Égyptiens et Tunisiens en guerre contre les islamistes

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Le parti Ennahda est contesté dans les rues tunisiennes, un mois après la chute des Frères musulmans en Égypte. Dans les deux cas, la guerre civile couve.

Le général al-Sissi peine à gérer la crise égyptienne. – (AFP)

Sale temps pour les partis islamistes. Un mois après la chute du président égyptien Mohamed Morsi, affilié aux Frères musulmans, l’armée au pouvoir peine à sortir le pays de la crise politique.

Le général al-Sissi peine à gérer la crise égyptienne.

Plusieurs milliers de partisans du chef d’État déchu, premier à avoir été élu démocratiquement depuis la révolution de 2011, ont encore défilé mardi après-midi au Caire pour réclamer son retour.

Le vice-président Mohamed ElBaradei, prix Nobel de la paix, a une nouvelle fois douché leurs espoirs, réaffirmant que Mohamed Morsi avait « échoué » et rejetant l’idée qu’il puisse participer au processus de transition. Même si, a-t-il précisé, « les Frères musulmans font toujours partie du processus politique ». Mais la puissante confrérie refuse tout dialogue avec le nouveau pouvoir militaire, qu’elle juge illégitime.

Face au blocage, la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a appelé à une transition « incluant toutes les forces politiques ». De passage en Égypte, elle a pu rencontrer Mohamed Morsi, gardé au secret par l’armée, et assuré qu’il allait « bien ». La diplomate avait déjà rencontré lundi les nouveaux dirigeants du pays, notamment le président par intérim Adly Mansour et le puissant chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, sans résultat.

Appels à la démission en Tunisie

Ce bras de fer fait redouter de nouveaux bains de sang, alors que les violences ont déjà fait 300 morts en un mois. Les autorités menacent de disperser par la force les manifestants islamistes, les accusant d’être des foyers de « terrorisme ».

L’argument est le même en Tunisie voisine, où les assassinats de huit militaires et d’un député de l’opposition sont imputés à des « terroristes ». Le pouvoir islamiste tient bon, mais ces violences ont décuplé les forces des opposants, qui multiplient les appels à la formation d’un nouveau gouvernement.

Plusieurs partis, syndicats et associations ont appelé à la démission du gouvernement dirigé par Ali Larayedh. Mais aucune de ces organisations n’a fixé d’ultimatum et elles ne semblaient pas d’accord sur la nature du cabinet devant être formé. Certains réclamant un gouvernement « de compétence restreint » tandis que d’autres préféreraient une équipe « d’union nationale » intégrant les partis politiques.

Ces positions s’ajoutent à celles d’une soixantaine de députés et d’un front d’extrême gauche appelant à la dissolution de l’Assemblée nationale constituante (ANC) qui, depuis son élection en octobre 2011, n’est pas parvenue à achever la rédaction de la Constitution.

Le Premier ministre a promis, pour sortir de la crise provoquée par l’assassinat jeudi du député d’opposition Mohamed Brahmi, des élections le 17 décembre prochain. Seul résultat : des milliers de manifestants se sont réunis lundi soir et mardi soir devant l’ANC pour réclamer sa dissolution.

En Égypte comme en Tunisie, les dirigeants islamistes élus cristallisent la colère de peuples qui expérimentent difficilement la démocratie. Au risque de déclencher, si les crises perdurent, deux guerres civiles.

31/07/2013 05:35

AFP. lanouvellerepublique.fr Article original

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