Eliyahou HaNavi: qui est le prophète Elie? Vidéos

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Eliyahou HaNavi, le prophète Élie, fut un des plus grands prophètes de l’histoire et de la tradition juives. On rattache son nom à celui de Pinhas, petit-fils de Aaron, le frère de Moïse.
Il vécut à l’époque qui succédait à celle de Yeravam ben Nevet; ce dernier avait causé – à l’époque du premier Temple –  la division du Royaume juif en deux royaumes : celui d’Israël et celui de Yehouda.
Cette époque était également celle où le peuple juif avait sombré dans les profondeurs de l’idolâtrie. Eliyahou HaNavi avait de nombreux opposants ; les plus célèbres étaient le roi A’hav et sa femme, la reine Yizevel (Jézabel). D’autre part, son principal disciple était le prophète Elyicha’ (Élisée).

Notre première rencontre avec Eliyahou raconte sa prophétie – au nom de D-ieu – faite au Roi A’hav, selon laquelle la pluie avait cessé jusqu’au jour où Hachem – par la bouche de Eliyahou – déciderait qu’elle devait tomber de nouveau (Rois I 17 : 1).

Peu de temps après, Eliyahou réalisa un miracle pour une veuve et son fils qui étaient au bord de la famine. Pour venir à leur aide, le prophète multiplia sans fin leur provision de farine et d’huile. Cependant, une tragédie arriva: le fils de la veuve devint malade et mourut. À la demande de la veuve, Eliyahou pria pour que l’enfant retrouve la vie. Hachem répondit d’une façon favorable à la prière du prophète (Rois I 17 :  9-24).

Lorsque Eliyahou monta au ciel, Elyicha’ marchait à ses côtés. “… Tout à coup, un char de feu attelé de chevaux de feu les sépara l’un de l’autre et Eliyahou monta au ciel dans un tourbillon. À cette vue, Eliycha’ s’écria : ‘Mon père, mon père! Char et cavalerie d’Israël…’” (Rois I 11-12)  
Eliyahou HaNavi fait partie du nombre extrêmement restreint d’individus qui furent pris au ciel, sans mourir. Il est connu sous le nom de “l’ange de l’alliance” et – selon la tradition juive – il est présent à toutes les circoncisions, lorsqu’une nouvelle âme juive est amenée dans ce monde.

Des générations entières d’enfants juifs ont entendu la berceuse qui commence par ces mots :
Eliyahou HaNaviEliyahou HaTichbiEliyahou HaGuil’adi…”
Eliyahou le prophète, Eliyahou le tisbite, Eliyahou le guil’adite…”
Bi’mehera yavo elaynou‘im Machia’h ben David.”
“Qu’il vienne rapidement à nous, accompagnant le Messie, fils de David.”
Eliyahou est l’annonciateur de Machia’h et il est celui qui “ramènera le coeur des pères à leurs enfants et le coeur des enfants à leurs pères” (Malakhi 3 : 24), réunissant de la sorte les générations du peuple juif, depuis l’éternité des temps.
Elie: “Il est temps que le peuple cesse de tergiverser”

HAPHTARA KI TISSA – Rois, 18, 20 à 39

La paracha Ki Tissa relate les circonstances et les conséquences de la transgression du Veau d’or, tout juste après que les Bnei Israël ont accepté les dix Paroles du Sinaï. Pour bien faire comprendre qu’il ne suffit pas d’accepter un idéal, formellement. Qu’ensuite tout dépend de sa réalisation et celle-ci – à moins de supposer le problème résolu de la discordance entre l’idéal et le réel – ne va jamais de soi.

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A des siècles de distance c’est à une discordance analogue que se heurte le prophète Elie, sous le règne du couple royal et idolâtre formé par Achab et Jézébel. En ce temps là les prophètes fidèles à l’Alliance du Sinaï sont impitoyablement persécutés. Lorsque l’on parvient à les capturer ils sont exterminés en masse.

Dans son ensemble, le peuple fait montre de passivité laquelle encourage le couple royal et scélérat à persister dans ses agissements. C’est pourquoi le prophète Elie le convoque maintenant à une inéluctable épreuve de vérité. Il est temps que le peuple cesse « de boiter sur ses deux jambes », qu’il cesse de tergiverser, s’imaginant que le Dieu du Sinaï et que les idoles de Canaan sont des choix alternatifs.

Le prophète Elie, lequel en attendant a bloqué toutes les sources d’eau sur la terre en litige divin, défie les 450 « prophètes » de Baâl face à ce peuple moralement claudiquant. Que l’on prépare un autel et qu’on y apprête symétriquement deux taureaux mais sans y mettre le feu avant l’heure convenue. Après quoi chacun invoquera sa divinité. Le premier qui consumera le sacrifice, sera reconnu pour l’unique et vrai Dieu. Le peuple acquiesce.

Les premiers, dès le matin, les prophètes de Baâl, apprêtèrent leur sacrifice et se mirent à invoquer leur divinité tutélaire. Leurs implorations durèrent jusqu’à midi. En vain. Point de réponse. Et les voici qui s’agitent et se démènent au dessus de l’autel qu’ils avaient eux même confectionné, comme s’ils y cherchaient un défaut de conception et de fabrication qu’ils n’y avaient pas immédiatement perçu.

A midi, Elie les interpelle sur un ton qui passerait pour ironique s’il ne correspondait exactement à la réalité de la croyance idolâtre et à ses liturgies illusoires: « Appelez à haute voix (bekol gadol) car c’est un dieu ! » Sans doute ce dieu est –il occupé à des affaires plus importantes ! A moins qu’il ne se soit accordé, qui sait, un petit somme dont il finira bien par s’éveiller !

Face à ce défi les prophètes de Baâl s’adonnent à une liturgie encore plus violente et sanglante, paroxysmique. Ils tailladent le corps d’où leur sang ruisselle, sans cesser d’invoquer leur divinité, et cela jusqu’au milieu de l’après midi. Cependant, toujours point de réponse ni aucune marque d’attention. C’est le moment décisif. Elie demande au peuple, à tout le peuple (col haâm) de bien vouloir s’approcher de lui (guéchou élay). Et le peuple dans son entier s’approche de lui.

Elie commence par rétablir symboliquement et matériellement l’autel de Dieu, jusqu’alors démantelé. Ensuite il réunit un ensemble de douze pierres représentant également les douze fils de Jacob, nommé à présent Israël, de ce nom transcendant que chaque Bnei Israël doit assumer personnellement. Après quoi, il dispose les éléments du sacrifice proprement dit et fait entourer l’autel d’une tranchée. Sur le taureau sacrificiel il fait verser par trois fois quatre cruches d’eau, par quoi se retrouve la symbolique du douze. Cette eau est versée en abondance au point d’emplir la tranchée.

Et c’est au moment précis de la prière de minh’a, qu’Elie en appele au Dieu d’Israël « Réponds moi, Seigneur ! Réponds moi et que le peuple sache que tu es l’Eternel Dieu (Hachem Haélohim) et toi tu les ramèneras leur cœur à son origine (ah’oranit) ».

Et cette fois la réponse de Dieu survient sous la forme d’un feu qui consume le taureau sacrificiel, le bois, les pierres et la terre avant d’assécher toute l’eau de la tranchée. Enthousiasmé, le peuple exulte et proclame son adhésion élective en en redoublant l’expression: « L’Eternel est Dieu, l’Eternel est Dieu ».

Peut on affirmer alors qu’Elie a « gagné », qu’il est sorti vainqueur de cette épreuve divine, de cette ordalie? La réponse est moins évidente qu’il ne le semble. Pourquoi? Précisément parce que nous ne sommes plus immédiatement après la Sortie d’Egypte, alors que le peuple était encore tout imbibé, si l’on peut dire, de mentalité et d’habitudes idolâtres. Des siècles et des siècles se sont écoulés et il semble que le travail spirituel soit sans cesse à reprendre depuis le début (ah’oranit), tant s’avèrent lourdes les propensions idolâtriques.

Version biblique du mythe de Sisyphe? En partie mais surtout enseignement profond sur ce que signifie cheminer dans l’Histoire avec ce que celle-ci exige de patience, de lucidité, d’endurance et de fermeté spirituelle.

A la Mémoire de notre chère Mère Hafsa Bat Messaouda Guedj Zal 16 Adar 5765

 Raphaël Draï zal 6 mars 2015

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