de l’instrumentalisation de la Shoah.
En décidant de venir troubler une cérémonie de remise des médailles des justes - ce qui constitue une première - les militants du Boycott anti-israélien ont franchi un nouveau degré dans *l’abjection.
[*] Voir la Chronique de C. Weill-Raynal sur RCJ., le 21 juin, "Les Boycotteurs anti-israéliens perturbent une remise de Médailles des Justes" Mis en ligne le 23 juin 2010, par Menahem Macina, sur le site France-Israël.org Les Boycotteurs anti-israéliens perturbent une remise de Médailles des Justes, Clément Weill-Raynal
Causerie de l’auteur sur RCJ. le 21 juin 2010- http://www.france-israel.org/articl...
Quel rapport y a-t-il entre le Boycott anti-israélien et une cérémonie de remise de Médaille des Justes au plus profond de la campagne française ?
À priori, aucun.
Pourtant je voudrai vous raconter l’incident dont j’ai été témoin hier au Mazet St Voy, un petit village de Haute Loire. Pour des raisons personnelles et familiales j’ai assisté à la remise d’une Médaille des Justes aux descendants d’une famille de la commune, qui avait caché des juifs pendant la guerre. De nombreux habitants étaient présents dans la Salle des Fêtes, des juifs étaient également venus de Paris et d’Israël, la cérémonie était émouvante, l’atmosphère chaleureuse, jusqu’à ce qu’une dizaine de militants Pro Palestiniens viennent perturber la réunion, en distribuant des tracts et en appelant au Boycott d’Israël, devant une assemblée médusée.
Mais quel rapport y a-t-il entre le sauvetage des juifs pendant la guerre par une poignée de chrétiens héroïques et l’appel, 70 ans plus tard, au Boycott d’Israël ? Aucun…
…Si ce n’est que la terrible confusion – l’inversion des valeurs, opérée par les militants Pro Palestiniens – permet de mieux comprendre comment les antisémites d’aujourd’hui travestissent l’histoire sans vergogne pour donner un visage présentable à la haine qu’ils nourrissent à l’égard des Juifs.
« Les Israéliens n’ont pas le droit de décerner une Médaille des Justes », expliquait, en substance, le tract distribué sur place, parce que les Israéliens se comportent comme les nazis et que ceux qui soutiennent les Palestiniens sont les véritables Justes d’aujourd’hui ».
*Voilà la pensée abjecte d’une poignée d’abrutis en keffieh.
Mais on aurait tort de sous-estimer ce type d’incident qui s’est produit un dimanche après-midi dans cette petite commune tranquille d’Auvergne. Ceux qui appellent au Boycott d’Israël s’estiment désormais en droit de venir perturber toute réunion où il y a des Juifs. Et de leur contester jusqu’au droit d’honorer ceux qui les ont sauvés.
On aurait tort de sous-estimer ce qui s’est passé hier au Mazet St Voy, parce que la campagne de Boycott d’Israël et des Juifs gagne du terrain et obtient peu à peu droit de cité en France, avec le soutien complaisant de certains grand médias nationaux.
Le combat contre cette campagne illégale et antisémite doit être l’un des objectifs prioritaires de la Communauté juive.
© Clément Weill-Raynal
COMPLEMENT D’INFORMATION
Blog du Comité Yad Vashem France

Remise du Diplôme et de la Médaille aux enfants et aux petits enfants des Justes (Ph. hephil.roux / BCFYV / DR).
Daniel Duron et son épouse Evodie Duron-Jonac Justes parmi les Nations
Fabienne Mercier :
Ce 20 juin 2010 A la mairie du Mazet-Saint-Voy, lorsque la voix de Jean Ferrat retentit et que les mots de sa chanson Nuits et brouillards cognent dans les esprits, l’émotion est palpable. Il est bien difficile pour les participants, juifs ou non, croyants ou non-croyants, jeunes ou vieux, ne pas laisser les larmes embuer leur regard. De même à l’issue de la cérémonie lorsque le chant des déportés, le Chant des marais, est repris en chœur.
La foule des grands jours est au rendez-vous. On vient saluer la mémoire d’habitants du Mazet-Saint-Voy, un couple marqué par sa foi protestante, qui vivait à Mazelgirard. Pendant la guerre, ils ont procuré un logement à la famille Weill originaire des Vosges et l’ont entouré de leur sollicitude.
Evodie Jonac et Daniel Duron reçoivent, à titre posthume, le diplôme et la médaille des Justes.
Ce sont leurs enfants et petits-enfants, Paul, Marc, Marguerite, André, Dina et Dany, qui sont honorés.
Des discours, on retiendra cet extrait de celui de Bernard Cotte, le premier magistrat : « A notre époque où l’on tend, dans nos communes, à bâtir des légendes, il est bon de rappeler que la mémoire collective, celle du peuple du plateau se souvient de tous ces gens accueillis, du rire de leurs enfants. L’exemple d’Evodie et Daniel est très représentatif des événements de cette période. Ils ont fait au nom de leur foi profonde ce que d’autres ont réalisé au nom de leur simple humanité. » Il ajoute : « La mémoire que nous célébrons aujourd’hui est une mémoire exigeante. Elle nous rappelle que l’exemple de nos parents ne nous invite pas à une molle acceptation des événements du monde. Nous devons exercer un examen critique sur les scènes de violences qui nous parviennent. Nous devons protéger les faibles, ceux qui sont persécutés, les accueillir et les soutenir. »
De l’intervention de Dany Duron, fils d’Evodie et Daniel, on gardera à l’esprit la conclusion. « En tant que croyant, lorsque j’ai monté ce dossier pour que mes parents obtiennent ce titre de Justes, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger. « Comment serons-nous trouvés justes devant Dieu ? » (Le Progrès, 21 juin 2010).

Les deux Justes : Evodie et Daniel Duron (Mont. BCFYV / DR).
Synthèse du dossier Yad Vashem :
"Gaston Weill et Adrienne Geismar sont nés dans le Haut-Rhin. Ils se marient en 1931.
Gaston Weill est négociant en textiles à Mulhouse.
Quatre enfants naissent au sein de ce foyer, Jean, Francis, Gilbert et Jacqueline.
Gaston Weill, mobilisé en 1939, est libéré de ses obligations militaires après la naissance de la petite Jacqueline en février 1940.
D’avril 1940 au 12 juin 1940, Mulhouse étant sur la ligne de front, Adrienne Weill et ses enfants fuient au Val d’Ajol dans les Vosges.
Puis, le 14 juin 1940, laissant Jacqueline chez sa nourrice, la famille quitte les Vosges et se réfugie en Haute-Loire dans une auberge du hameau du Mas-de-Tence.
Enfin, en octobre 1940, les époux Weill trouvent un logement rue de St Agrève à TENCE. En 1941 la nourrice, passant la ligne de démarcation, conduit Jacqueline auprès de ses parents.
En 1943, la traque des Juifs s’intensifie, les époux Weill ne se sentent plus en sécurité. Lors d’une première alerte, la famille Weill passe la nuit hors de son appartement, chez des connaissances de Tence. La décision est prise de chercher un logement de substitution afin de s’éloigner de Tence, tout comme le font d’autres familles juives demeurant dans ce bourg. Confiant leurs enfants à une réfugiée allemande, M. et Mme Weill partent, à pied, à la recherche d’un nouveau refuge. Deux jours de recherches n’ont rien donné, ils rentrent désespérés.
Louise Astor, cheftaine de scouts protestants, mise au courant par le Pasteur Leenhardt (nommé Juste parmi les Nations en 1991), interroge les enfants Weill, eux-mêmes scouts. Elle propose l’aide de sa famille. Celle-ci les met en contact avec les propriétaires de la ferme voisine, le couple Duron.
Daniel et Évodie Duron qui ont six enfants de 6 à 17 ans, Daniel Elie, Dina, André, Marguerite, Marc, Paul, acceptent sans hésiter de loger cette famille juive dans une aile de leur ferme. C’est l’ancien appartement des parents d’Évodie Duron, M. et Mme Jonac décédés.
Les gens de la Gestapo sont aperçus dans le bourg. Ils sont à la recherche d’une famille juive et logent à l’hôtel de la Lionchère contigu au lieu de résidence de la famille Weill. Celle-ci quitte discrètement Tence et rejoint Mazelgirard, hameau de la commune du Mazet-St-Voy.
Les enfants Weill, dont les parents ont de faux papiers au nom de Vial, et les enfants Duron, fréquentent l’unique classe du hameau. Ils partagent leurs jeux, leur goûter et même les travaux des champs. M. et Mme Duron entourent de leur affection ces réfugiés, mettent à disposition un coin de leur potager, apportent à leurs protégés légumes, beurre, œufs et même du pain lorsqu’ils le cuisent. Cela évite aux Weill de retirer des tickets d’alimentation auprès de la mairie de Tence.
Ces Protestants furent guidés par le seul désir de venir en aide à ces personnes persécutées.
Les familles Weill et Duron sont toujours restées amies."

Vue du public - cliquer sur la photo pour l’agrandir (Ph. hephil.roux / BCFYV / DR).


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