En quoi les négociations sur le Brexit peuvent être utiles à Israël©

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En quoi les négociations sur le Brexit peuvent être utiles à Israël

Les négociations en vue du Brexit vont probablement être utiles pour Israël, de multiples façons. L’une d’entre elles concerne le fait que le gouvernement britannique et en particulier les médias du pays, vont exposer en détail les problèmes et la mauvaise conduite de l’Union Européenne. Dans un article, le quotidien britannique The Telegraph prévoit : « L’U.E sera bientôt paralysée par le départ de la Grande Bretagne, lui dérobant son centre financier et les millions de livres sterling par an de contribution nette. Le modus operandi de l’U.E a toujours consisté à acheter son soutien par l’argent allemand et britannique, en particulier, dans les régions les plus pauvres et dans le terroir agricole de France : chaque fois qu’on sera à court d’argent, ou qu’il sera remplacé par des taxes européennes, les tensions monteront aussitôt en flèche[1].

Une deuxième raison concerne la mise en exergue des problèmes qui taraudent les pays dominants de l’Europe. Même si ces négociations n’ont pas encore démarré, on peut déjà en trouver de bonnes illustrations. L’une concerne la France, un pays qui dispose d’un rôle gravement disproportionné dans la critique systématique d’Israël et dans l’incitation contre l’Etat Juif au sein de l’U.E, aussi bien par le passé qu’actuellement, sous la présente Présidence.

The Telegraph a publié un article qui identifie la France comme « l’Homme malade de l’Europe[2]« . Il mentionne que la dette publique de la France n’a fait qu’augmenter au cours des huit dernières années et qu’elle s’approche à présent des 100% du PIB. Cela met la France dans le groupe de tête des six pays de l’U.E souffrant d’une dette publique très élevée. Cet article montre aussi  que les dépenses du gouvernement français représentent 57% de son PIB en 2015. Cela la met au niveau de la Finlande, en tête des 28 pays-membresd de l’UE en termes de dépzense publique. La croissance économique de la France en 2015 n’a été que de 1,3 % comparés à la moyenne de 2,2% pour l’U.E. Elle atteint, par conséquent, le deuxième niveau le plus élevé pour le nombre de conflits du travail, dans l’U.E.

On a des indications d’un avantage supplémentaire pour Israël tiré des négociations sur le Brexit. L’U.E a fréquemment commis des abus en matière de « droit international » à l’encontre d’Israël. Là encore, le Royaume-Uni revêt un intérêt particulier pour démontrer que cette notion de loi internationale reste une construction vague, fragile et inconsistante. La Commission Européenne a menacé de contraindre la Grande-Bretagne à faire des versements d’environ 450 milliards de livres sterling, comme pour acquitter son « droit » de quitter l’Union Européenne. Pourtant, une Sous-Commission des affaires financières de la Chambre des Lords a déclaré dans un rapport que « Selon les lois internationales en vigueur, le Royaume-Uni n’est soumis à aucune obligation de contribuer au budget de l’U.E si on ne trouve finalement pas d’accord à la fin des négociations sur l’Article 50[3]« . La Commission a démontré que même si les Etats-membres de l’U.E montent un dossier contre le Royaume-Uni fondé sur les lois internationales, il sera lent à ester en justice et très difficile à appliquer. Plus les Britanniques  détailleront les limitations et raccourcis dans le corpus des lois internationales, mieux ce sera.

Le regretté Meïr Rosenne, ancien Ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis et en France et expert en lois internationales, disait : « Il y a deux types de droit international. L’un s’applique à Israël, l’autre à tous les autres Etats. C’est ce qui est mis en avant à chaque fois qu’on observe la façon dont Israël est traité dans les institutions internationales… ».

Rosenne mentionnait comme exemple typique l’avis du Conseil de la Cour de Justice Internationale de 2004, à propos de la barrière de sécurité israélienne. « Dans son jugement, le Tribunal de La Haye a décidé que le droit inhérent à l’auto-défense n’est valable que quand le pays agressé et confronté à un Etat. Si c’était vrai, cela signifierait  que tout ce que les Etats-Unis entreprennent contre Al Qaïda est illégal. Cela ne peut, en effet, pas être considéré comme de l’auto-défense, dans le cadre l’Article 51 de la Charte de l’ONU, parce qu’Al Qaïda n’est pas un Etat[4]« . [NDLR : serait-ce légalement plus « simple » contre le soit-disant ‘ »Etat Islamique » et doit-on le reconnaître dans les instances de l’ONU, comme « légitime »?]

Il existe une autre source probable de problèmes qui apportera vraisemblablement des indications utilesà Israël dans ses divers cobnfrontations à la fois avec les pays européens pris un par un et avec l’U.E. Bien que formellement, les négociations en vue du Brexit se déroulent entre la Grande-Bretagne et l’union Européenne,l’U.E doit parvenir à un consensus de ses pays-membres sur les conditions d’un accord. Or, leurs intérêts sont très différents et les négociations avec le Royaume-Uni vont probablement être une nouvelle source de tensions entre eux. Les Britanniques feront de leur mieux pour alimenter ces controverses. Plus il y aura de dissensions internes à l’U.E, mieux cela sera pour le Royaume-Uni.

Il y a environ un an, j’avais suggéré dans le Jerusalem Post qu’Israël prépare un Livre Noir des comportements malveillants de l’U.E à son encontre, alors que la diffamation européenne contre Israël et les entreprises de sabotage contre sa souveraineté prennent des dimensions jamais égalées[5]. Cette proposition n’est pas obsolète, loin de là. Ce qui en sortira, en matière de critique de l’U.E de la part de la Grande-Bretagne sera bien plus complet que ce qu’auraient pu réaliser les experts israéliens.

A présent, une autre approche sera, cependant, utile. Israël devrait instaurer une Commission de responsables gouvernementaux et d’experts extérieurs, qui, à partir du flux énorme d’articles et de données, pourront identifier quels éléments-clés pourront être utilisés par Israël, lors de ses confrontations avec l’U.E.

Par Manfred Gerstenfeld 

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Le Dr. Manfred Gerstenfeld a présidé pendant 12 ans le Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem (2000-2012). Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme. Le Dr. Manfred Gerstenfeld est Président émérite (d’honneur) du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem. Il a obtenu une distinction  pour ses réalisations tout au long de sa vie, de la part du Journal for the Study of Antisemitism, et une récompense en tant que Dirigeant International de la part du Centre Simon Wiesenthal.

 

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

 

 

 

 

[1] http://www.telegraph.co.uk/business/2017/02/22/must-leave-eu-quickly-falling-apart-faster-thought/

[2] http://www.telegraph.co.uk/business/2017/03/06/eight-charts-show-france-sick-man-europe/

[3] www.telegraph.co.uk/news/2017/03/04/britain-will-not-have-pay-penny-leave-european-union-say-peers/

[4] Meir Rosenne, personal communication, cited in Manfred Gerstenfeld, “European Politics: Double Standards toward Israel,” Jewish Political Studies Review 17, 3-4 (Fall 2005).

 

[5] www.jpost.com/Opinion/An-Israeli-black-book-on-the-EU-450819

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