« Elle » ou le vide moral

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Quelle déception, et quelle colère ! Hier soir, j’ai regardé ce film dont on nous rebat les oreilles depuis si longtemps. C’est un désastre, qui reflète bien le désarroi moral dans lequel nous nous débattons.

Pour faire pièce à tout malentendu, je dis d’emblée que je ne nie ni ne cherche à limiter la liberté esthétique des créateurs, des artistes, même si je trouve que l’actrice principale, l’héroïne du film, mérite largement de se reposer et de jouir enfin d’une retraite bien méritée. Cela donnerait leur chance à de jeunes actrices talentueuses qui ne demandent qu’à jouer et à se produire.

Mais revenons au film : de quoi s’agit-il ?


Je vais essayer de donner une cohésion, un semblant de logique à une histoire qui se constitue de tant de sketches laborieusement mis bout à bout pour donner un film. M,ais cette cohérence, je me répète, n’existe pas dans l’œuvre proprement dite.

Je vais essayer de donner une cohésion, un semblant de logique à une histoire qui se constitue de tant de sketches laborieusement mis bout à bout pour donner un film. M,ais cette cohérence, je me répète, n’existe pas dans l’œuvre proprement dite.

Une femme, évidemment divorcée, en délicatesse avec sa mère, son fils, son ex mari, son père, bref avec la terre entière, habite seule dans un vaste appartement en rez-de-chaussée à Paris.

Un soir, un homme masqué, tout de noir vêtu, entre chez elle par effraction et la viole d’une manière atroce, étant entendu qu’un tel acte est toujours horrible. Mais le film s’ouvre sur cette scène qui vous glace le sang.

Lorsque le violeur s’enfuit, la femme reprend ses esprits sans toutefois aller se plaindre à la police.

Elle garde cela pour elle et c’est seulement lors d’un dîner au restaurant qu’elle relate les faits devant son ex- mari, l’un de ses amants, l’épouse de ce dernier et son fils à elle… Les convives sont frappés de sidération. Elle-même revit cette scène d’horreur dans son esprit. Bien qu’ayant atteint un certain âge, l’actrice réussit –au début- à gagner notre sympathie, une sympathie qui ira en diminuant quand on verra le genre de vie qu’elle mène.

On la voit entrer dans une armurerie pour faire quelques emplettes, notamment une bombe, dont elle aspergera son ex mari, par erreur, car il se trouvait seul dans une voiture qu’elle juge suspecte. Le pauvre homme, ému par ce qui venait d’arriver, s’était posté pour guetter le criminel et l’empêcher de nuire. Cette scène essaie de donner un peu d’humour au film sans y réussir vraiment.

Et puis intervient la mère de l’héroïne, une vieille délurée qui collectionne les amants, de préférence nettement plus jeunes qu’elle et qui se produisent dans son appartement en tenue d’Adam, sans la moindre gêne, même en présence de visiteurs, dont la propre fille de la dame.

Comme si le metteur en scène avait fait une liste, on voit aussitôt apparaître un autre personnage aussi falot que sa grand mère, le fils de l’héroïne, mené par le bout du nez par sa petite amie qui, comme sa mère, collectionne les amants de passage : elle finit par tomber enceinte, met au monde un bébé qui visiblement  ne peut être que celui d’un autre, mais cela n’empêche pas ce fils dégénéré de se considérer comme le père et de traiter sa mère de c…e, au motif que celle ci le prie de voir la réalité en face, bref d’ouvrir les yeux.

Le metteur en scène juge que ce n’est pas assez frappant, il nous apprend que le père de l’héroïne, un assassin psychopathe, a tué un nombre incalculable de personnes lorsque sa fille était toute jeune !

Elle finit par aller lui rendre visite à la prison et lorsqu’elle s’y trouve on lui apprend, qu’en prévision de sa visite, son père s’est pendu dans sa cellule. Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas suffisant : la fille retire le drap couvrant le visage du mort et lui distille une gracieuseté du genre : par ma visite j’ai fini par te tuer !! Conduite très chrétienne.

Mais n’allez pas croire que c’est tout ; non point. Sa mère, la vieille délurée rend l’âme, si elle en avait une, et l’on voit sa fille répandre ses cendres dans un terrain vague…

L’héroïne commence à avoir des soupçons sur l’identité de son agresseur et au moins à deux reprises, elle demande à des hommes de se dévêtir afin de procéder à des constatations.

Non dit-elle, ce ne peut pas être toi, mon agresseur était circoncis !!!!

Cette femme qui n’a ni foi ni loi, invite à dîner des gens qu’elle connaît à peine, notamment la petite amie de son ex-mari, essaie de l’intoxiquer, fait du pied sous la table au mari d’une amie (à laquelle elle finira par avouer avoir eu une liaison avec lui)… Et quand cette femme trompée demande, mais pourquoi, la réponse est vague : comme ça, pour rien, pour passer le temps, etc…

Vous pensez peut être que c’est fini, mais non, le violeur se révèle être un voisin qui la viole à nouveau, car elle accepte inconsidérément une invitation à dîner chez lui, en l’absence de sa femme mais en présence de son fils qui, pris de boisson, dort du sommeil du juste alors que sa mère est violemment agressée dans la cave…

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Pourquoi ce vide moral, ces vies vides où personne ne respecte personne, n’aime personne, ne protège personne ? Quelle insupportable vacuité ? Et pourquoi promouvons-nous de telles œuvres, au risque de donner à nos enfants une si mauvaise image de nos mœurs ?

Je ne vous raconte pas la fin, mais j’aimerais tirer quelques leçons : pourquoi ce vide moral, ces vies vides où personne ne respecte personne, n’aime personne, ne protège personne ?

Quelle insupportable vacuité ? Et pourquoi promouvons-nous de telles œuvres, au risque de donner à nos enfants une si mauvaise image de nos mœurs ?

Il y a vraiment une crise morale grave de la culture européenne.

Déjà, Spinoza, en son temps, l’avait dénoncée cette crise de conscience.

Quand j’étais jeune, je me demandais toujours pourquoi les passages bibliques lus à la synagogue l’après-midi de kippour portaient sur les unions sexuelles interdites, tirées du Lévitique.

La réponse, ce film que vous pouvez bien ne pas aller voir, m’en a apporté la réponse.

6 COMMENTS

  1. Je n’ai pas vu le film en question, et n’irai pas le voir.
    L’inspiration des « artistes » issus des années gauchistes, est d’une telle vacuité, comme le dit M. Ruben Hayoun ( pas seulement au cinéma— où, apparemment, s’amoncellent les cichés morbides—, mais en peinture, en littérature: voyez ce qui s’écrit pour la  » jeunesse » »), etc… que , dès que possible, l’on se rue vers les salles d’art et d’essai ( trente places au maximum) , pour revoir des films américains des années 40 ou 50.

  2. Blinde Blindenführer… Aller droit dans le mur en s’entêtant à croire et à professer que le mur n’existe pas.
    Les grands-prêtres de « La Culture » réclament leurs moutons et le sacrifice de notre raison…

  3. Mr Ruben Hayoun a raison! Mais il a tort….Car il considère un un film comme un pédagogue et non comme un spectateur d’une poeuvre romanesque « publiée » publique donc et qui ne décrit QUE des gens cinglés! Car les gens « normaux » heureux n’ont pas d’Histoires… alors que Leur Histoire Est merveilleuse …unique et PRIVEE…
    Comment puis-je le dire mieux autrement? R H. se trompe de but et le Public se trompe également quand il cherche et trouve dans la littérature et le cinéma des EXEMPLES qui n’en sont pas…
    Doit-on accuser Gide de fabriquer des Psychopates-killer du genre de Lafcadio ? Alors que la psychiatrie connait la régularité statistique et d’horloge de ce genre de cinglés « idéalistes » pour qui le Réel de l’Autre n’existe pas???
    Les crétins, les cons restent cons et les criminels également. Hélas…Depuis le nombre de Millénaires que les Sages disent et donnent l’Exemple à chaque génération….?!

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